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GODIN Fernand

Godin fernand

Il né le 8 février 1895 à Fleury, fils de GODIN Jean Baptiste et GIRONOUX Emerantine Henriette. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Fernand arrive le 20 décembre 1914 au 146e régiment d’infanterie qui se trouve dans la région d’Ypres. Le secteur en décembre est celui de Saint-Julien (Belgique) qui paraît un peu moins inhospitalier au début, mais c’est une illusion vite dissipée. La pluie ne tarde pas le rendre affreux et l’ennemi s’y montre plus actif. Les soldats supportent les averses d’eau et d’obus avec le même stoïcisme. Le régiment revient dans le secteur des « Cuisiniers » le 1er janvier 1915, qui est un peu moins en effervescence ; puis le 9, dans le secteur de Fortuin où l’activité de l’aviation ennemie est croissante. Le 17, retour dans le secteur de Langemark, où le régiment demeure jusqu’au 25 février. Le séjour prend fin le 4 mars après un départ pour Vlamertinge puis le 5 à Zonnebeke ; le secteur s’étend de cette localité à gauche, au bois du Polygone à droite. Les trois bataillons sont en ligne. Les tranchées allemandes sont très rapprochées et le secteur est constamment en éruption. L’ennemi, largement pourvu de minenwerfer (mortier de 76mm), en fait un usage continuel qui inflige des pertes sensibles. Une des compagnies est durement éprouvée le 14. Le régiment est exposé à la guerre des mines et réplique par des tirs d’obusier Aasen, des pétards de cheddite, des mortiers de tranchées. L’occupation de ce secteur se poursuit jusqu’au 9 avril, avec des alternatives de première ligne et de cantonnements, à Saint-Jean-d’Ypres, à Vlamertinge, à Saint-Julien et à Ypres. Le 9 avril, le régiment est relevé dans les secteur de Zonnebeke par les anglais. L’obscurité est complète et les remplaçants sont en retard. L’état du terrain ajoute des difficultés sans nombre mais l’opération s’exécute sans incidents, et le régiment quitte la Belgique. La première étape le conduit en autos à Bombecque où le 12, il reçoit la visite du président Poincaré, du ministre de la Guerre et du général Gallieni. Le mouvement reprend le 14, avec cantonnement à Staple. Le 15, il entre dans le Pas-de-Calais, pour venir à Thérouanne. Les étapes suivantes conduisent à Pernes, d’où le 19, le régiment, embarqués en autos, roule par Valhuon, La Thieuloye, Monchy-Breton, Tincques, Savy et Aubigny, pour débarquer à Hautes-Avesnes. Le cantonnement est à Marœuil, où se trouve une forte agglomération de troupes. Il y a deux régiments territoriaux et un régiment d’artillerie. C’est les préparatifs de la bataille d’Arras qui va embraser le front, depuis Neuville-Saint-Vaast jusqu’à Notre-Dame-de-Lorette. Le régiment procède à l’organisation offensive du secteur et y déploie une grande activité jusqu’au 28, date à laquelle il est relevé pour aller au repos à Savy-Berlette où les préparatifs continuent : construction de passerelles de franchissement, distribution de vivres, de munitions, etc. Le 5 mai, le régiment est à Aubigny. Partout les troupes affluent pour l’attaque fixé au 7, puis retardé de quarante-huit heures. Le 8, le régiment se porte à Marœuil. Déjà, l’artillerie française commence une lente préparation. Le 9, dès l’aube, les bataillons occupent leurs positions de départ. Un bataillon se porte à Marœuil sur la cote 84 ; un deuxième dans la tranchée au Nord-Est de Marœuil ; le dernier est en position depuis deux jours dans la tranchée de première ligne. Vers 5 heures, le bombardement atteint une violence inouïe. A 6 heures, les soldats s’élancent, précédés de l’explosion de mines, sous les tranchées allemandes. Trois lignes de tranchées allemandes sont enlevées d’un seul élan. Des canons, des mitrailleuses, de nombreux prisonniers tombent entre les mains des français. L’artillerie de campagne se porte en avant. A la gauche du régiment, se trouve une division marocaine. A droite, un régiment progresse laborieusement et la bataille continue toute la journée. Les compagnies arrivent aux lisières de Neuville-Saint-Vaast où elles s’accrochent vigoureusement. L’attaque est reprise le 10, à 10 heures. Le 11, l’attaque continue et le cimetière de Neuville tombe. A partir du 15, la lutte tourne au combat de rues. Il faut conquérir Neuville, maison par maison, cave par cave, mur par mur. L’ennemi, qui s’accroche désespérément, est traqué partout sans répit. L’artillerie de tranchées le harcèle. La lutte devient effroyable et incessante. Le 19, les lignes sont furieusement bombardées. La lutte dans Neuville continue. Pendant la nuit du 20, le régiment enlève deux maisons, et le lendemain, dans la soirée, l’ennemi attaque sans résultat. Le régiment qui se trouve à droite, tente une attaque le 22 au soir mais lui aussi rencontre une résistance opiniâtre. Le même jour, à 17 heures, le 146e régiment d’infanterie essuie dans Neuville une attaque ennemie qui provoque un fléchissement momentané : toutes les positions sont bientôt rétablies. Deux nouvelles attaques, le lendemain, sont arrêtées net. Le 23, le régiment a pour mission de résister sur place et de redresser sa ligne pendant que d’autres attaque la cote 123 et le Labyrinthe. Le 24, quelques maisons sont arrachées à l’ennemi. A 14h30, des masses ennemies sont signalées. Dissociées par le feu de l’artillerie et des mitrailleuses, elles ne peuvent fournir qu’une attaque sans vigueur, facilement repoussée. Les hommes sont à bout de forces, lorsque arrive le 24, l’ordre de relève. Deux bataillons gagnent Frévin-Capelle et sont ensuite embarqués, en autos, au bois d’Habarcq, à destination d’Ivergny où ils trouvent le repos. Le dernier bataillon reste en ligne en réserve de division d’infanterie. Le 9 juin, l’ordre de départ est lancé, des autos le déposent à la fourche des routes Saint-Pol – Avesnes-le-Comte – Arras. A 20 heures, le régiment est en marche vers les premières lignes. Deux bataillons occupent les lisières Nord-Est de Neuville-Saint-Vaast ; l’autre est en réserve. Des bombardements incessants creusent des vides cruels dans les rangs. Le 12, la lutte reprend âpre et sans trêve. Le 14, une compagnie collabore avec un autre régiment sur la gauche et enlève 100 à 120 mètres de tranchées ennemies. Le 16, nouvelle attaque par le régiment, prise dès son débouché, sous les mitrailleuses ennemies. Seules deux compagnies progressent un peu. Aucun répit est donné à l’ennemi, l’attaque se renouvelle dans la soirée. La première vague est bientôt immobilisée, sous un feu terrible. La deuxième vague fait quelques progrès mais subit de fortes pertes qui l’obligent à s’arrêter. Fernand est blessé par un éclat d’obus à la fesse. Pendant la nuit, le régiment se reforme et il attaque à nouveau le 17. Les compagnies d’assaut bondissent dans la tranchée ennemie et poussent des éléments en avant. Mais ceux-ci, exposés au feu de l’artillerie française, sont obligés de se replier. C’est le signal d’une contre-attaque de l’ennemi qui enlève deux parallèles. Il n’y reste pas longtemps, une contre-attaque immédiate l’en chasse. Pour la deuxième fois, le régiment est désorganisé. Les hommes sont à bout de résistance physique et nerveuse. Les restes du régiment sont rassemblés et reformés les 18, au chemin des Pylônes, puis dirigés le 19 sur Ecoivres et Izel-les-Hameaux. Il revient de Neuville 31 officiers sur les 46 et 1631 soldats sur les 3140. Le régiment reste au cantonnement jusqu’au 27 juin. A cette date, il revient pour la dernière fois sur le champ de bataille de Picardie, dans le secteur du Labyrinthe. Il est d’abord placé derrière un autre régiment et le relève le 1er juillet. Les lignes sont bombardées continuellement ainsi que Marœuil et Etrun. L’incendie d’Arras s’allume à l’horizon. Le 4, une attaque à la grenade sur deux compagnies est repoussée, mais est suivie par un redoublement du bombardement. La relève a lieu le 5 et le 6 ; un bataillon vient cantonner à Ivergny et les deux autres à Izel-les-Hameaux. Le régiment ne tarde pas à quitter la Picardie. Transporté le 13 en autos, dans la région d’Abbeville, il s’embarque le 14 en chemin de fer à Pont-Rémy et roule vers la Lorraine. Le régiment débarque à Charmes, le 15 juillet, est cantonne dans les casernes de Lunéville. La ville est souvent survolée par les avions ennemis, et reçoit même quelques bombes le 27. De nouveau, il faut repartir, il s’embarque et arrive à Blesmes le 27. De Blesmes, le régiment se rend de nuit dans ses cantonnements de Vanault-le-Châtel et Doucey. Les plus grandes précautions sont prises contre les avions ennemis, et les marches nocturnes continuent dans le but de dérober à l’ennemi les mouvements de troupes. Le 30, le régiment bivouaque dans les bois entre Somme-Bionne et Somme-Tourbe jusqu’au 25 septembre. Le 25, le régiment s’élance sur son objectif en quatre vagues sur le bois de la Demi-Lune. Un bataillon, gêné par le tir de sa propre artillerie, appuie à gauche et entraîne dans cette déviation un second bataillon qui est à droite. A 10h30, deux bataillons s’emparent de Maisons-en-Champagne ; mais le bataillon désorienté est désorganisé par la lutte reflue jusqu’à la route de Cernay. Un bataillon gagne péniblement du terrain. Pris sous les feux de flanc venant de la main de Massiges, il s’infléchit à gauche. Divers éléments du régiment sont arrêtés devant la tranchée dite des 500. Cette tranchée finit par être prise à revers et à 18 heures, 180 à 200 allemands en sortent en se rendent. L’attaque fut rude avec 25 officiers et 528 hommes morts. L’attaque de l’ouvrage de la Défaite doit avoir lieu dans la journée du 26. Elle part à 15 heures et réalise une progression appréciable. Mais la capacité offensive de la troupe s’épuise rapidement à cause de manque de cadres. A 18 heures, l’arrêt est définitif et l’objectif n’est pas atteint. Le lendemain, à 16 heures, reprise de l’attaque. Ce qui reste du régiment est renforcé par deux bataillons d’un autre régiment. Les éléments de droite progressent assez facilement en repoussant une contre-attaque ennemie. Le centre et la gauche réussissent aussi à gagner sensiblement du terrain. Quelques groupes pénètrent même dans l’ouvrage, mais exposés au feu de son artillerie, ils ne peuvent s’y maintenir. Un repli s’exécute jusqu’à la route de Cernay. Le 28 s’écoule en réorganisation et travaux, tout en se tenant prêt à tout évènement. Des tirs de démolition sont exécutés sur l’ouvrage de la Défaite que le corps colonial doit attaquer. Le soir du 29, le régiment cède la place et se rend dans les abris voisins de la Borne 16, pour procéder hâtivement à une réorganisation. Un petit renfort arrive et le 1er octobre le régiment vient relever ceux du 29. Il place six compagnies en première ligne et deux compagnies en soutien et un bataillon en réserve. Le soir même, ils se mettent au travail pour creuser une nouvelle parallèle de départ en vue d’une attaque par une brigade marocaine, qui doit avoir lieu le 6. Vingt-quatre heures après, cette parallèle a déjà un mètre de profondeur. Les nombreux bombardements ennemis n’arrivent pas à ralentir les travaux, qui sont complètement achevés, gradins de franchissement compris, le 5, au moment où le régiment revient aux abris de la Borne 16. Le jour de l’attaque par les marocains, le régiment alerté occupe le bastion et le fortin. Il vient de recevoir un renfort de 400 hommes. Le soir il réoccupe le secteur et jusqu’au 9, date de sa relève, il exécute d’importants travaux de terrassement et de construction de réseaux afin d’assurer la possession définitive du terrain conquis. Le 11, étape à Dommartin-su-Yèvre, le 20 sur Valmy. Les opérations du régiment en campagne se poursuivent jusqu’au 21 décembre par une série de relèves, l’occupation du secteur de Maisons-en-Champagne alterne avec le cantonnement à Valmy. Le 28 décembre, le régiment monte en chemin de fer à Blesmes où quatre mois auparavant il débarquait. Il débarque le 29 décembre à Diarville, il fait un nouveau séjour en Lorraine à Praye-sous-Vaudémont et Saint-Firmin.

Il arrive ensuite le 1er février 1916 à son cantonnement de Bertrichamps, NeufMaisons et baraquements du bois Viombois, pour exécuter des travaux d’organisation défensive dans la région de Baccarat. Le 18 février, les travaux terminés, le régiment part à pied et arrive le 20 dans les cantonnements de Méhoncourt, Brémoncourt, Einvaux où il a ordre de se tenir prêt à un embarquement éventuel. L’embarquement a lieu le 21, à Charmes, et le débarquement le 22, à Revigny. La ruée allemande sur Verdun s’est déchaînée la veille et la situation menace de devenir grave. Le 25, le régiment se trouve à Chaumont-sur-Aire et Courcelles-sur-Aire. Il se hâte vers le champ de bataille. Le même jour, il s’embarque en autos, débarque à Regret et vient cantonner à la caserne Marceau, tandis que les mitrailleurs font la route à pied. Le 26 février, alerté, il part de la caserne à 3h15, un bataillon se place dans le ravin situé au Sud de la croupe du carrefour Ouest de Douaumont. L’ennemi multiplie ses attaques ; au commencement de l’après-midi, il bouscule la ligne de zouaves et tirailleurs qui est devant un bataillon du régiment. Deux compagnies le contiennent et au moment où il atteint le Calvaire, une autre compagnie se lance à la baïonnette. Les allemands, surpris, s’arrêtent, les deux compagnies saisissent immédiatement l’occasion et chargent, mettent l’ennemi en fuite et le poursuivent avec les tirailleurs, dépassant même la ligne précédemment occupée. A 16 heures, tout danger est écarté mais 10 minutes après, une nouvelle tentative mais est vite avortée par le feu de l’artillerie. A 16h30, pour la troisième fois et après une nouvelle préparation, l’ennemi s’élance sur les lignes : les tirailleurs commencent à fléchir. En un clin d’œil, la réserve avance et la première ligne se lance baïonnette au canon. L’ennemi qui arrivait à la crête est surpris, frappé de terreur, il oscille, lâche pied et fuit précipitamment. Le soir, le secteur est organisé, il se limite à droite par le Calvaire et à gauche par la ferme Houdremont. Les attaques ennemies se renouvellent les jours suivants mais sans provoquer une crise comparable au 26. Fernand est blessé par balle mais cela lui provoque qu’une contusion au coude gauche. Le 3 mars s’écoule dans un calme relatif mais le 4, l’artillerie ennemie fouille le ravin Sud du Calvaire et bombarde les deuxièmes lignes. L’attaque allemande a lieu à 18h mais est maîtrisée. Le soir, deux bataillons sont relevés et les jours suivants, les éléments du régiment rejoignent successivement les baraquements Aviation où un bataillon se tient en état d’alerte. Dans l’intervalle, il cantonne à Saint-Dizier du 10 au 21 mars, puis à Haironville et Rupt-aux-Nonains jusqu’au 31. Ces jours sont marqués par diverses prises d’armes pour remise de récompenses. Le 31 mars, le régiment débarque des autos à Dombasle-en-Argonne et le 5 avril, il retourne à la bataille en alerte. Partant à minuit de Dombasle, il arrive à Montzéville le 6 à 2h30. Un bataillon repart peu de temps après pour Esnes, il se rend le lendemain à la cote 304, pour combler un vide qui s’est produit entre deux régiments. Les allemands ayant enlevé, le 7, les ouvrages dénommés : Vassincourt, Peyrou et Palavas, la reprise de ces deux derniers est décidée pour le 8 au matin et dans ce but un groupement formé d’unités du 146e et deux bataillons d’un autre régiment est formé. Cette contre-attaque ne peut développer sa pleine puissance. Les éléments opérant la nuit, sur un terrain inconnu, au milieu des difficultés sans nombre n’arrivent qu’entre 4h30 et 5h30 ; seul un bataillon est face à son objectif, les autres, surpris par le petit jour, ne peuvent agir ; il en résulte que l’action du bataillon est très limitée. Le résultat est que le front du régiment est limité à gauche par la corne Nord-Est du bois Camard, à droite par le fond du ravin descendant de la cote 304. Il y eu 8 hommes tué dont Fernand.

Bois canard

Cote304

Fernand est mort le 8 avril 1916 sur la cote 304, à Esnes-en-Argonne. Il repose aujourd’hui dans le cimetière de Fleury.

Godin fernand 1

Note : le récit commence à la date de sa mobilisation mais il a très certainement connu le front après sa période d'instruction, en général 7 mois.

GUIBERT Emile Camille

Guibert emile camille Emile Camille Guibert  @Cheny.net

photo issue du site cheny.net

Il né le 21 novembre 1884 à Fleury, fils de GUIBERT Clément Lazare et NEVERS Marie Apolline. Marié le 25 avril 1910 à Ormoy (89) avec COMBLE Louisa Henriette. Ils auront une fille ensemble : Apolline Louisa, née le 30 novembre 1911. Avant la guerre, il travaillait comme marchand de porcs.

Emile arrive le 4 août 1914 au 282e régiment d'infanterie qui se trouve à Montargis. Il part le 9 août pour Saint-Mihiel et cantonne à Buxerulles et Woinville et se couvre par des avant-postes sur la ligne des Hauts-de-Meuse qu'il met en état de défense. Le 16 août, il prend les avant-postes en avant de Pannes alors que ceux ennemis sont signalés sur la ligne Doncourt-Tronville-Les Baraques. Le 18, reste en réserve à Beney et à Xammes pendant que l’ennemi menace Pont-à-Mousson ; le 23, deux compagnies du régiment sont envoyées à Jaulny. Le 25, il se porte vers le Nord, en direction de Conflans-en-Jarnisy et un bataillon passe le Longeau et prend position dans le bois situé au Nord-Ouest de cette localité et reçoit quelques coups de canon, un autre bataillon se déploie face à l’Est mais ne peut atteindre l’Yron. Le 27, le régiment est embarqué à Saint-Mihiel pour se rendre dans le Nord, débarque vers Montdidier le lendemain et cantonne à Laucourt. L’ordre de repli est reçu et le régiment se retrouve en réserve et pendant plusieurs jours à changer de cantonnement pour défendre les portes de Paris (Breuil-le-Sec puis un repli les mènent vers Luzarches). Ce n’est que le 6 septembre que l’offensive est reprise, les premiers coups de feu sont reçus au Nord de Marcilly, le régiment progresse vers la cote 115 malgré le feu de l’artillerie. L’attaque est donnée mais elle se heurte à un talus très élevé couronné par des mitrailleuses, en quelques minutes plus de 300 tombent et après deux tentatives, le repli est ordonné à la tombée de la nuit et le régiment bivouaque à la ferme Saint-Michel. Le 8 septembre, l'ennemi se retire ; le mouvement en avant est repris, mais la brigade est arrêtée sur la rive droite de la Thérouanne par le tir de l'artillerie lourde. Le régiment subit des pertes sensibles ; un bataillon parvient cependant à gagner la cote 124, qui domine Étrépilly. Le régiment bivouaque à l'Est de la ferme Saint-Gobert et organise la position La Râperie - cote 124. Le lendemain, il est de nouveau soumis à un bombardement d'artillerie lourde. Le 10, l'offensive est reprise et le soir, le régiment bivouaque aux abords de Rouvres. La marche en avant continue les jours suivants, par Antheuil, ferme Bourg-Fontaine, Dampleux. Le régiment cantonne successivement le 11 à Dampleux, le 12 à Chaudun, le 13 à Vauxbuin. Le 14 septembre, le régiment, en réserve, met en état de défense la Verrerie de Vauxrot. Le 15, deux compagnies sont envoyées en reconnaissance dans la direction de la cote 129, elles sont bientôt arrêtées par le tir de mitrailleuses et perd presque 30 hommes tués ou blessés. Le 17 septembre, le régiment reçoit l'ordre d'enlever la cote 129, doit s'emparer de la partie du village de Cuffies encore occupée par l'ennemi. Le régiment atteint son objectif et arrive à 100 mètres des retranchements ennemis, mais, par suite du recul du régiment voisin, il est obligé d'abandonner les positions conquises et de revenir à la Verrerie. Le lendemain, l'attaque est reprise, mais l'ennemi s'est renforcé et le régiment ne peut déboucher du parc. Le 19, le régiment quitte la Verrerie et va cantonner sur la rive gauche, à Soissons et Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à la mise en défense de la Montagne de Paris et organiser une ligne de repli sur le front Ressons-Montois. Le 28, le régiment repasse l'Aisne, un bataillon en ligne à Cuffies, l'autre à la Verrerie. Le 30, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer sur le front de Cuffies ; une compagnie progresse jusqu'au petit bois à l'Est de Cuffies mais, le soir, le terrain gagné doit être abandonné, la droite n'ayant pu progresser. Dans la journée du 4 octobre, des reconnaissances parviennent dans le village de Cuffies et sur la croupe au Nord-Est, sans rencontrer l'ennemi ; le soir, ces deux points sont réoccupés. Une attaque est décidée pour le lendemain, un bataillon a comme objectif le village de Cuffies, puis la croupe au Nord-Est ; l’autre bataillon, le Mont de Cuffies. A 18 heures, le village et le Mont de Cuffies sont atteints, mais l'ennemi ayant réoccupé le village et le 6e bataillon étant soumis à un violent bombardement, les positions de départ sont reprises. Le 7 octobre, le régiment va cantonner à Villeneuve, Belleu, Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à l'organisation du secteur compris entre le confluent de la Crise et le chemin de Venizel à Billy. Le 13, le régiment part en première ligne, dans le secteur de l'Aisne, à la Montagne-Neuve. Il est ensuite relevé et va alterner le service aux tranchées et le repos entre le 14 octobre et le 12 novembre. Le 12, un bataillon se porte à Vauxbin sur Crouy et reçoit comme objectif le bois au Sud-Ouest de la ferme de Sous-Perrières ; deux compagnies qui sont en première ligne sont accueillies par un feu violent d’infanterie et d’artillerie. Une des compagnies parvient à progresser quelque peu, mais ne peut atteindre son objectif. Pendant la nuit, le terrain conquis est organisé ; le bataillon est relevé le 13 au soir et reprend son cantonnement. Le régiment alterne tous les quatre jours entre les tranchées et les cantonnements du 15 octobre jusqu’à la mi-janvier 1915.

Le 11 janvier est ponctué par une violente canonnade et le 12 les allemands attaquent, les défenseurs sont soumis à l’infanterie et aux mitrailleuses puis à l’artillerie. Durant toute la journée, la position est défendue, un repli est effectué face à l’abondance ennemie mais les renforts arrivent et permettent de reprendre la tranchée. Le lendemain est employé à la réorganisation des unités, qui pendant la bataille, se sont mélangées et durant la nuit le régiment part cantonner à Missy-aux-Bois. De la fin janvier à début mai, le régiment connait de nouveau l’alternance entre repos et tranchée. Le 9 mai, le régiment s'embarque à Longpont, et débarque le lendemain à Frévent. Après avoir cantonné à Tincques, il se rapproche des lignes ; un bataillon se rend aux abris Mathis et l’autre à la Faisanderie. Toutes les compagnies sont aux tranchées.

Ablain saint nazaire

Citation pour la médaille militaire publiée au journal officiel du 13 août 1920 : « Excellent caporal d'un grand courage, plein d'entrain et de dévouement. Tombé en brave, en mai 1915, à Notre-Dame-de-Lorette. Croix de guerre avec étoile de bronze ».

Emile est mort le 12 mai 1915 à Ablain-Saint-Nazaire. Son lieu de sépulture reste inconnu.

GUILLOT Joseph

 Guillot joseph

Il est né le 28 mars 1886 à Paris, fils de GUILLOT Joseph et VAUDIN Marie Virginie. Avant la guerre, il travaillait comme domestique de culture. 

Sur le monument au mort, il est marqué en tant que GILLOT Joseph.

Joseph arrive au régiment le 4 août 1914, il est d'abord rattaché à la 5e section de commis et ouvriers d’administration (C.O.A). Cette section assure le fonctionnement de sept grands magasins de concentration d'approvisionnement : les stations magasins d'Auxerre, des Aubrais, de Meaux, de Montereau, de Nuits-sous-Ravières, de Sens et d'Orléans-les-Murlins, auxquelles étaient rattachés des entrepôts et parcs de groupement de bétails et des boulangeries de guerre. Dans neuf stations-haltes-repas : les Aubrais, Montargis, Cravant, Malesherbes, Meaux, Nuits-sous-Ravières, Laroche, Moret, Nemours, ils assurent l'alimentation des troupes transportées en chemin de fer, soit qu'elles aillent renforcer celles du front ou que, composées de malades et de blessés, soient évacuées sur l'intérieur. L'avance allemande de 1914 fait disparaître la station-magasin de Meaux dont les détachements de C. O. A. sont évacués sur Poitiers et Nantes et passés ensuite aux 1re, 2e et 12e sections. Les stations-magasins de Montereau et de Sens sont, pour la même raison, évacuées le 3 septembre 1914 sur Moulins et Roanne où elles continuent à fonctionner. Chacun travaille avec ardeur pour que l'ennemi, s'il arrive, ne trouve ni matériel ni approvisionnements utilisables. C'est alors que se produit le revirement : la « Victoire de la Marne », entraînant le recul de l'ennemi. Les C. O. A. se dépensent sans compter pour leurs camarades combattants, se rendant compte de l'importance de leur rôle dans le grand drame. Puis, c'est la stabilité des fronts. Les services améliorent leur organisation, tous les organes de ravitaillement fonctionnent à plein rendement. Pas une défaillance n'est à relever, les troupes du front ne doivent manquer de rien ; jour et nuit, les C. O. A. sont à leur poste, fournissant un travail considérable. Après avoir assuré le ravitaillement du front, les C. O. A., pour la plupart, sont versés dans les armes combattantes ; les lois DALBIEZ et MOURIER enlèvent successivement les éléments les plus vigoureux pour les verser dans l'infanterie et l'artillerie. Désormais, le travail est assuré par les auxiliaires, les inaptes et les blessés de guerre.

                Le 11 janvier 1915, Joseph est transféré au 169e régiment d’infanterie et arrive au front le 21 avril. Durant cette période de latence il va recevoir une instruction et se rendre le 21 avril là où le régiment est stationné : « Bois-le-Prêtre ».  Les combats sont meurtriers avec une lutte constante de grenades, de boyau à boyau, d'attaques de tranchée à tranchée jusqu'à la conquête totale du bois et de son légendaire "quart en réserve". L’historique du régiment n’en dit pas plus, il part en juin, embarque à Toul et est dirigé sur l’Argonne ; il est appelé ainsi que ses régiments frères de la Division à rétablir une situation que l'Allemand par une attaque de gaz asphyxiants vient de compromettre. Tout juillet se passe en combats incessants avec luttes de mines, de grenades, de torpilles, attaques et contre-attaques successives. Après de terribles sacrifices, l'allemand est contenu et ne gagne plus un pouce de terrain. Les premiers jours d'août le régiment est enlevé en camions et va se reconstituer dans la Région de Nubecourt (Argonne) et se préparer en vue d'une attaque qui doit se déclencher. Au début de septembre le régiment prépare ses parallèles de départ dans le secteur de Saint-Thomas ayant comme objectif Binarville. L'attaque générale se déclenche le 25 septembre à 9H15 ; le régiment comme toute la division a une mission de sacrifice ; flanc-garde droite, dont le 169e régiment d’infanterie est l'extrême droite, de l'attaque de Champagne. Sur un terrain violemment bombardé par obus de tous calibres sous le feu des nombreuses mitrailleuses et des violentes contre-attaques allemandes débouchant du Bois de la Grurie, le régiment au prix de lourds sacrifices s'empare des 3 premières lignes de tranchées ennemies et du Bois Baurin. Durant la journée, il perd 26 officiers et son Lieutenant-Colonel qui est vite remplacer. Par la suite le régiment est conduit au repos en Lorraine pour se reconstituer puis de fin décembre à Juin 1916, le Régiment prend le secteur d'Emberménil.

                Joseph passe le 3 mai 1916 au 60e régiment d’infanterie qui est alors à Pargny-sur-Saulx et Maurupt où il attend le 35e et le 42e régiment d’infanterie pour embarquer en chemin de fer aux gares de Revigny, Blême et Saint-Julien le 20 mai. Le 22 mai, le débarquement effectué à Laveline, les régiments partent pour Bussang, où ils arrivent le 2 juin. Ce voyage de dix jours, effectué par un temps splendide, parmi les sites d'un pittoresque achevé, est un puissant réconfort pour le régiment après les terribles combats qu’ils ont subi. Le 60e est chargé de l'occupation de Hilsenfirst, où il relève le 115e bataillon de chasseurs, après une ascension fort pénible par Kruth. Dès le 23 juin, l'organisation du régiment dans ce secteur est terminée. Le 60e occupe trois grands centres de résistance. Le 3e bataillon, en liaison avec le 42e, garde Storckensohn ; le 1er bataillon (Duffet) s'installe à l'Hilsenfirst même. Le bataillon Peyrotte occupe le Langeldeldkopf, avec le secours d'éléments du 49e territorial. Le colonel et les téléphonistes sont au camp Cermet et la brigade villégiature au camp Peyrou. Il n'a pas cessé de pleuvoir à torrents pendant le mois. La fraîcheur était intense, même au mois de juillet, en raison de ces pluies sans fin, et chaque jour il fallait tenir le feu allumé. Le travail dans le secteur était double. Il fallait veiller et sans cesse renforcer l'organisation de la défense. Au début, l'activité de combat était nulle dans les tranchées de la première ligne. Au bout de quelques jours, il n'en était plus de même. Troublé dans sa tranquillité par l'activité des patrouilles et les jets de grenadiers, l'ennemi réagit bien vite à coups de torpilles. Vingt-quatre jours s'écoulèrent dans ces conditions. Le 1er juillet, un éclat d’obus blesse Joseph à la tête, il est évacué dans la foulé à l'ambulance alpine 1/65 qui se trouve à Klintzkopf, plus haut sommet des Vosges. Il a une plaie perforante du crâne, une commotion cérébrale et des troubles nerveux

Hilsenfirst

Image prise sur le site : www.hilsenfirst.fr

Joseph est mort des suites de blessures le 8 juillet 1916. Il repose à la nécropole Le Chêne Millet, situé sur la commune de Metzeral, tombe 1022.

Necropole metzeral 

Guillot joseph 1 Guillot joseph 2

Guillot joseph 4

Merci à ZOLDAN Olivier pour les photos à la nécropole.

Citation pour la médaille militaire publiée au journal officiel du 8 août 1916 : « soldat du 60e rég. infanterie, compagnie de mitrailleuse ; soldat mitrailleur d'un grand courage et d'un parfait dévouement. Blessé grièvement le 1er juillet 1916 en se rendant à son poste en première ligne ».​  Il a reçu la médaille militaire.

Sur sa fiche matricule il a reçu la Médaille interallié (ruban arc-en-ciel) et Médaille commémorative dite de MORLON (ruban rouge et blanc).

Interallie fr Morlon Medaille militaire

 

GUISARD Fernand

Guisard fernand

Il né le 21 janvier 1891 à Fleury, fils de GUISARD Paul et LAVEAU Polexime. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Fernand est au 4e régiment d’infanterie en train de faire son service militaire quand la guerre éclate. Il quitte, avec son régiment, Auxerre le 5 août 1914. Un bataillon détaché à Troyes est conduit directement au point de concentration. Le 6 août, le régiment débarque à Sampigny et gagne Woinville, où il reçoit l’ordre de s’installer défensivement face à Metz. Fernand est cycliste du petit Etat-Major du Nord-Est par Montreau, faisait partie de la 9e compagnie, 3e bataillon. Le 21, après avoir parcouru 40 kilomètres sous une chaleur accablante, il gagne la frontière belge. Le régiment a pour objectif, le 22, Mussy-la-Ville. La marche s’exécute dans un brouillard intense. Deux bataillons partent à l’assaut avec entrain, mais l’ennemi, bien retranché, les accueille par un feu terrible. Sous le nombre et la mitraille, il faut se replier. Le soir, quand les débris du régiment se regroupent à la ferme de Bouillon, l’étendue des pertes est immense : 18 officiers et 1200 hommes hors de combat.

Site to be baranzy apres la bataille colormibb

image d'illustration - Front de Baranzy à 3km de Signeulx

Fernand est mort ce jour, avec de nombreux camarades dont VINOT Constant. Sa sépulture reste inconnue mais il n'a probablement jamais eu de sépulture.

Citation pour la médaille militaire publiée au journal officiel du 15 juin 1928 : « brave soldat. Glorieusement tué le 22 août 1914 à Signeulx (Belgique). Croix de guerre avec étoile de bronze ».​

Cdg 1 etoile bronze

HORRY Georges

Horry georges

Il né le 6 avril 1890 à Fleury, fils de HORRY Marcel et LETOT Rosalie. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Georges arrive le 3 août 1914 au 82e régiment d'infanterie qui dispose de deux garnisons, l’une à Montargis et l’autre à Troyes. Il débarque entre le 5 et le 6 août sur les bords de la Meuse, à Lérouville. Le 21 août au matin, le régiment, qui cantonne à Gremilly, reçoit l'ordre de se mettre en marche par Longuyon sur la région de Tellancourt. Il passe la nuit du 21 au 22 août, en cantonnement d'alerte à Fresnois-la-Montagne, d'où il voit l'incendie embraser la forteresse de Longwy et principalement Longwy-Haut. Le 22 août, tout le corps d'armée dont fait partie le régiment, franchit la frontière et attaque l'ennemi mais subit de très lourdes pertes à cause de tranchées très organisées. Il faut donc se replier dans le Sud de l’Othain mais les allemands ne lâchent rien. Le 24, le régiment part en repos pendant quelques jours. Le 26, sur ordre, le régiment passe la Meuse à Vilosnes, dont le génie fait sauter les ponts aussitôt après le passage. Le régiment s'établit défensivement, entre Doulcon et Cunel. Du 29 août au 1er septembre se déroulent une série de combats défensifs très durs, très meurtriers et l'ennemi réussit à passer la Meuse. Une retraite stratégique est alors lancée, le régiment traverse l’Argonne et s’établit défensivement sur une ligne au Nord de Vaubecourt. Par la suite et durant plusieurs jours, le régiment creuse des tranchées et organise sa position, au Nord-Est de Rembercourt avant de subir des attaques et réaliser des contre-attaques. Le 12 septembre, les Allemands se retirent rapidement à cause de la victoire de la Marne, un gain de terrain de 60 kilomètres est réalisé et le régiment arrive à Boureuilles et durant plusieurs jours effectue des attaques sur plusieurs villages. Le 23, il faut se replier à cause d’une attaque ennemie, retour à Boureuilles avant de partir en repos trois jours plus tard. Les jours suivants, retour au front, il faut creuser des fortifications avant de rattaquer la ville et une légère avancée est faite. Du 31 au 7 novembre, le régiment cantonnement à Aubréville et reçoit la venue de renfort. La période que fera le régiment sur ce terrain à partir du 7 se fera avec une partie en première ligne devant Vauquois et une autre partie en réserve dans la forêt de Hesse sera très dur physiquement à cause de la température qui descend jusqu’à -15°c, mais également à cause de la précarité des tranchées. Il y aura plusieurs attaques jusqu’à la début janvier 1915 et il se frotte au lance-flamme allemand durant ce temps.

Le 15 janvier, le régiment, après un repos de cinq jours dans la région de Brocourt – Parois – Jubécourt, repasse en forêt d'Argonne et tient les lignes de l'Argonne orientale. Le 17 janvier, les Allemands lancent une attaque précédée d'une préparation d'artillerie importante. A cause d’un manque d’effectif, ils s’emparent d’une portion du terrain mais l’avance est vite limitée par des contre-attaques immédiates et énergiques des compagnies réservées du régiment. Par la suite, le régiment reste vigilant tout en mettant en œuvre un travail d’organisation défensive et la construction d’abris. Le 16 février, les allemands recommencent une attaque avec de plus gros calibres d’artilleries, l’infanterie se jettent en direction des tranchées françaises mais la réponse les stoppe nets, l’ennemi sort part des sapes (tunnel à hauteur d’homme qui relie les deux tranchées) et arrive à s’emparer des premières lignes et séparer les unités. Les contre-attaques françaises permettent de reprendre les lignes perdues. Jusqu’à la fin février le régiment alterne avec des périodes de repos et cette position de la cote 263. Du 28 février au 2 mars, une série d'attaques de démonstration sont demandées à un bataillon ; ces petites actions accompagnent l'attaque et la prise de Vauquois par la 10e division. Georges est nommé caporal le 25 mars. Les 3, 4, 5 avril, la division tente une attaque locale à cheval sur la Haute-Chevauchée et la cote 263, n'ayant pour but que d'élargir les positions dans cette région. Un bataillon attaque avec d’autres régiments des postions ennemis mais éprouve de fortes pertes à cause des mitrailleuses et ne fait qu’une petite avance. Les autres bataillons tiennent les positions des Meurissons et de Bolante. Georges est nommé sergent le 23 avril. Dans les premiers jours de juillet, le régiment est mis au demi-repos dans les camps aux abords de La Croix-de-Pierre. Il prépare une attaque en réalisant des missions de reconnaissances et des exercices mais les allemands prévoient l’attaque et déclenche le 13 une attaque importante. Elle commence au matin par l’artillerie qui utilise des asphyxiants sur tout notre front d'Argonne, de Boureuilles à Binarville. Le régiment se déploie sur les positions attaquées et contre-attaque à coup de baïonnette et de grenade ce qui permet de reprendre les positions perdues. Le 14 juillet au matin, ordre est donné d’attaquer le secteur de la Haute-Chevauchée mais les forces étant disproportionnées à cause d’une artillerie et de mitrailleuses allemandes en trop grand nombre font avorter le projet. Le 20 juillet en fin de journée, l'ennemi veut compléter ses gains et concentre ses efforts, après une préparation d'une intensité inouïe ; il s'en empare. Les défenseurs sont pour la plupart tous tués ou enterrés et la cote 263 fumant ne présente plus, aux yeux des spectateurs qu'un terrain bouleversé et méconnaissable. Le 22, le régiment travaille pour combler la tranchée et la renforcer en avant de la ligne. Il lui échoit, à la fin d'août, comme secteur dans la division et qu'elle conservera longtemps, celui de la Fille-Morte, à l'Ouest de la Haute-Chevauchée. Chaque bataillon travaille activement à la consolidation de la première position quand il est en ligne ; à l'établissement d'une deuxième position (Courtes-Chausses) comprenant des lignes de tranchées bien agencées, des blockhaus bétonnés de mitrailleuses et même quelques pièces de 65 de montagne qui ne doivent se révéler, par un tir à vue et de plein fouet, qu'en cas d'attaque sur la Fille-Morte. Le régiment tiendra le terrain Fille-Morte – Courtes-Chausses par ses propres moyens, sans autre relève que celle intérieure entre les bataillons, jusqu'aux premiers jours d'avril 1916. La lutte des engins de tranchées s'intensifie. L'emploi par l'ennemi de minenwerfer de gros calibre, jusqu'à celui de 340, devient au bout de peu de temps quotidien ; la contrepartie est donnée au moyen de 75, 155 et de bombes de 58. Le 27 septembre, deux jours après la grande offensive de Champagne, la division va essuyer le contrecoup d'une diversion que l'ennemi tentera sur notre front. Vers 9 heures du matin, les Allemands, après avoir fait sauter 14 mines importantes bouleversant complètement les premières lignes, depuis la cote 285 incluse jusqu'à l'Ouest de la Fille-Morte, commencent un bombardement excessivement nourri : torpilles en ligne, 105 et 210 sur les lignes de soutien, les ravins et les arrières, en plus quelques gaz vers les batteries. Vers 11 heures, après avoir occupé les premières lignes, dont tous les défenseurs sont tués ou blessés, l'ennemi descend vers la ligne de soutien par les boyaux nombreux de la position. Une compagnie, par se feux bien ajustés et ses grenades empêche les Allemands de pénétrer plus avant. Surpris de cette résistance, l'ennemi hésite un moment, puis se replie dans les premières lignes en abandonnant des cadavres sur le sol. Une autre compagnie garnit à gauche de la tranchée de soutien, où elle arrête également l'ennemi par une contre-attaque. Un bataillon, disponible, a été alerté téléphoniquement par le colonel aux baraquements où il est de repos, et il se hâte au secours du bataillon qui est au front. Dans le courant de l'après-midi, après avoir été copieusement arrosé d'obus en route, il atteint la tranchée de soutien avec deux compagnies à droite et deux compagnies à gauche. A droite, elles contre-attaquent avec succès à la tombée de la nuit les anciennes premières lignes du centre et de droite, les reprennent et s'y installent. A gauche, les deux compagnies débouchent magnifiquement sur la croupe observatoire dénommée « 09 », mais éprouvent des pertes extrêmement lourdes et ne peuvent reprendre 09 malgré une deuxième tentative ; le lendemain matin 28, elles assurent le raccordement des tranchées reprises à droite et au centre avec la gauche de la tranchée de soutien.

Dès le mois de janvier 1916, le haut commandement a des indices que l'ennemi prépare une grosse affaire qu'il déclenchera le plus tôt possible, dès que la saison le lui permettra. Ce sera la grosse offensive allemande sur Verdun. Le régiment tient un secteur très particulier où l'on fait une guerre toute spéciale, la guerre de mines. Il sera laissé encore assez longtemps en Argonne, malgré la nécessité où se trouve le commandement d'envoyer tour à tour les divisions à la grande bataille de Verdun. Une trêve de deux mois (avril – mai) passée dans l'Argonne orientale (Merliers) dissipera un peu la tension nerveuse que nécessite la tenue d'un secteur tel que la Fille-Morte. Le régiment, après ce demi-repos au secteur des Merliers, est remis dans son ancien secteur, reconquiert la crête de la Fille-Morte, perdue avant son arrivée, et y reste jusqu'aux premiers jours de septembre 1916. Le 12 septembre, la division, relevée, va au grand repos pour un mois dans la région entre Revigny et Bar-le-Duc. Le régiment occupe les cantonnements de Mussey et Mognéville (Meuse). A ce moment, l'offensive furieuse des Allemands contre Verdun est en décroissance depuis leurs derniers grands efforts du mois de juillet sur cette ville. Malgré le déclenchement d’une autre offensive franco-anglaise dans la Somme qui a eu le plus brillant début et sa répercussion presque immédiate sur le front de Verdun, les allemands sont toujours très près de la ville et le commandement sent la nécessité de dégager plus largement les abords de celle-ci. Le régiment est appelé sur ce champ de bataille célèbre par ses opérations. Le 15 octobre, il est relevé en chemin de fer et roule dans la direction de Verdun. Le 16, il cantonne dans cette ville. Le 17, il monte en ligne sur le front de la cote du Poivre – carrières d'Audremont, qu'il tiendra avec un seul bataillon les deux autres derrières échelonnés en profondeur. Dans ce secteur, très dur par la puissance des deux artilleries en présence, le régiment travaille à l'aménagement offensif de cette partie du front de Verdun en vue de l'attaque du 25 octobre 1916. Il est retiré du front précité dans la nuit du 23 au 24, en pleine préparation, pour aller à Belleray, cédant la place aux troupes d'attaques comme division de deuxième ligne. Cette action, bien préparée, à laquelle s'ajoute l'effet de surprise due au brouillard qui n'apparaît que le 24 au matin alors que tous les réglages sont terminés, réussit et donne pour la journée du 24, l'importante position du fort de Douaumont et 6.000 prisonniers, sans parler des lourdes pertes infligées à l'ennemi. Dans la nuit du 28 au 29 octobre, le régiment monte en ligne dans la partie du front immédiatement à l'Ouest du fort de Vaux, encore tenu par les Allemands. Cette relève qui s'opère par une nuit noire, dans une boue capable de produire l'enlisement, dans un terrain chaotique horriblement bouleversé d'où toute trace de végétation a disparu, est certainement l'effort physique et moral le plus pénible qui ait été demandé aux hommes du régiment pendant toute la campagne. Il s'ajoute, aux difficultés du terrain, un bombardement sans aucun répit qui intéresse une zone de 6 à 7 kilomètres de profondeur. Vers 2 heures du matin, harassé, diminué par les pertes (130 hommes tombés depuis 20 heures), le régiment arrive sur les positions qu'il doit tenir avec la première ligne à droite touchant à l'étang de Vaux : un bataillon à gauche au ravin de la Fausse-Côte ; un second bataillon en deuxième ligne au Sud de l'étang de Vaux, sa droite au ravin des Trois-Fontaines, surnommé par les combattants qui y sont passés depuis février 1916 le « ravin de la Mort ». Un bombardement de jour et de nuit, ne comprenant presque que du gros calibre, prouve que l'ennemi n'a pas accepté le recul que les français viennent de lui imposer le 24 octobre. Il sent la menace qu’ils accentuent sur le fort de Vaux, déjà tourné sur son flanc Ouest. Bien que les pertes soient incessantes et importantes, le régiment tient héroïquement sur ses positions. Le 3 novembre, il reçoit l'ordre d'attaquer ; deux bataillons s'élancent bravement sur les lignes ennemies et réalisent une avance importante qui contribue largement à la chute du fort de Vaux. Le dernier bataillon a conquis de haute lutte le village de Vaux, ou plutôt son emplacement (car il est complètement rasé par le bombardement), qu'il a dépassé largement. Un bataillon a atteint, malgré les feux très meurtriers des mitrailleuses ennemies, la tranchée de Ratisbonne qu'il occupe et retourne, face aux réduits du Muguet, de Lorient et d'Hardaumont. Le régiment continue à tenir malgré le bombardement toujours effroyable, malgré la boue, malgré le froid, malgré les privations, et, bien que ses effectifs soient très diminués, le dernier bataillon a franchi le ravin du Bazil et est venu en soutien des deux autres bataillons autour de l'abri 3603.

Vaux

Georges est mort le 3 novembre 1916 à Vaux. Il a d’abord été enterré au ravin de la fausse cote, a été transféré au cimetière de Fleury (arrondissement de Verdun, le 19 février 1921), puis le 23 mars 1926 à Fleury-devant-Douaumont, à la Nécropole National tombe 1363.

Horry georges 1 Horry georges 2

Merci à Brice Périn pour les photos.

Il est cité à l’ordre du régiment le 16 février 1916 : « Le 12 février 1916, aussitôt après l’explosion d’une mine, s’est porté sans hésitation à 20 mètres de nos lignes pour occuper l’entonnoir ».

Citation  au journal officiel du 24 octobre 1920 « sous officier très brave, au froit depuis le début de la campagne. Le 3 novembre 1916, devant Verdun, a entrainé sa section à l'assaut et a été tué à la tête de ses hommes donnant l'exemple du mépris du danger ».  Il a reçu pour ce fait une croix de guerre avec étoile de bronze (exemple ci-dessous).

Cdg 1 etoile bronze