Blog


Il est né le 21 mai 1896 à Fleury, fils de BELTIER Arsène et GUIBERT Marie Clémentine. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme jardinier.
Raoul arrive au régiment le 13 avril 1915, il est d'abord rattaché au 146e régiment d'infanterie qui se trouvait dans les premières lignes belges est tout juste relevé et cantonne à Marœuil. Il va par la suite jusqu’au 28 procéder à l’organisation défensive du secteur avant de partir en repos avant de passer en première ligne pour une attaque. Le 9 mai, après un violent bombardement, les fantassins s’élancent, précédés par l’explosion de mines, sous les tranchées allemandes ce qui enlève d’un coup trois lignes de tranchées. Le régiment arrive alors aux lisières de Neuville-Saint-Vaast et continue l’attaque durant plusieurs jours, le 15 il arrive en ville et le combat se transforme en combat de rues et l’attaque se poursuit jusqu’au 24 mai où il est relevé. Le 9 juin, le régiment repart à Neuville où la lutte reprend, attaque et contre-attaque se succèdent ce qui désorganise le régiment, il est donc rassemblé le 18 au chemin des Pylônes. La bataille fut terrible, sur 3.140 hommes de troupe il n’en reste que 1.632 et sur 46 officiers, 31 sont revenus. Le cantonnement se fait à Izel-les-Hameaux jusqu’au 27 juin puis il faut repartir au front dans un secteur où le combat est continuel. Le 13 juillet c’est le départ pour la Lorraine et cantonne le 15 à Lunéville. Le 26, le régiment part pour la Champagne et arrive le 30 pour bivouaquer dans les bois entre Somme-Bionne et Somme-Tourbe, il faut préparer la grande attaque qui doit avoir lieu en septembre, il y a donc des travaux d’aménagement. L’attaque à lieu le 25, deux bataillons s’emparent de Maisons-en-Champagne, un autre bataillon gagne péniblement du terrain à cause d’un feu nourri venant de la Main de Massiges ; au final 528 hommes et 25 officiers perdent la vie dans la journée. L’attaque continue le lendemain jusqu’au 28 où il faut réorganiser et faire des travaux sur les lignes pendant plusieurs jours et jusqu’à fin décembre.
Le 9 décembre 1915, Raoul change de régiment pour le 143e régiment d’infanterie, ce qui l’emmène au camp de Romigny comme renfort puis sur les lignes de Soissons avec son nouveau régiment. Entre février et juillet le régiment reste dans le secteur.
Le 27 juin 1916, changement de régiment, pour la deuxième fois et c’est au 137e Régiment d’Infanterie. Il va servir de renfort pour un régiment qui a beaucoup souffert, il se rend à Chardogne et Varney jusqu’à mi-juillet. Il part ensuite pour différents villages et camps avant d’arriver sur le champ de bataille de La Lauffée début septembre où il est très pénible de survivre avec le terrain bouleversé et marécageux, le manque d’abris et les bombardements. Le régiment ira par la suite à Châtillon-sous-les-Côtes jusqu’à la mi-novembre où il ira en repos pour la reprise de l’instruction. Fin novembre, direction Verdun sur le secteur de Douaumont où là encore le terrain est exécrable, il y aura plusieurs relève et mouvement sur divers crêtes et tranchées jusqu’à la fin décembre 1916, le calvaire prend fin le 26 pour un repos à Seigneulles.
Le 13 janvier 1917, retour au front sur le secteur de Vacherauville, le régiment, en ligne, a à souffrir de bombardements parfois violents, et surtout d'un froid exceptionnel, que rend plus rigoureux le manque de bons abris. La terre gelée sur 50 centimètres de profondeur devient très difficile à remuer, rendant très pénible tout travail de terrassement. Retour au repos fin février au camp de Mailly et part fin mars dans le secteur de Leuilly-sous-Coucy où de nombreuses missions de reconnaissances sont effectuées. Le 1er avril, le régiment attaque le Plateau de Vauxaillon après la préparation de l’artillerie ce qui permet de progresser sur plus de 2 kilomètres. Mi-avril le régiment est désigné pour participer à une grande attaque avec la VIe Armée, il se rapproche et prends sa position d’attente au Nord de la ferme Troyon, vers Vendresse-Beaulne. Dans la nuit du 2 au 3 mai, le régiment prend ses emplacements défensifs en vue de l’attaque sur le plateau de la Bovelle qui va s’effectuer le 5. Le jour J, le régiment avance malgré la résistance ennemie mais l’avance est trop rapide, plusieurs demandes via fusées éclairantes sont faites pour allonger le tir de l’artillerie, deux tranchées sont prises, de nombreux prisonniers afflux vers l’arrière et la progression continue toute la journée. Il y a quelques tentatives de contre-attaque allemande mais elles échouent, l’ordre de départ et donc réussi malgré de nombreux blessés (plus de 400 hommes) et tués (presque 200 hommes).

Raoul est évacué le 6 mai à l'ambulance 10/21 qui se trouvait à St-Gilles, à l'Ouest de Reims, pour des plaies pénétrantes sur plusieurs endroits du corps à cause d’éclats de grenade. Malgré les soins reçus, il décède le 8 mai. Il est enterré au cimetière de Fleury la Vallée où il repose toujours.

Sur sa fiche matricule il a reçu la Médaille interallié (ruban arc-en-ciel) et Médaille commémorative dite de MORLON (ruban rouge et blanc)

Note : le récit commence à la date de sa mobilisation mais il a très certainement connu le front après sa période d'instruction, en général 7 mois.

Il est né le 26 janvier 1890 à Fleury, fils de BENOIST Emile Auguste et BARJOT Marie Clémentine. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.
Georges arrive le 3 août 1914 au 82e régiment d'infanterie qui dispose de deux garnisons, l’une à Montargis et l’autre à Troyes. Il débarque entre le 5 et le 6 août sur les bords de la Meuse, à Lérouville. Le 21 août au matin, le régiment, qui cantonne à Gremilly, reçoit l'ordre de se mettre en marche par Longuyon sur la région de Tellancourt. Il passe la nuit du 21 au 22 août, en cantonnement d'alerte à Fresnois-la-Montagne, d'où il voit l'incendie embraser la forteresse de Longwy et principalement Longwy-Haut. Le 22 août, tout le corps d'armée dont fait partie le régiment, franchit la frontière et attaque l'ennemi mais subit de très lourdes pertes à cause de tranchées très organisées. Il faut donc se replier dans le Sud de l’Othain mais les allemands ne lâchent rien. Le 24, le régiment part en repos pendant quelques jours. Le 26, sur ordre, le régiment passe la Meuse à Vilosnes, dont le génie fait sauter les ponts aussitôt après le passage. Le régiment s'établit défensivement, entre Doulcon et Cunel. Du 29 août au 1er septembre se déroulent une série de combats défensifs très durs, très meurtriers et l'ennemi réussit à passer la Meuse. Une retraite stratégique est alors lancée, le régiment traverse l’Argonne et s’établit défensivement sur une ligne au Nord de Vaubecourt. Par la suite et durant plusieurs jours, le régiment creuse des tranchées et organise sa position, au Nord-Est de Rembercourt avant de subir des attaques et réaliser des contre-attaques. Le 12 septembre, les Allemands se retirent rapidement à cause de la victoire de la Marne, un gain de terrain de 60 kilomètres est réalisé et le régiment arrive à Boureuilles et durant plusieurs jours effectue des attaques sur plusieurs villages. Le 23, il faut se replier à cause d’une attaque ennemie, retour à Boureuilles avant de partir en repos trois jours plus tard. Les jours suivants, retour au front, il faut creuser des fortifications avant de rattaquer la ville et une légère avancée est faite. Du 31 au 7 novembre, le régiment cantonnement à Aubréville et reçoit la venue de renfort. La période que fera le régiment sur ce terrain à partir du 7 se fera avec une partie en première ligne devant Vauquois et une autre partie en réserve dans la forêt de Hesse sera très dur physiquement à cause de la température qui descend jusqu’à -15°c, mais également à cause de la précarité des tranchées. Il y aura plusieurs attaques jusqu’à la début janvier 1915 et il se frotte au lance-flamme allemand durant ce temps. Le 15 janvier, le régiment, après un repos de cinq jours dans la région de Brocourt – Parois – Jubécourt, repasse en forêt d'Argonne et tient les lignes de l'Argonne orientale. Le 17 janvier, les Allemands lancent une attaque précédée d'une préparation d'artillerie importante. A cause d’un manque d’effectif, ils s’emparent d’une portion du terrain mais l’avance est vite limitée par des contre-attaques immédiates et énergiques des compagnies réservées du régiment. Par la suite, le régiment reste vigilant tout en mettant en œuvre un travail d’organisation défensive et la construction d’abris. Le 16 février, les allemands recommencent une attaque avec de plus gros calibres d’artilleries, l’infanterie se jettent en direction des tranchées françaises mais la réponse les stoppe nets, l’ennemi sort part des sapes (tunnel à hauteur d’homme qui relie les deux tranchées) et arrive à s’emparer des premières lignes et séparer les unités. Les contre-attaques françaises permettent de reprendre les lignes perdues. Le 17, ordre est d’attaquer, 10h30 l’artillerie prépare le terrain pendant une demi-heure. A 11h, l’infanterie sort des tranchées et subit de nombreuses pertes, une nouvelle attaque de l’artillerie est lancée puis c’est au tour de l’infanterie qui ne fait pas mieux que la première vague. Ce jour-là il y a 18 tués et 46 blessés.

Georges est mort le 17 février 1915 des suites d’une blessure. Peut-être que c’est ce 17 février qu’il a été blessé. Dans la première ou la seconde vague, un autre jour, la question reste sans réponse.
Il est cité au journal officiel du 12 novembre 1920 : « soldat brave et très courageux. A été tué glorieusement au cours d'une patrouille le 18 février 1915 à Boureilles ».
Il est enterré au cimetière de Fleury-la-Vallée mais la tombe ne comporte pas son nom. La concession est cependant à son nom
BERRY René Louis Frédéric Hippolyte

Il est né le 21 janvier 1885 à Fleury, fils de BERRY César Hippolyte et FAGOTAT Irena Eulalie. Marié le 30 mars 1910 à Fleury avec MILLAUX Pauline Eugénie. Ils auront une fille et un fils ensemble : Simone Renée, née le 17 juillet 1912 et Paul René Eugène Hyppolyte, né le 29 novembre 1913. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.
René arrive le 4 août au 282e régiment d'infanterie et quitte Montargis le 9 pour débarquer à Saint-Mihiel et cantonne à Buxerulles et Woinville et se couvre par des avant-postes sur la ligne des Hauts-de-Meuse et est en état de défense. Pendant plusieurs jours, le régiment va s’avancer de plus en plus jusqu’au 25 où l’ordre de repli est donné et va s’effectuer durant des jours jusqu’à atteindre Saint-Mihiel où le régiment part pour la Somme où il va connaitre le même sort : la retraite. Le 1er septembre, il travaille à la mise en état de la défense du secteur Planchardon ; il cantonne le soir à Breuil-le-Sec et le lendemain la retraite reprend. Durant quelques jours, il faut changer chaque jour de cantonnement et le 5 c’est la bataille de la Marne qui commence. Le régiment reçoit l'ordre de soutenir la 110e brigade engagée à Iverny. Un bataillon se porte dans la direction de l'Est. Il est bientôt pris en écharpe par des mitrailleuses ennemies postées à la sortie de Penchard. Les premiers hommes tombent. Un autre bataillon, en deuxième ligne, détache des fractions pour faire face à cette menace et le mouvement en avant est repris. En fin de combat, le régiment occupe la lisière Est d'Iverny et le chemin d'Iverny à Villeroy. Le 6 septembre, l'offensive est reprise, la progression va jusqu’à la cote 115, l’assaut est ensuite donné mais pendant la bataille, plus de 300 hommes tombent et après deux nouvelles tentatives il faut se replier aux abords de Monthyon. Le surlendemain, l’ennemi se retire, le mouvement est suivi par les français mais est stoppé sur la rive droite de la Thérouanne par le tir d’artillerie lourde, il y a des pertes mais le régiment continue sur Étrépilly puis le 10 et pendant plusieurs jours, les allemands reculent jusqu’à la Verrerie. Le 19, le régiment quitte la Verrerie et va cantonner sur la rive gauche, à Soissons et Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à la mise en défense de la Montagne de Paris. Le 28, le régiment repasse l'Aisne pour relever le 246e régiment d’infanterie un bataillon en ligne à Cuffies, l'autre à la Verrerie. Le 30, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer sur le front de Cuffies, progresse jusqu’au petit bois à l’Est de la ville mais le soir, le terrain gagné doit être abandonné à cause du front à droite du régiment qui n’a pas pu progresser. Dans la journée du 4 octobre, des reconnaissances parviennent dans le village de Cuffies et sur la croupe au Nord-Est, sans rencontrer l'ennemi ; le soir, ces deux points sont réoccupés. Une attaque est décidée pour le lendemain pour reprendre le village et la croupe au Nord-Est, le soir les objectifs sont atteints. Le 7, le régiment est relevé et va cantonner à Villeneuve, Belleu, Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à l'organisation du secteur compris entre le confluent de la Crise et le chemin de Venizel à Billy. A partir du 13, le régiment alterne entre le front et le repos et ce jusqu’au 8-9 janvier où il attaque la cote 132 et enlève quatre lignes successives de tranchées en direction de Terny. Le 11 dans l'après-midi, une violente canonnade, dirigée sur la croupe 138 et le bois à l'Ouest du ravin de Cuffies, semble être le prélude d'une contre-attaque ennemie ; l’attaque est pour le lendemain. Elle est vigoureuse avec de l’infanterie, des mitrailleuses et ce n’est qu’après des heures de combats que les français se replient mais la contre-attaque arrive avec les renforts ce qui permet de reprendre le terrain perdu.
A partir du 13 janvier jusqu’au départ de René pour un autre régiment le 65e régiment d’infanterie, le 18 avril 1915, il alternera entre repos et tranchées sur le même secteur. René part alors vers Hébuterne où le régiment se tient depuis le début d’année. Début juin, le régiment prend part à l’offensive d’Artois et subit pendant huit jours une lutte acharnée, sous des bombardements d'une extrême violence. En juillet 1915, le 65e régiment d’infanterie, relevé par les Anglais, est dirigé vers la Champagne après un repos de quelques semaines à Crèvecoeur. Le régiment occupe d’abord le secteur de Mesnil-les-Hurlus, qu’il organise en vue d’une attaque mais c’est un secteur pénible car les allemands gênent continuellement les travaux avec l’artillerie. Le 25 septembre, l’attaque est lancée mais les mitrailleuses ennemies font rage, décimant les compagnies, dont certaines sont en quelques minutes réduites à quelques hommes. Pendant le mois d’octobre, le régiment attaque d’importantes positions ennemies : le trapèze, la courtine. Relevé le 4 novembre, le régiment, après un repos d'un mois près de Vitry-le-François, prend le secteur de Tahure, qu'il lui faut organiser en plein hiver, sous des bombardements fréquents et violents. Il quitte, le 18 avril, un secteur solide pour occuper, quelques jours plus tard, celui du mont Sans-Nom. Embarqué, le 27, à Saint-Hilaire-au-Temple, il débarque à Sainte-Menehould, pour se diriger, par étapes, sur Verdun. Le régiment monte en ligne peu de jours avant que l'ennemi commence sa puissante action offensive en direction de Froide-Terre et Fleury. Du 11 au 23, deux bataillons, successivement engagés au Nord-Ouest de la ferme Thiaumont, résistent à deux furieuses attaques allemandes, si bien que, le 23, l'ennemi tente ailleurs la percée qu'il n'a pas pu obtenir sur les lignes du régiment. Alertés, le 3 août, alors qu'ils se disposaient à occuper un secteur des llauts-de-Meuse, les bataillons vont prendre position, le 5 au soir, dans le bois Fumin, à l'Est du ravin des Fontaines. C'est l'époque des offensives sur Souville et l'ennemi, qui a échoué le 5, reprend dès le 6, au petit jour, son bombardement et ce pendant dix heures. Quand l’artillerie s’arrête, les hommes encore vivants se dressent et les mitrailleuses qui ne sont pas ensevelies fauches les deux vagues ennemies. Une autre tentative faite dans la soirée, après un nouveau bombardement, a le même sort, et l'ennemi renonce, cette fois- encore, à prendre Souville. Pendant neuf jours, le régiment, décimé, résiste sous un feu écrasant, à toute poussée de l'adversaire, et cela dans des trous d'obus, sans abri, sous un soleil de plomb, presque sans ravitaillement et sans eau. Quand en septembre il part au repos, la moitié du régiment n’est plus. Jusqu’en novembre, il reste dans le secteur de Bonzée, Haudiomont, Mesnil et Mont-sous-les-Côtes. Du 20 novembre au 14 décembre, le régiment, qui a eu quelques jours de repos occupe le secteur de Douaumont, qu'il organise pour l'offensive du 15 décembre. Le 18, il relève les troupes d'attaque à Bezonvaux et au bois des Caurières.
Du 15 janvier au 15 février 1917, il tient Louvemont et la cote du Poivre, par des températures telles qu'il est impossible de creuser une tranchée, tellement le sol est durci par la gelée. Quittant, définitivement la région de Verdun, le régiment, après un mois d'instruction au camp de Mailly, gagne par étapes les environs de Meaux pour se retrouver le 27 mars au Sud de Soissons. Le 30, une attaque est lancée sur la ligne Hindenburg vers Vauxaillon, après une courte préparation de l’artillerie, elle est vite stoppée par les mitrailleuses allemandes et les pertes sont lourdes mais il y a une progression jusqu’à la cote 150. Début avril, le régiment cantonne à Saint-Rémy-Blanzy puis part le 18 prendre position au ravin de Moulins. Le 23 avril, René est blessé par un éclat d’obus : plaie et fracture de la cuisse droite ; il est emmené à l'ambulance temporaire 10/21 de St-Gilles mais meurt cinq jours plus tard le 28 avril 1917.

Image pouvant aider à cituer le ravin @http://vlecalvez.free.fr/bovelles_1juilletgrand.jpg
Il est enterré au cimetière de Fleury la Vallée où il repose toujours.

Durant sa période au front, René a été évacué plusieurs fois : le 5 octobre 1914 jusqu’au 5 novembre 1914 et le 9 octobre 1916 pour une douleur lombaire ce qui le conduit à ambulance 11-6 jusqu’au 29 octobre 1916.
Citation pour la médaille militaire publiée au journal officiel du 12 septembre 1920 : « excellent caporal, animé des plus beaux sentiments du devoir. S'est fait remarquer par son courage le 23 avril 1917. A été mortellement blessé ». Il a reçu la médaille militaire pour ceci.
Sur sa fiche matricule il a reçu la Médaille interallié (ruban arc-en-ciel) et Médaille commémorative dite de MORLON (ruban rouge et blanc)




Il est né le 28 août 1897 à Fleury, fils de BERTRAND Auguste Alexandre et BELTIER Marie. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme ouvrier boulanger.
Sur sa fiche de décès il est écrit suicide mais sur sa fiche matricule il est écrit "décédé le 12 décembre 1917 sur le champ de bataille de Verdun. Mort pour la France"
André arrive au 4e bataillon de chasseurs à pied le 11 janvier 1916 où il le retrouve en Lorraine pendant que le bataillon effectue des travaux en deuxième ligne au fort de Manonviller. Le 21 février, il se rend sur Verdun et le 24 arrive à Souville et part dans les tranchées entre Bezonvaux et la cote du Poivre, dès l’arrivée il faut creuser des tranchées dans la nuit et l’après-midi les allemands attaquent mais sont contenus. Par la suite le bataillon avance mais sans munition il se replie sur Vaux, il est rejoint pas une division et repart sur le village de Bezonvaux pour organiser le front qu’il tiendra jusqu’au 5 mars sous un bombardement terrible et avec de nombreuses attaques allemandes. Il est relevé puis part le 13 avril pour la cote 304, l’artillerie martèle les positions françaises sans répit. Pendant neuf jours, les soldats restent sous la mitraille et les bombardements, il y a de nombreuses pertes. En juillet et août, le bataillon part pour la Somme au côté des anglais, au début il est en réserve puis le neuvième jour part en première ligne pour occuper Hardecourt et ses abords. Il attaque le matin du 20 juillet la tranchée de Koloméa, elle n’est qu’à 600 mètres mais en raison de la forme du terrain, les tirs de destruction ne font que peu de dégâts et les défenseurs sont tous intacts. Arrêtés à 100 mètres, par une fusillade nourrie, il s’accroche et réussi à prendre l’objectif avant midi. Une deuxième attaque, menée par le bataillon le 18 août, est aussi heureuse que la première. Des pertes très graves sont infligées à l’ennemi : 135 prisonniers, 6 canons sont capturés. Le bataillon a atteint son objectif. Relevé, il retourne au repos dans la Somme. En novembre 1916, il est appelé dans le même secteur. L'offensive se poursuit. Pendant la journée du 16 novembre, une contre-attaque allemande ébranle la ligne tenue par un régiment de zouaves au bois de Saint-Pierre-Waast. Le bataillon est appelé en hâte pour rétablir la situation. Le bataillon remplit sa mission et tient tête pendant six jours à un ennemi toujours renforcé pour arrêter à tout prix l'offensive franco-britannique. En décembre, le bataillon revient en Lorraine et cantonne à Saint-Nicolas-de-Port, sa garnison. Après un séjour d'une semaine, le bataillon prend le secteur de la forêt de Champenoux. Il occupe Brin et le Four-à-Chaux, les petits postes bordent la Seille. L'activité est nulle dans ce secteur, le calme est absolu. Cette période tient lieu de repos aux chasseurs habitués à la vie active des secteurs d'attaque.
Dans le courant du mois de février 1917, le bataillon exécute des travaux de deuxième ligne dans la région de Baccarat. En mars, il embarque à Charmes. L'offensive de l'Aisne va commencer, de nombreux préparatifs sont faits en vue de cette offensive. Le 16 avril à 6 heures du matin, l'offensive commence, les progrès sont lents mais le bataillon qui est en réserve n’intervient qu’au début du mois de mai pour prendre le plateau du Chemin des Dames. Dans le courant de la nuit du 4 au 5, les chasseurs sont disposés par petits paquets dans des trous d'obus. Au jour, ils se recouvrent de leur toile de tente pour se soustraire aux investigations actives de l'aviation ennemie. Des avions ennemis les survolent à faible altitude dès l'arrivée du jour. Rien ne bouge. Les positions françaises ne paraissent pas plus garnies que d'habitude. Les Allemands ne craignent pas l'attaque ce jour-là. Cependant, à 9 heures, leurs observateurs voyaient surgir de toutes parts les troupes d'assaut. La première phase de l’attaque, menée par deux compagnies, doit dégager la cuvette de Braye-en-Laonnois afin de permettre au bataillon de se mettre en place pour la deuxième partie de l'attaque qui doit libérer le belvédère important du Chemin des Dames. La lutte est courte, mais violente. La 2e compagnie nettoie la tranchée du Havre à coups de grenades pendant que la 4e compagnie s'empare de la tranchée de l'Anse et d'une partie du bois du Drapeau. La réaction se fait vite sentir. A trois reprises, l'ennemi contre-attaque furieusement. Derrière le bataillon vers la gauche, la ferme Froidmont et la Bascule sont de véritables nids de mitrailleuses tirant sans arrêt et fauchant tout ce qui avance. Cette grêle de balles arrête la progression du bataillon et durant la nuit, alors que le bataillon tient la nouvelle ligne, une contre-attaque puissante menée par des grenadiers prussiens réussit à reprendre à la 2e compagnie une partie de la tranchée du Havre. Cette compagnie, presque sans munitions et sans cadre reprend à la baïonnette, dans un splendide retour offensif, la totalité du terrain qu'elle occupait quelque instant avant. Le bataillon reste engagé jusqu’au 17 mai 1917 puis part pour quelques semaines en repos dans la région de Château-Thierry avant d’être transporté en Lorraine et tenir le secteur Flirey-Beaumont. L’activité est assez faible et il n’y a que quelques combats.
Le 22 septembre 1917, André se rend dans le 59e bataillon de chasseurs à pied qui se trouve sur Avocourt puis en octobre à Vaux et Bezonvaux.

André est mort le 11 décembre 1917 et malheureusement, ni l’historique du régiment, ni le journal de marches et d’opérations permet de connaitre en détail sa vie entre son incorporation au 59e bataillon de chasseurs à pied et son décès. Il est mort pour la France dans le secteur de Verdun contrairement à ce que sa fiche de décès indique. Devant l’afflux de fiche, il y a eu des erreurs, c’est ce qui s’est passé pour André.
Il repose aujourd'hui à Fleury-devant-Douaumont, à la Nécropole National de Douaumont, tombe 2375.

Merci à Brice Périn pour les photos
Note : le récit commence à la date de sa mobilisation mais il a très certainement connu le front après sa période d'instruction, en général 7 mois.

Il est né le 24 mars 1888 à Fleury, fils de BERTRAND Amédée Gustave et RENAUD Anne. Marié le 25 octobre 1913 à Fleury avec LETORD Mariette. Avant la guerre, il travaillait comme ouvrier de culture.
Désiré arrive au 356e Régiment d'infanterie le 3 août 1914 qui est basé à Troyes, il va par la suite se rendre progressivement à Toul où il est affecté à la défense mobile de la place. Après avoir séjourné quarante-huit heures à Limey, le régiment reçoit l'ordre de marcher sur Pont-à-Mousson, d'occuper et d'organiser défensivement le mamelon Sud-Ouest de Montrichard et le saillant Nord de la forêt de Puvenelle ; il tient ce front les 21 et 22 août et y exécute des travaux de retranchement ; ses compagnies de réserve, au centre du dispositif, stationnent à Montauville. Le 23 août, par Mamey, Martincourt et Gézaincourt, il fait mouvement sur Rogéville ; sa mission générale est de tenir le plateau de Saizerais et de creuser des Tranchées au Sud de l'Ache ; il organise des centres de résistance avec le souci scrupuleux d'une défense méthodique et jusqu'au 31 août il transforme les points d'appui autour de Rogéville et la localité elle-même en réduits solides; au début de septembre, il se porte sur Toul par Royaumeix, puis il est embarqué à destination de Ludres et Jarville ; le 4 septembre, il est à Lupcourt ; le lendemain, par voie ferrée, il est transporté à Toul. Le régiment est cependant arrêté par un ordre pour prendre position en réserve face à Laneuville-devant-Nancy et au canal de la marne au Rhin. La période des combats approche ; les marches, les déplacements, les travaux de campagne que la défense mobile de la place de Toul avait nécessités ont pris fin ; le régiment participe activement d'abord à la bataille du Grand couronné qui délivre Nancy, ensuite aux attaques sur la Meuse qui dégagent le fort de Troyon. Le 5 septembre, dans l'après-midi, le régiment est tenu prêt à entrer en action, comme troupe réservée, sur les collines de la rive gauche de la Meurthe dans la zone ferme la grange, la Broyère, le Châlet. Dans cette situation, il organise un repli de position et reste en alerte de jour et de nuit; le 6 septembre, il cantonne à Gondreville et Fontenoy ; le lendemain, placé en réserve des troupes qui se battent dans le bois de la Côte-en-Haye, il est exposé au feu violent et continu des batteries lourdes allemandes ; le 8 septembre, il vient s'établir à Avrainville et en part vingt-quatre heures après pour Lérouville et Mécrin ; le 10 septembre, au petit jour, il vient occuper Apremont, et le soir, il prend les avant-postes à Saint-Mihiel. Les allemands attaquent le fort de Troyon qui est tout proche, un bataillon du régiment est envoyé en renfort et attaque le 13 septembre ; le fort reste français. Pendant ce temps le reste du régiment, un autre bataillon protège l’artillerie qui attaque la cote 337 où l’artillerie allemande tir sur le fort ; le 13 il se repli et cantonne à Lavignéville. Le 15, le régiment est regroupé au Deuxnouds-aux-bois ; le 17, il cantonne à Hattonchâtel. Le 20 septembre et pendant plusieurs jours, il traverse le bois de la Voisogne et participe à la prise du village de Limey puis continue l’avancée avant de se replier sous la pression allemande, aux positions de départ. Jusqu'au commencement du mois de mars 1915, le Régiment occupe et organise les positions comprenant le bois de la Lampe, le bois dit le brûlé et le bois des Chambrottes. Aucun événement notable ne marque cette période faite uniquement de durs travaux et de bombardements intermittents. Pendant tout un hiver rigoureux il lutte dans des conditions précaires contre les intempéries particulièrement pénibles sur ce sol humide de Lorraine.
Le 1er mars, un bataillon part pour le Bois-le-Prêtre qui domine Pont-à-Mousson et un autre reste au bois dit le brûlé. De part et d'autre, il n'y a aucune opération importante, mais les unités en ligne doivent subir souvent les bombardements intenses que les Allemands déclenchent sur tout le front lorsqu'une action se déroule vers la Croix des Carmes ou la lisière Ouest de la forêt. Début avril, tout le régiment se rend au Bois-le-Prêtre pour prendre la tranchée « hors bois », l’artillerie prépare l’attaque puis l’infanterie s’élance avant de tomber sur un barrage allemand, devant les pertes il faut renoncer à l’assaut et pendant les jours suivants, le régiment s’emploie à l’organisation du terrain sous un tir d’artillerie ininterrompu. Le 10 avril, l’ordre est donné de reprendre l’offensive, l’objectif est atteint et trois mitrailleuses ennemies sont capturées. Les allemands commencent aussitôt une contre-attaque et malgré de nombreuses pertes elle est repoussée. A partir du 11 avril, le 356e régiment d’infanterie organise sans répit le terrain qu'il a enlevé, le 1er mai une tentative allemande pour reprendre la tranchée échoue. Le 30 mai, une attaque est montée dans le secteur du quart en réserve et hors bois, la préparation de l’artillerie commence à 10h00 et c’est à 12h15 que le régiment franchi le terrain libre et atteint la première partie des objectifs et engage un combat à la grenade et à la baïonnette. A la suite d'un violent corps à corps l'ennemi évacue la position, laissant sur place un grand nombre de tués, de blessés et une trentaine de prisonniers. A partir de ce moment l'attaque se fixe sur les tranchées conquises. Des barrages sont établis aux endroits critiques et l'organisation du terrain commence. Le 31 mai, après une canonnade de plusieurs heures, les Allemands attaquent et ce n’est que dans la nuit que la contre-attaque française repousse l’ennemi ; le jour suivant il y a les mêmes combats qui finit par la défaite allemande. Pendant un an encore, le 356e régiment d’infanterie reste dans ce Bois-le-Prêtre où tant d'efforts sanglants ont déjà été dépensés. A part quelques coups de main ou reconnaissances, il n'y a plus de ces combats exaspérés et sévères qui ont marqué la fin de l'année 1914 et le commencement de l'année 1915. Mais aucun répit n'est laissé aux défenseurs de la forêt. Tous les jours les mines et les obus s'écrasent sur les différentes parties du secteur. La zone des Petites et Grandes carrières connaît en particulier des pertes journalières et nombreuses.
Le 20 juillet 1916, le 356e est transporté au camp de Saffais où, jusqu'au 10 août, il procède à l'instruction des cadres et de la troupe, à l'amalgame des renforts et à l'entraînement progressif de ses unités par des exercices et des manœuvres fréquents et bien étudiés. Le 11 août, il embarque à Ludres pour la région de Verdun. Le 28 août, il relève un régiment dans le secteur de la Lauffée et de la tranchée du Chenois-la-Montagne. Le 4 septembre, les allemands donnent l'assaut, après un écrasement préparatoire de l'objectif par des batteries de gros calibres et des lance-mines, des tranchées au Nord du fort de Tavannes, dans la zone du Chenois et du fortin barrant la route de Vaux. Durant toute la journée, le régiment résiste, perd les tranchées et les reprend, en fin d’après-midi, les Allemands se vengent de leur insuccès par un bombardement terrible ; ce n’est que le soir que le régiment prend le temps de reconstruire les tranchées. Vers 21h15 une grande explosion se produit à la sortie Ouest du tunnel de Tavannes, ; un quart d'heure après, une vague épaisse de fumée remplit le tunnel jusqu'au-delà de la cheminée centrale et gagne rapidement la sortie Est. La nappe de gaz est intense et chargée d'oxyde de carbone ; il est impossible, même avec des masques et des appareils respiratoires, pour opérer le sauvetage de la garnison et des services qui s'y trouvent, de pénétrer dans le souterrain. Quelques dizaines de minutes après, demis asphyxiés et à demi vêtus en surgissent par groupes affolés ; ils sont recueillis par l’équipe médicale du régiment qui est venu occuper des abris disponibles à proximité de la fontaine de Tavannes ; ils ne savent pas ce qui s'est passé et ne peuvent fournir aucune explication ni sur les causes de cette formidable explosion, ni sur les effets de l'incendie qu'elle a allumé. Les nappes de fumée, en brouillard opaque, se répandent au loin et montent très haut dans le ciel ; elles provoquent de la part de l'ennemi un redoublement du tir de son Artillerie ; les obus interdisent complètement les accès du tunnel ; lorsque, dans la nuit, les premiers secours essaient d'y entrer, ils se heurtent à d'effroyables décombres et à des monceaux de cadavres calcinés. Le 6 septembre, une attaque est lancée et l’ennemi s’enfuit sans résistance ; les jours suivants il y a un duel d’artillerie. Le 11 septembre, le régiment est relevé et cantonne à Combles et Véel. D'octobre à Noël, il tient le secteur de Blémerey, Domèvre et Marainvilliers ; fin décembre, il cantonne à Laronxe et Lunéville.
En janvier 1917, le régiment se rend dans le secteur de la forêt de Parroy. Il est chargé de tenir les centres de résistance d'Emberménil, des Arrieux, de Gouteleine et les ouvrages des Bouleaux. Il travaille avec une activité inlassable à l'entretien des Tranchées, des réseaux de fils de fer, des boyaux et des voies de communication, à l'amélioration des abris et des sapes. Le 3 février, un Nieuport s'abat devant Emberménil ; les aviateurs sont écrasés sous l'appareil et les Allemands tirent au canon sur les débris pour en achever la destruction. Le 6 février, les Allemands essaient un vigoureux coup de main ; Les îlots de résistance s'organisent et une contre-attaque menée par la section de réserve arrête définitivement l'incursion ennemie, refoule les allemands sur la route de Xousse et reprend possession intégrale de la ligne un instant perdue. Le 6 mars, le régiment tente à son tour un coup de main et réussi rapidement. Après une quinzaine de jours passés au repos à Marainvilliers, Manonvilliers et Crion, le régiment reprend ses positions de première ligne en forêt de Parroy ; le 16 avril attaque une tranchée allemande qui est évacuée dans la foulée par l’ennemi. De fin avril au 19 juin, le régiment part en entraînement au camp de Saffais et embarque le 20 juin à destination de Verdun. Le 25, il prend position sur le pentes Sud de la cote 304 où les allemands se montrent très actifs : luttent à la grenade, à la torpille et à la mine. Les jours suivants sont ponctués par de nombreuses attaques à l’artillerie, aux lance flammes et l’infanterie, le régiment subit de nombreuses pertes mais ne lâche pas son secteur jusqu’au 30 juin où il se fait relever. Après un court repos à Autrecourt, le régiment part faire des travaux au bois bourrus et au Mort-Homme. Fin juillet, il est transporté dans la région de Belfort puis le 10 août entre en secteur dans la zone de Pfetterhouse, Seppois-le-Bas, Courtelevant où il reste jusqu'à la fin de l'année.
Au commencement de l’année 1918, le régiment est toujours en Alsace. Malgré la mauvaise saison, le régiment ne reste pas inactif ; il continue à améliorer l'organisation défensive du terrain confié à sa garde. Chaque jour, des reconnaissances offensives sont poussées sur divers points, jusqu'aux lignes ennemies et rapportent de précieux renseignements. De leur côté, les Allemands gênent les travaux en exécutant nuit et jour des tirs de harcèlement et en bombardant à gaz. Le 29 mars, à la suite d'une violente préparation, ils font un coup de main sur l'Entre-Largue. Pris sous le feu des mitrailleuses et des fusils mitrailleurs, ils sont obligés de refluer en désordre dans leurs tranchées. Dans la première quinzaine de mai, le régiment est mis à l'arrière. Le 19 mai, il est embarqué à Fontaine à destination de la Somme. Il arrive à Serqueux le 21 mai et se porte, par étapes de nuit, à Fourdrinoy et Saisseval. Jusqu'au 27 mai, l'instruction est poussée à fond dans les unités qui s'exercent aux manœuvres en liaison avec les chars d'assaut. Le 27 mai, l'alerte est donnée. Les allemands attaquent sur un large front et enfoncent les lignes du plateau du Chemin des Dames ; le 30, le régiment est enlevé en camions et transporté rapidement dans la région de Château-Thierry. Il est immédiatement mis en première ligne pour faire barrage aux allemands qui durant les jours suivants vont faire reculer le régiment mais arrive tout de même à stopper l’avance après plusieurs jours de combat. Le 4 juin, il est relevé par les américains et passe en réserve à Vendrest avant d’être rappelé dans l’urgence aux environs du village de Gandelu où il opère une contre-attaque qui permet de libérer Vinly et Veuilly-la-Poterie. Le 1er juillet, le régiment bivouaque aux environs de Montreuil-aux-Lions ; du 2 au 14, il est placé en réserve, au Sud de Château-Thierry, dans la région de Montmirail. Le 15 et 10 jours durant, les allemands attaquent, progresse dans le bois de Condé, victoire et défaite se suivent mais au bout de plusieurs jours d’intenses combats l’ennemi recule après de lourde perte ; 3 kms sont gagnés. Le 25, le régiment part au repos et est placé en réserve à Fontenelle, Villemoyenne et Bailly. A partir du 25 août, il occupe le secteur de Vauquois et essuie de nombreuses attaquent. Le 20 septembre, le régiment est transporté en Champagne, arrive le 3 octobre à Sommepy où l’ennemi résiste éperdument. Dans la journée des tranchées sont prises et le lendemain l'engagement est repris avec une vigueur nouvelle ; l'ennemi inonde le terrain de gaz vésicants; le bombardement redouble de fureur et empoisonne le sol d'ypérite dont la vapeur sournoise et invisible s'attache aux vêtements et brûle les poumons, les yeux et la peau ; sans trêve, obus explosifs et toxiques s'abattent sur les premières vagues ; héroïquement, elles font tomber l'un après l'autre tous les centres de résistance sur le terrain ravagé par la mitraille et arrosé d'une pluie de balles. Le 6 octobre, il doit atteindre la lisière Nord du bois du Château de Bémont, appuyé par les artilleries de plusieurs divisions et un bataillon de chars blindés. Les batteries françaises exécutent leurs tirs destructifs qui durent toute la journée du 7 octobre ; le 8, un bataillon attaque le retranchement d'Orfeuil et avance jusqu’au baraquements Nord du Wallemuller Lager ; le 9 la résistance acharnée des allemands empêche de continuer la progression. Le 10 octobre, sous la poussée continuelle des compagnies de première ligne dont l'intrépide élan ne faiblit pas, malgré l'ouragan de fer qui s'abat sur elles, l'ennemi enfin cède et bat en retraite vers l’Aisne. Mais Désiré n’aura pas la chance de continué. Il meurt le 10 octobre 1918 à la ferme Médéhat, 1 mois avant la fin de la guerre alors qu’il est au front depuis a mobilisation.

Il repose aujourd'hui à Sommepy-Tahure, à la Nécropole Nationale, tombe 838 au côté de 4067 soldats.


Merci à Alain MORISOT pour les photos à la nécropole