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LETOT Jules

Letot jules

Il est né le 14 octobre 1887 à Fleury, fils de LETOT Isidore Télémaque et NEVERS Elise, frère de LETOT Louis. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Jules arrive le 4 août 1914 au 60e bataillon de chasseurs à pied. Le 8, il part à pied cantonner à Rouilly-Sacey et embarque le lendemain en chemin de fer à la gare de Troyes ; il arrive le 11 au cantonnement de Brouvelieures (Vosges) et repart le 12 à Saint-Dié dans le casernement du 10e bataillon de chasseurs. Le 15, il arrive à Saales en Alsace et garde le quartier général du 21e corps d’armée avant de repartir le 17 pour cantonner à Saint-Blaise. Le lendemain, le bataillon part pour Grandfontaine où il arrive le 19 et voit des troupes françaises battent en retraite de Wisches et Schirmeck. Dans l’après-midi, les derniers éléments étant passés et personne ne couvrant plus le bataillon, celui-ci quitte le village et occupe avec les trois compagnies restantes les hauteurs Sud, Ouest et Nord de Grandfontaine ; la 9e compagnie est partie à minuit pour Schirmeck où elle a dû venir soutenir l’artillerie. Le 20, à 14 heures, la compagnie d’avant-poste signale une colonne ennemie forte d’un bataillon, les éléments de droite ouvrent le feu sur un flanc de la colonne. A 15 heures, elle est attaquée par une colonne venant de la direction de Schirmeck au Donon, elle est contrainte de se replier à l’Est de Grandfontaine. A 18 heures, l’ennemie occupe les maisons du village et cherche à se glisser dans la direction du Donon. Une batterie d’artillerie ennemie qui appuie l’attaque est réduite au silence par l’artillerie française. A 21 heures, ordre est de tenir pendant la nuit la position de Grandfontaine avec un peloton et un bataillon d’autres régiments en renfort. Grâce à ces renforts, le bataillon veut par une attaque de nuit déloger les troupes allemandes du bois à l’Est de Grandfontaine, le 21e bataillon prononçant un mouvement d’enveloppement par le Nord-Est. En raison de l’obscurité, l’attaque n’a pas lieu. Pendant la nuit, et à la pointe du jour, les allemands essayent de s’emparer de la position de Grandfontaine mais leurs attaques sont repoussées. Le 21, le bataillon reçoit l’ordre de maintenir à la position le plus longtemps possible afin de retarder l’ennemi et doit tenir jusqu’à l’arrivée d’un régiment d’infanterie. Il se retire par la suite sur le Donon par une rupture de combat par échelon sans que l’ennemi ne tente aucune poursuite. Il est par la suite rassemblé au Nord du Donon, couvert par les troupes de la défense du Donon. Il part cantonner sur Vexaincourt. Le 22, le bataillon est en réserve au village ; il reçoit l’ordre d’envoyer une compagnie à la Croix Brignon pour barrer se couloir et établir la liaison entre les avants postes qui sont au Donon et l’aile gauche du 14e Corps qui occupe le col du Prayé. La 8e compagnie est désignée pour remplir la mission, le reste aide dans les travaux défensifs. La compagnie atteint la Croix Brignon sans encombre, elle y trouve une section du 52e de ligne. La liaison est donc établie et les travaux d’organisation commencent immédiatement. Dans la journée, le bataillon se porte au Sud-Est de Luvigny puis au Sud de Vexaincourt. Il reçoit une salve d’artillerie allemande ; la 7e compagnie, où est Jules, doit organiser défensivement le plateau Sud de Vexaincourt : la 10e compagnie fait les mêmes préparatifs mais à la lisière du bois qui se trouve plus au Sud. La 8e compagnie se retire de la Croix Brignon où elle s’est trouvée aux prises avec un détachement ennemi évalué à un bataillon et une compagnie de mitrailleuses. Deux compagnies sont poussées dans la vallée de la Croix Brignon : la 10e sur la route principale, la 9e au chemin de la maison forestière. Les patrouilles rapportent aucun renseignement sur l’ennemi mais des blessés isolés de la 8e disent qu’il poursuit sa marche. Dans la vallée de la Plaini, un violant combat se déroule jusqu’à la nuit. La liaison des troupes qui combattent dans cette vallée est assurée par deux compagnies du 20e bataillon de chasseurs qui se retranche sur l’éperon, à l’Est de Vexaincourt. Le 24, le bataillon se porte sur Celles-sur-Plaine où il occupe la lisière des bois Sud-Est de la ville de façon à être en mesure d’arrêter tout mouvement offensif de l’ennemi sur le plateau. Il reçoit ensuite l’ordre d’attaquer le village en liaison avec une attaque exécutée sur la partie Ouest, elle progresse assez rapidement malgré le feu d’une batterie ennemie que l’artillerie n’arrive pas à abattre. Elle atteinte ensuite le chemin de Celles avant un repli du bataillon qui sous la protection de la 7e compagnie qui était en réserve, vient établir un barrage à la tranchée où se trouve le général de Division. Dans l’après-midi, le bataillon se met en marche afin de maintenir provisoirement la 3e compagnie pour battre les débouchés de la route de Badonvilliers. Le 26, le bataillon occupe la Rappe pour surveiller et tenir le couloir dans la direction d’Etival, il se retranche et se met en liaison avec le bataillon du col de trace avant de partir dans la direction du col de la Chipotte. Arrivée sur place, une compagnie part dans la forêt de la Sainte-Barbe sur la croupe Ouest du ruisseau. Les compagnies 7 et 8 partent cantonner. Le 27, une grande attaque en direction de Lunéville est en cours, le bataillon est envoyé en soutien d’artillerie à Lary Fontaine ; les 7e et 8e compagnie et la section de mitrailleuse rejoignent le bataillon dans l’après-midi. Le 29, l’artillerie prépare l’attaque du col de la Chipotte, le bataillon pousse une compagnie aux Fermes du Haut des Chênes, à 1500m à l’Est de Lary Fontaine, qui a pour mission d’occuper les clairières et de s’opposer à toute incursion de l’ennemi de ce côté. Dans la soirée le bataillon les rejoint. Le 30, le bataillon se porte à la passée du renard où il reste en réserve ; le lendemain il part s’établir au Nord du Haut du bois, à cheval sur la tranchée des fermes du Haut des Chênes puis le 1er septembre, occupe les fermes du Château et est en liaison avec deux bataillons de chasseurs. Le 2, la 7e et 8e compagnies partent au Haut du bois où il vient d’arriver un détachement de 250 hommes pour renforcer le bataillon. Il est chargé de la défense des cols du Haut du Bois et de Barrémond. Le 3, le bataillon assure la sécurité du Haut du Bois, deux compagnies (8e et 9e) partent aider à l’offensive du col de Barrémond, la batterie qui occupe le col est canonnée par des obusiers, aucun dégât matériel n’est à déploré et il y a quelques blessés. L’ennemi semble cependant progresser sur le col de Barrémond, toutes les troupes présentent dans le secteur sont engagées et l’ennemi est enfin repoussé dans la direction de Neuf Etang. Vers minuit, une fusillade sur tout le front se fait entendre ainsi qu’une canonnade dans la direction de Bru et une attaque à la baïonnette en direction de la Salles, Saint-Rémy. La nuit est passée dans les tranchées, vers midi, la 10e compagnie est envoyé aux Basses Pierres ; la journée est passée à réaliser des travaux de défenses sur les tranchées. Le 5 septembre, une violente fusillade se fait entendre en direction de La Salle, une compagnie qui est alors à Basses Pierres doit se replier avant de reprendre ses emplacements au carrefour des chemins de La Salle – Haut du Bois – Basses Pierres. Le 6, le groupe auquel appartient le bataillon est chargé d’arrêter les tentatives de l’ennemi dans la direction de l’Ouest ; la 10e compagnie disposant d’un peloton de la 7e reçoit l’ordre de rejeter l’ennemi au-delà des Basses Pierres de façon à pouvoir occuper le hameau. La 10e et 7e compagnie partent dans la direction de La Salle et se heurte, à deux kilomètres du Haut du Bois, à un détachement allemand fortement retranché. Après plusieurs tentatives pour enlever ces retranchements, elles ne peuvent conserver que les portions d’approche. Deux compagnies sont alors en soutien d’artillerie au col du Haut du Bois et deux autres sont pour la sécurité éloignée. Le bataillon qui devait aller cantonner à Autrey est maintenu au col du Haut du Bois. Le 8 septembre, l’ordre du jour est de coopérer à une action du 14e corps d’armée vers La Salle pour enlever à l’ennemi Tibonpré, la maison forestière des Basses Pierres, l’Ouest de la maison forestière de La Salle. Le bataillon attaque alors de l’Ouest à l’Est, la lisière Ouest des Basses Pierres ; un bataillon du 159e régiment d’infanterie s’occupe de la maison forestière des Basses Pierres et un autre bataillon le hameau Le Rin en avant de La Salle. La 8e compagnie est laissée comme garnison au col, les 9e et 10e compagnies occupent la partie Ouest de Basses Pierres face à l’Est, la 7e est en réserve au Châlet. Le détachement des patrouilles détermine une violente canonnade sur tout le front ; l’attaque qui devait être exécuter par la 53e brigade n’a pas lieu et deux compagnies sont laissées en surveillance aux Basses Pierres et une autre ramenée au col.

Vosges haute alsace w 1

Jules est mort le 8 septembre 1914 au col du Haut-du-Bois d’après un jugement déclaratif du 12 mai 1921. Rien n’indique, sur le journal de marches et d’opérations ce qu’il s’est passé et de quoi il est mort. Il repose au cimetière de Fleury avec son frère dans le caveau familial. 

Le 31 janvier 1916, un secours de 150 francs est accordé à sa mère. A titre de comparaison, un obus de 120, en mai 1917 coûte 120 francs et équivaut à 30 861 € d’aujourd’hui.  

Letot jules louis tombe 2

A noter que les photos de Jules et Louis n'ont malheureusement pas survécu au temps.

LETOT Louis

Letot louis

Il est né le 2 septembre 1890 à Fleury, fils de LETOT Isidore Télémaque et NEVERS Elise, frère de LETOT Jules. Avant la guerre, il travaillait comme jardinier.

Louis arrive le 3 août 1914 au 82e régiment d’infanterie qui dispose de deux garnisons, l’une à Montargis et l’autre à Troyes. Il débarque entre le 5 et le 6 août sur les bords de la Meuse, à Lérouville. Le 21 août au matin, le régiment, qui cantonne à Gremilly, reçoit l'ordre de se mettre en marche par Longuyon sur la région de Tellancourt. Il passe la nuit du 21 au 22 août, en cantonnement d'alerte à Fresnois-la-Montagne, d'où il voit l'incendie embraser la forteresse de Longwy et principalement Longwy-Haut. Le 22 août, tout le corps d'armée dont fait partie le régiment, franchit la frontière et attaque l'ennemi mais subit de très lourdes pertes à cause de tranchées très organisées. Il faut donc se replier dans le Sud de l’Othain mais les allemands ne lâchent rien. Le 24, le régiment part en repos pendant quelques jours. Le 26, sur ordre, le régiment passe la Meuse à Vilosnes, dont le génie fait sauter les ponts aussitôt après le passage. Le régiment s'établit défensivement, entre Doulcon et Cunel. Le 30, le 1e bataillon reçoit l’ordre de se placer entre l’Andon et le ravin de Narantasson, de manière à être prêt à contre-attaquer l’ennemi dans la direction de Cléry-le-Petit. Le 3e bataillon est porté à la lisière Ouest du Bois de Forêt, en réserve. L’ennemi essaie de traverser la Meuse à Dun et couvre d’obus toute la rive gauche jusqu’à Cunel. A 14 heures, ordre est d’attaquer par la route Aincreville – Doulcon, le régiment doit appuyer le flanc droit, dans la partie Est du mamelon et la cote 161. Un bataillon doit rester en réserve et se porter à l’origine du ravin de Narantasson. L’action est à peine engagée que le 3e bataillon revient à 17 heures à son point de départ.

Cunel

Jules est disparu au combat, son décès est fixé le 30 août 1914, durant les combats de Cunel d’après un jugement déclaratif du 28 octobre 1920. Une plaque mémorielle est au cimetière de Fleury sur caveau familial.   

Letot jules louis tombe 2

A noter que les photos de Jules et Louis n'ont malheureusement pas survécu au temps.

LETOT Maurice

Letot maurice

Il est né le 20 avril 1888 à Fleury, fils de LETOT Théophile Alexandre et BERTRAND Amandine. Marié le 27 juin 1914 à Fleury avec ROBIN Marie Antoinette. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Maurice arrive le 3 août 1914 au 367e régiment d’infanterie qui est à Toul. Il part le 6, après avoir participé à diverses organisations défensives et tenu les avant-postes, sur les deux rives de la Moselle, au Nord de Pont-à-Mousson, le régiment reçoit le baptême du feu au cours de la bataille du Grand-Couronne, le 5 septembre 1914. C'est le jour où les assauts ennemis se multiplient au mont d'Amance et sur la crête de Sainte-Geneviève. Il reçoit l'ordre, dès le matin, d'évacuer Pont-à-Mousson ; le lieutenant-colonel FLORENTIN fait sauter le pont qui unit la ville au faubourg Saint-Martin ; la 1re section de la 19e compagnie qui n'a pu être prévenue à temps, lutte toute la journée sur les pentes du Bois-Le-Prêtre contre l'infanterie et l'artillerie ennemies et rejoint, en bon ordre, à la nuit, le reste du régiment. Le 6, jour où l'effort allemand se concentre sur Sainte-Geneviève, le régiment flanque, à l'Ouest, cette importante position en défendant la hauteur du bois de Cuite, au Nord de Dieulouard. A 7 heures, une attaque ennemie débouche de Blénod, pénètre dans le bois et, jusqu'à 19 h.30, le combat continue, très meurtrier pour l'ennemi, qui ne peut progresser. A ce moment, les contre-attaques ont déblayé la crête, mais l'ordre de repli sur le Bois-Brûlé est donné ; les faibles éléments qui ont lutté ont du moins empêché, pendant toute la journée du 6, l'artillerie ennemie de prendre à revers les défenseurs de Sainte-Geneviève. Le 12 septembre, le 5e bataillon coopère au dégagement du fort de Troyon, dont l'héroïque résistance sauve l'armée SARRAIL attaquée de front par le kronprinz impérial et prise à revers par le kronprinz de Bavière, qui s'efforce de passer la Meuse ; la manœuvre échoue complètement, grâce au concours de la 73e division d’infanterie et de la 2e division de cavalerie, prêtées à SARRAIL par CASTELNAU ; la victoire de la Marne est gagnée, Verdun dégagé et l'armée SARRAIL avance au Nord et à l'Ouest. L'échec qu'il a subi devant Troyon n'a pas démoralisé l'ennemi qui tente à nouveau l'encerclement de Verdun par le Sud et jette, en Woëvre, le 20 septembre, quatre corps d'armée venus de Metz sous le commandement du général von STRANTZ. Tandis que, vers les hauts de Meuse, les Allemands redoublent leurs attaques qui aboutissent, le 29 septembre, à la formation de la hernie de Saint-Mihiel, la 73e division prend résolument l'offensive entre le Rupt-de-Mad et la Moselle. Le 20 septembre, le 367e se porte, sur la droite du 368e, à l'assaut de la route nationale n° 58 (Pont-à-Mousson à Saint-Mihiel), à l'Est de Limey. L'ennemi en est chassé malgré les pertes sensibles. De nombreuses batteries ennemies, installées au Nord de Remenauville et de Regniéville, balaient sans répit les lisières du Bois-Brûlé et le ravin des Quatre-Vaux. Cependant, le 21 septembre, le régiment brise une violente attaque ennemie qui débouche de la région de Fey-en-Haye ; une fraction de la 23e compagnie, avec le capitaine LÉVY, résiste jusqu'à la mort dans une partie du bois ; après la retraite de l'ennemi, on retrouve les cadavres de ces héros qui sont inhumés dans le ravin des Quatre-Vaux, non loin de la route. Le 22, le 6e bataillon contre-attaque dans le bois de Saint-Pierremont et ramène au feu un régiment qui s'était replié. Le 23, le régiment participa à l'attaque du plateau de Lironville et subit, après le 346e régiment d’infanterie, des pertes cruelles ; sur les glacis, des files entières de combattants gisent côte à côte comme s'ils allaient encore bondir ; les mitrailleuses allemandes balaient le terrain où cependant les unités se maintiennent. Enfin, le 25 septembre, le plateau de Lironville est entièrement conquis, le village de Limey emporté ; le 5e bataillon occupe la position Limey – cote 305, tandis que le 6e organise les tranchées de la crête de Lironville. Au cours de ces journées, la 73e division d’infanterie, a brisé l'offensive de tout un corps d'armée ennemi. Pendant sept mois, le régiment va se trouver, dans le secteur de Limey, face au bois de Mortmare, position inexpugnable, où les Allemands ont accumulé des défenses accessoires et des mitrailleuses. Le 21 octobre, après un semblant de préparation d'artillerie, le 367e s'élance à l'assaut. Les compagnies d'attaque sont décimées ; le lieutenant HEURTEL, commandant la 22e, après avoir déchargé son revolver dans les créneaux ennemis, revient presque seul ; quelques fractions restent pendant quatorze heures sur une pente descendante et à découvert devant le bois ; les obus ennemis balaient la pente et des fantassins ennemis tirent sur tout homme qui remue. La nuit permet enfin aux survivants de regagner la crête ; le commandant du 5e bataillon a perdu presque toute sa liaison et revient avec une balle dans chaque bras. Une contre-attaque allemande est rejetée dans le bois. C'est au cours de cette journée que le sénateur REYMOND et l'aviateur CLAMADIEU furent tués devant la lisière du bois. Les sapeurs du régiment commandés par le sous-lieutenant HOUSSIN, ramenèrent dans les lignes l'appareil qu'ils montaient. Le régiment creuse ensuite, pendant plusieurs mois, des parallèles de départ qui, sur un front de 200 mètres, s'avancent dans le bois.

Mais, le 5 avril 1915, quand un bataillon d'un autre régiment veut sortir pour l'assaut, l'artillerie et la mousqueterie ennemies le rejettent en désordre dans la tranchée. Cependant, l'attaque ayant été reprise, les 17e et 19e compagnies entrent dans le bois, s'y maintiennent toute la nuit et n'en sortent que faute de renforts et sous la pression d'une dernière contre-attaque puissamment organisée. Le 10 mai, la 146e brigade relève la brigade active de Toul dans le Bois-Le-Prêtre. Ce secteur a une terrible réputation ; l'ennemi l'appelle « le Bois des Veuves ». Dès le 27, le 6e bataillon s'y couvre de gloire et s'empare, à la baïonnette, d’un groupe de tranchées, à la lisière du Quart-en-Réserve ; c'est le corps à corps entre les quatre compagnies et les Allemands qui se défendent héroïquement et contre-attaquent sans cesse. Du 16 juin au 4 juillet, le bombardement ennemi est continu sur le Quart-en-Réserve ; le bois prend, dans ce canton, l'aspect tragique qu'on lui voit encore au bout de cinq années ; la terre est frappée de stérilité ; quelques fûts de hêtres, déchiquetés et décapités presque au ras du sol, attestent seuls que la forêt s'étendait jusque-là. Le 18 juin, les 19e et 24e compagnies brisent une contre-attaque ennemie. Le 4 juillet, une puissante contre-attaque allemande se produit ; le régiment, qui venait d'être relevé au cours de la nuit précédente, remonte en ligne, malgré son état d'épuisement et contre-attaque l'ennemi qui s'arrête au Sud du Quart-en-Réserve ; les sections de mitrailleuses, restées sur la position, ont particulièrement souffert et n'ont plus de matériel ; enfin, après une série d'actions locales, la situation se rétablit et se stabilise, dans ce secteur, jusqu'en 1918. Après une courte période d'instruction, le régiment revient au Bois-Le-Prêtre. Jusqu'en juillet 1916, l'activité combattive des compagnies s'exerce en coups de main et en travaux d'organisation sous les bombardements de l'ennemi. Malgré une position désavantageuse, le martellement incessant des ouvrages par les torpilles et les obus de gros calibres, les jets continuels de grenades à fusil, le régiment maintient les lignes convoitées par l'ennemi.

Le 23 mars 1916, la 18e compagnie réussit un coup de main sur les tranchées allemandes, au Nord du Verger de Fey-en-Haye. Elle franchit les brèches des réseaux français et allemands, pénètre dans les lignes ennemies sur un front de 200 mètres, nettoie les tranchées et abris de première ligne, tuant, blessant les occupants et ramenant des prisonniers. Le 16 juillet, la 73e division d’infanterie était retirée du Bois-Le-Prêtre ; elle avait immortalisé ce nom et laissait, en témoignage de ses luttes opiniâtres, des milliers de camarades à l'orée du bois, dans l'argile du Pétang, à l'ombre de la Croix-des-Carmes arrachée des mains de l'ennemi. Le 19 août, le 367e occupe le sous-secteur de Rétégnebois, dans le secteur de Tavannes. Les combats acharnés soutenus précédemment dans ce secteur avaient arrêté l'ennemi sur les glacis du fort de Souville. En outre, les Allemands étaient de plus en plus détournés de Verdun, devant lequel avaient fondu leurs meilleures troupes, par l'offensive franco-britannique de la Somme. Aussi l'armée de Verdun songeait-elle à prendre à son tour l'initiative des opérations. Des deux côtés, une formidable artillerie était réunie et, du 20 au 26 août, les tirs de barrage écrasent le secteur déjà bouleversé. La 5e compagnie du 367e a des pertes sévères au cours de ces journées, surtout en officiers. Trois commandants de compagnie, sur quatre, sont tués. Enfin, le 6 septembre, la 6e se lance à l'assaut des tranchées allemandes Hohenlohe, Blücher, Triangle. Elles sont conquises sur une profondeur de 1.500 mètres ; les troupes capturent plus de 200 prisonniers, rapportent huit mitrailleuses et arrêtent, les jours suivants, les nombreuses et puissantes contre-attaques ennemies.  Les pertes du régiment, au cours de son passage dans le secteur, sont d'ailleurs élevées : 137 tués, 462 blessés et 46 disparus. En outre, le 5 septembre, le colonel FLORENTIN, commandant la 146e brigade a péri, avec de nombreux soldats, dans l'incendie du tunnel de Tavannes. A peine relevé dans le secteur de Rétégnebois, le 367e est transporté en Lorraine, dans le secteur de Lunéville. Il y occupe le sous-secteur de Vého, auquel viennent s'ajouter les sous-secteurs de Reillon et Blémerey. Il y reste jusqu'au 23 mai et prend part à l'organisation défensive et à l'exécution de divers coups de main. Après une période d'instruction au camp de Saffais, le régiment est mis à la disposition de la 2e armée et occupe, le 24 juin, le sous-secteur Huguenot, dans la région de Verdun, situé sur la rive gauche de la Meuse, à proximité et au Sud de la cote 304. Le 28 juin, après un bombardement d'une extrême violence, une attaque allemande se déclenche, menée, suivant les déclarations des prisonniers, par des stosstruppen spécialement exercées et accompagnées de pionniers porteurs d'appareils lance-flammes. Les sections, qui gardaient les premières lignes complètement nivelées, sont encerclées et se défendent courageusement : le capitaine HENRY (21e) décharge son revolver sur les assaillants jusqu'à ce qu'il soit tué à bout portant ; le lieutenant RONSIN, avec quelques hommes de la 18e, une section de la 17e et une section de mitrailleuses de la compagnie de mitrailleuse 5, résiste à tous les assauts et maintient la liaison avec le 356e ; bombardements, tirs d'engins de tranchées de gros calibres, jets de liquides enflammés, tout est mis en œuvre par l'ennemi pour réduire ce groupe ; quatre sous-officiers, qui commandent en divers points des barrages, sont tués par des balles à la tête ; mais l'ennemi est obligé de renoncer à s'emparer des survivants, après vingt-quatre heures d'incessantes tentatives ; plus loin, deux sections de mitrailleuses, commandées par le lieutenant BASDEVANT (compagnie de mitrailleuse 6) tirent près de 4.000 cartouches, ont plusieurs pièces démontées par les obus, sont encerclées par l'ennemi et se défendent à la grenade, jusqu'à ce que la 22e compagnie, entraînée par le lieutenant MAYNAND, vienne les dégager. Les contre-attaques des 28 et 29 juin montrent que malgré les conditions défectueuses de la lutte, les unités du 367e n'ont rien perdu de leurs qualités offensives ; les 15e et 17e compagnies, notamment, atteignent tous les objectifs qui leur avaient été assignés ; dans un groupement voisin, la 13e compagnie est en tête et a ses officiers successivement mis hors de combat.

Cote304

Maurice est tué la 28 juin 1917, à la côte 304, à Esnes-en-Argonne. Il repose aujourd’hui au cimetière de Fleury

Letot maurice 3

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MARY Artésien

Mary artesien

Il est né le 8 mai 1885 à Fleury, fils de MARY Jules Anthanase et RICHARD Berthe, frère de MARY Georges. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme vigneron pépiniériste.

Artésien arrive le 4 août 1914 au 282e régiment d'infanterie qui se trouve à Montargis. Il part le 9 août pour Saint-Mihiel et cantonne à Buxerulles et Woinville et se couvre par des avant-postes sur la ligne des Hauts-de-Meuse qu'il met en état de défense. Le 16 août, il prend les avant-postes en avant de Pannes alors que ceux ennemis sont signalés sur la ligne Doncourt-Tronville-Les Baraques. Le 18, reste en réserve à Beney et à Xammes pendant que l’ennemi menace Pont-à-Mousson ; le 23, deux compagnies du régiment sont envoyées à Jaulny. Le 25, il se porte vers le Nord, en direction de Conflans-en-Jarnisy et un bataillon passe le Longeau et prend position dans le bois situé au Nord-Ouest de cette localité et reçoit quelques coups de canon, un autre bataillon se déploie face à l’Est mais ne peut atteindre l’Yron. Le 27, le régiment est embarqué à Saint-Mihiel pour se rendre dans le Nord, débarque vers Montdidier le lendemain et cantonne à Laucourt. L’ordre de repli est reçu et le régiment se retrouve en réserve et pendant plusieurs jours à changer de cantonnement pour défendre les portes de Paris (Breuil-le-Sec puis un repli les mènent vers Luzarches). Ce n’est que le 6 septembre que l’offensive est reprise, les premiers coups de feu sont reçus au Nord de Marcilly, le régiment progresse vers la cote 115 malgré le feu de l’artillerie. L’attaque est donnée mais elle se heurte à un talus très élevé couronné par des mitrailleuses, en quelques minutes plus de 300 tombent et après deux tentatives, le repli est ordonné à la tombée de la nuit et le régiment bivouaque à la ferme Saint-Michel. Le 8 septembre, l'ennemi se retire ; le mouvement en avant est repris, mais la brigade est arrêtée sur la rive droite de la Thérouanne par le tir de l'artillerie lourde. Le régiment subit des pertes sensibles ; un bataillon parvient cependant à gagner la cote 124, qui domine Étrépilly. Le régiment bivouaque à l'Est de la ferme Saint-Gobert et organise la position La Râperie - cote 124. Le lendemain, il est de nouveau soumis à un bombardement d'artillerie lourde. Le 10, l'offensive est reprise et le soir, le régiment bivouaque aux abords de Rouvres. La marche en avant continue les jours suivants, par Antheuil, ferme Bourg-Fontaine, Dampleux. Le régiment cantonne successivement le 11 à Dampleux, le 12 à Chaudun, le 13 à Vauxbuin. Le 14 septembre, le régiment, en réserve, met en état de défense la Verrerie de Vauxrot. Le 15, deux compagnies sont envoyées en reconnaissance dans la direction de la cote 129, elles sont bientôt arrêtées par le tir de mitrailleuses et perd presque 30 hommes tués ou blessés. Le 17 septembre, le régiment reçoit l'ordre d'enlever la cote 129, doit s'emparer de la partie du village de Cuffies encore occupée par l'ennemi. Le régiment atteint son objectif et arrive à 100 mètres des retranchements ennemis, mais, par suite du recul du régiment voisin, il est obligé d'abandonner les positions conquises et de revenir à la Verrerie. Le lendemain, l'attaque est reprise, mais l'ennemi s'est renforcé et le régiment ne peut déboucher du parc. Le 19, le régiment quitte la Verrerie et va cantonner sur la rive gauche, à Soissons et Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à la mise en défense de la Montagne de Paris et organiser une ligne de repli sur le front Ressons-Montois. Le 28, le régiment repasse l'Aisne, un bataillon en ligne à Cuffies, l'autre à la Verrerie. Le 30, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer sur le front de Cuffies ; une compagnie progresse jusqu'au petit bois à l'Est de Cuffies mais, le soir, le terrain gagné doit être abandonné, la droite n'ayant pu progresser. Dans la journée du 4 octobre, des reconnaissances parviennent dans le village de Cuffies et sur la croupe au Nord-Est, sans rencontrer l'ennemi ; le soir, ces deux points sont réoccupés. Une attaque est décidée pour le lendemain, un bataillon a comme objectif le village de Cuffies, puis la croupe au Nord-Est ; l’autre bataillon, le Mont de Cuffies. A 18 heures, le village et le Mont de Cuffies sont atteints, mais l'ennemi ayant réoccupé le village et le 6e bataillon étant soumis à un violent bombardement, les positions de départ sont reprises. Le 7 octobre, le régiment va cantonner à Villeneuve, Belleu, Vauxbuin. Les jours suivants, il travaille à l'organisation du secteur compris entre le confluent de la Crise et le chemin de Venizel à Billy. Le 13, le régiment part en première ligne, dans le secteur de l'Aisne, à la Montagne-Neuve. Il est ensuite relevé et va alterner le service aux tranchées et le repos entre le 14 octobre et le 12 novembre. Le 12, un bataillon se porte à Vauxbin sur Crouy et reçoit comme objectif le bois au Sud-Ouest de la ferme de Sous-Perrières ; deux compagnies qui sont en première ligne sont accueillies par un feu violent d’infanterie et d’artillerie. Une des compagnies parvient à progresser quelque peu, mais ne peut atteindre son objectif. Pendant la nuit, le terrain conquis est organisé ; le bataillon est relevé le 13 au soir et reprend son cantonnement. Le régiment alterne tous les quatre jours entre les tranchées et les cantonnements du 15 octobre jusqu’à la mi-janvier 1915.

Le 11 janvier est ponctué par une violente canonnade et le 12 les allemands attaquent, les défenseurs sont soumis à l’infanterie et aux mitrailleuses puis à l’artillerie. Durant toute la journée, la position est défendue, un repli est effectué face à l’abondance ennemie mais les renforts arrivent et permettent de reprendre la tranchée. Le lendemain est employé à la réorganisation des unités, qui pendant la bataille, se sont mélangées et durant la nuit le régiment part cantonner à Missy-aux-Bois. De la fin janvier à début mai, le régiment connait de nouveau l’alternance entre repos et tranchée. Le 9 mai, le régiment s'embarque à Longpont, et débarque le lendemain à Frévent. Après avoir cantonné à Tincques, il se rapproche des lignes ; un bataillon se rend aux abris Mathis et l’autre à la Faisanderie. Le 13 mai, le 5e bataillon se rassemble dans la tranchée des « Arabes », au Sud-Ouest de Notre-Dame-de-Lorette. Il a pour mission de s'emparer du fortin de la Blanche-Voie (éperon Sud-Ouest de Notre-Dame-de-Lorette). L'attaque était prévue pour 17 h.30, mais deux hommes, seuls survivants d'une reconnaissance, rendent compte que le front est garni de nombreuses mitrailleuses. D'autre part, la préparation d'artillerie étant complètement insuffisante, l'attaque est remise au 14. Bien que la préparation d'artillerie soit encore très insuffisante, dans l'après-midi, un bataillon se précipite à l'assaut de la position ennemie, sous un feu terrible d'artillerie et de mousqueterie ; dans cette situation, il subit des pertes considérables mais arrive à prendre le retranchement principal de l’ennemi. A la tombée de la nuit, la ligne se renforce d'un grand nombre d'hommes, ce qui permet de s'organiser plus solidement. Bientôt l'ennemi contre-attaque vigoureusement, mais, grâce aux deux sections de mitrailleuses, il est immédiatement repoussé. Pendant le reste de la nuit, le terrain conquis est organisé sous une pluie de projectiles d'artillerie et de mitrailleuses. Pendant ce temps, le 6e bataillon, soumis à un bombardement violent, éprouve des pertes sensibles ; à 19 h.30, il se porte dans la direction de l'éperon Sud-Est de Notre-Dame-de-Lorette et y creuse des tranchées. Le 15 mai, à 2 heures, l'ennemi, débouchant en masses compactes de la Blanche-Voie, contre-attaque de nouveau les positions un bataillon. Les deux sections de mitrailleuses tirent sans discontinuer pendant 20 minutes. Les vagues d'assaut ennemies sont fauchées au fur et à mesure de leur arrivée. La contre-attaque était brisée et laissait 800 cadavres environ sur le terrain. Pendant la journée, le 5e bataillon perfectionne l'organisation de la position qui domine et prend d'enfilade les tranchées allemandes. Une nouvelle attaque des positions ennemies, prévue pour le 17 à 13 heures, ne peut déboucher en raison des défenses accessoires dans lesquelles l'artillerie n'a pu créer de passages. Le 19 mai, le régiment, épuisé, est relevé, sauf deux compagnies qui entendront le 22, et mis en réserve à la Maison Forestière. Dans la journée du 26, le régiment relève des éléments de deux autres régiments, dans la région au Sud de Notre-Dame-de-Lorette. Il consolide la position sous un bombardement violent. Une reconnaissance, envoyée le 28 à 20 heures, est accueillie par une vive fusillade. Une compagnie construit des tranchées de départ le long des haies qui se trouvent sur les pentes Sud-Est de Notre-Dame-de-Lorette. Le 29, le village d'Ablain-Saint-Nazaire est enlevé. Le 30, deux compagnies attaquent l'emplacement de la sucrerie de Souchez. La préparation d'artillerie n'ayant produit aucun effet sur les défenses accessoires, elles ne peuvent progresser que de quelques mètres. Elles s'accrochent au terrain et construisent dans la nuit une parallèle bientôt réunie à la tranchée de départ. Le 1er juin, deux compagnies appuyées d’un bataillon d’un autre régiment tentent une attaque mais à cause d’un manque de préparation ne peut déboucher. A partir du 2, les compagnies sont relevées petit à petit et la période de repos dure jusqu'au 15 juin, date à laquelle le régiment se rend à Grand-Servins, puis au bivouac sur la chaussée Brunehaut. Le 18, le régiment vient occuper, le sous-secteur Nord, depuis le château de Carleul jusqu'au cimetière de Souchez. La première ligne occupe la route de Béthune. Dès le 19 au soir, une compagnie tente une attaque sur l'îlot de maisons au Sud de Souchez et sur le boyau de Bavière ; accueillie par une violente fusillade, elle gagne cependant quelque terrain et fait 3 prisonniers. Le 21 juin, l'attaque est reprise. A 14 heures, sans préparation d'artillerie, deux compagnies tentent de sortir ; elles sont arrêtées par un feu des plus violents. Dans la nuit, elles sont relevées par deux autres compagnies. Dans la nuit du 22, une compagnie parvient à s'emparer d'un élément de tranchée au Nord du boyau de Bavière et à 23 h.30, une contre-attaque allemande est repoussée. Le régiment est relevé le 28 juin dans la et va cantonner à Béthonsart. En raison du bombardement violent, une des compagnies ne peut être relevée que deux jours plus tard. Le 5 juillet, le régiment remonte en ligne pour quatre jours. Il occupe le même secteur jusqu'au 23 septembre, par périodes de quatre ou cinq jours, alternant avec des périodes de repos de huit jours à Mingoval ou Béthonsart. Le 24 septembre, le régiment quitte Béthonsart et se porte en réserve de brigade ; un bataillon en tête a deux compagnies à la parallèle Cardot, les deux autres à la route de Béthune. Deux compagnies du second bataillon prennent position à la parallèle de Carency, les deux autres à la parallèle Dalila. Le 25 septembre, à 2 heures, l'attaque se déclenche. Le régiment suit le mouvement des deux autres régiments. Le premier bataillon atteint la tranchée des Pylônes, le second la route de Béthune. Mais les régiments de première ligne n'ayant pu enlever complètement leurs objectifs, le 282e reprend à 23 heures ses emplacements primitifs. Le 26 à 21 heures, le régiment fait une relève sur les positions conquises. Un bataillon en première ligne, l’autre en réserve. On travaille à l'organisation du terrain. Le 28 septembre au petit jour, une reconnaissance, constate que le saillant de l'Ersatz a été évacué par l'ennemi. Les compagnies de première ligne se portent en avant et occupent les emplacements abandonnés. Ordre est donné d'attaquer à 13 h.30 la tranchée d'Odin. L'assaut est donné par un bataillon et deux compagnies du deuxième. Les deux autres compagnies restent en soutien dans la parallèle de départ. Après un parcours de 300 mètres, la progression est enrayée par un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses. La fusillade s'étant ralentie, les compagnies repartent à l'assaut. Devant l'impétuosité de cette nouvelle attaque qui progresse rapidement, un grand nombre d'Allemands cessent la résistance, sortent de leurs tranchées et se rendent. Les troupes d'assaut prennent pied dans la tranchée d'Odin, bientôt rejointes par les deux compagnies de réserve. Plus de 200 prisonniers tombent entre les mains françaises et le régiment organise la position conquise. Dans la matinée du 29, à 3 heures, le régiment subit le choc d'une contre-attaque menée avec acharnement par les troupes de la Garde. Un combat terrible se livre au fusil, à la grenade et à la baïonnette. Pendant ce rude combat, l’avant-ligne de petits postes est obligée de se replier dans la tranchée d'Odin, où le régiment se maintient malgré de lourdes pertes. Les Allemands se retirent au petit jour. Le régiment a conservé ses positions, qu'il continue à améliorer jusque dans la soirée où il est relevé et part cantonner à Camblain-l’Abbé.

Berthonval 1

Artésien est mort le 29 septembre 1915 dans le bois Berthonval, à côté de Farbus. Il repose à la nécropole de Neuville-Saint-Vaast, carré 9, rang 5, tombe 1875 et dispose également d’une plaque à son nom à Fleury, sur la tombe de son frère MARY Georges.

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Mary artesien necropole 5

Merci à LEME Pascal pour les photos à la nécropole.

 Memoire mary artesien

MARY Fernand

 Mary fernand

Il est né le 10 novembre 1891 à Fleury, fils de MARY Auguste Dominique et NEVERS Louise. Marié le 22 novembre 1913 à Fleury avec PAUTARD Jeanne Yvonne. Ils auront un fils ensemble : Armand, né le 17 décembre 1913. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Fernand faisait son service militaire avant que la guerre éclate, il se trouve donc à la caserne de Clignancourt, à Paris, au sein du 76e régiment d’infanterie. Le 6 août le régiment embarque à La Vilette et le 7 août, débarque à Chauvoncourt, près de Saint-Mihiel où il cantonne. Du 7 au 21, le régiment exécute une série de marches entrecoupées de repos qui, par Troyon, Rupt-en-Woëvre, Omet, Hamel, Eton, Mogeville, l’amènent dans la région de Longuyon. Le 21, à 7 heures, le régiment quitte Mogeville, traverse Billy-sous-Mangiennes et arrive à la nuit à Longuyon, où des cavaliers allemands s’étaient montrés dans la journée. Il travers Longuyon et vers 11 heures cantonne. Le 22, le régiment est alerté ; il se prépare et par Lexy, marche sur Longwy. Au sortir de Lexy, l’ordre est donné d’attaquer l’ennemi qui occupe les hauteurs du Bel-Arbre. Vivres et munitions sont distribués puis le régiment marche en direction du Nord, ayant en première ligne 1e et 2e bataillons et en soutien le 3e. Au moment où il franchit la route de Les Moragoles à Longwy, il est reçu par une vive fusillade, pendant qu’une batterie ennemie, parvenue à Cutry, lui tire dans le dos. Dans ces conditions, l’attaque ne peut se développer et le régiment manœuvre, sous le feu de l’artillerie, pour se replier par la route de Villiers sur Tellancourt. Le 23, la marche en retraite continue ; le régiment travers Longuyon et s’établit dans les champs entre Noërs et Saint-Laurent. Le 24 au matin, l’ennemi, débouchant à Longuyon, attaque ; le 31e qui est à droite exécute une contre-attaque fructueuse mais dans l’après-midi, l’ordre de reprendre la retraite est donné. Dans les journées suivantes, le régiment travers la Meuse à Sivry-sur-Meuse et par Montfaucon, se porte à Charpentry, où le 27, il reçoit un renfort de 1000 hommes. Reposé et reconstitué, il se porte au Nord et à Fosse-Nouart, attaque vigoureusement l’ennemi qui cède de terrain ; mais l’ordre est encore donné de rétrograder et le régiment traverse Clermont, Varennes, les Islettes, Vaubecourt, où le 6 septembre, il est engagé pour retarder l’avance ennemie. Les 8 et 9, nouveaux combats entre Louppy-le-Château et Louppy-le-Petit. Le régiment arrive à Chardogne, à 3 kilomètres de Bar-le-Duc, le 12 ; c’est le point extrême de la retraite. Le 13, la marche en avant reprend à fortes journées ; le 13, il vient se buter à l’ennemi aux villages de Cheppy et Véry, où ont lieu des sanglants engagements. Au cours du combat, la 3e compagnie, encerclée dans le cimetière de Cheppy, s’y défend d’une façon héroïque et parvient, baïonnette au canon, à se frayer un passage pour rejoindre les lignes. Le régiment, dans les premiers jours de novembre, quitte le secteur d’Aubréville, pour appuyer à gauche et occuper en Argonne les points qui devaient devenir célèbres : ravin des Meurissons, plateau de Bolante, la Fille-Morte. Cette fin d’année ne présente plus de faits saillants, ce ne sont que rencontres de patrouilles, attaques locales, bombardements. Cependant, le 21 décembre, l’ennemi attaque sur le plateau de Bolante et prend une tranchée à un bataillon voisin. Le 1e bataillon contre-attaque vigoureusement et subit des pertes.

Au 1er janvier 1915, le régiment est donc sur le plateau de Bolante. Les premières lignes passent par l’intersection du ravin des Courtes-Chausses et des pentes Ouest du Ravin-Sec, l’abri de l’Etoile et le ravin des Meurissons. Le 1e bataillon et le 3e sont en première ligne de gauche à droite et le 2e en réserve à le Fille-Morte. Le 5 janvier, les garibaldiens, venus de l’intérieur tout spécialement, attaquent sur le front du régiment en direction de Varennes. Le régiment doit appuyer leur progression. Après un bombardement préparatoire d’une demi-heure environ, l’attaque se déclenche. Les garibaldiens progressent rapidement, mais au bout de quelques centaines de mètres, la résistance ennemie se fait plus forte. Contre-attaqués, les garibaldiens refluent et regagnes leurs positions de départ. Ils ont fait 150 prisonniers. Le lieutenant Peppino Garibaldi, un des fils du grand patriote italien, est tué dans ce combat, son corps est à grand ’peine ramené dans les lignes françaises. Le 10 janviers, petite affaire sans résultats ni suites, sur la « Demi-Lune » tout à fait sur la gauche du secteur. Le 20 janvier, le régiment est relevé et vient cantonner à Ville-sur-Cousances, Jubécourt et Brocourt. Le régiment se prépare en vue d’une attaque prochaine. Il ne s’agit rien de moins que de prendre le village de Vauquois. Trois semaines d’exercices, de reprise en main des unités et le 16 février, départ pour la butte fameuse. Il s’installe pendant la nuit du 16 sur ses positions de départ. L’attaque doit avoir lieu le 17 au matin, en liaison à droite avec le 31e. Le tir de préparation, très sérieux sur le village même de Vauquois, n’atteint cependant pas la première ligne allemande sur les pentes en avant des lisières. Aussi, quant à l’heure H, les vagues d’assaut franchissent les parapets, elles sont fauchées par le tir d’infanterie et par l’artillerie ennemie, qui du bois de Cheppy à l’Est, de la Haute-Chevauchée à l’Ouest, prends les lignes d’enfilades. L’attaque cherche à progresser de talus en talus ; les vagues d’assaut, sous le feu d’enfer, sont décimées ; elles se collent au terrain, puis lentement, les survivants se replient dans la tranchée de départ. L’attaque a échoué ; les pertes sont très fortes. Une deuxième attaque est fixée au 28 février. Le régiment est de nouveau face à Vauquois. Un train blindé, portant des pièces de 270, est du côté d’Aubréville et doit démolir les principaux blockhaus allemands. Après une préparation plus intense que la précédente, nouvel assaut, mais cette fois avec succès. La but est enlevée, les allemands ne résistent plus que dans le cimetière et au Nord de la rue principale du village. Des combats acharnés et sanglants se poursuivent jusqu’au 4 mars. Ce ne sont que contre-attaques sur contre-attaques. Le village est conquis pierre par pierre, sauf le cimetière et les pentes vers Varennes, où l’ennemi résiste toujours. Le régiment reste donc sur les positions conquises et s’y organise aussi solidement que possible. Une troisième attaque est décidée pour le 15 mars. Il faut cette fois, occuper entièrement le village et enlever à l’ennemi ses vues sur Clermont-en-Argonne. L’affaire n’a qu’un succès relatif. Les allemands sont retranchés dans une des caves qu’ils ont bétonnées ; les obus ne les défoncent pas. Il faudra recommencer. Les attaques sont suspendues momentanément. Il faut consolider les positions et la lutte d’engins de tranchées est très meurtrière. La possession du V de Vauquois (tranchée en forme de V) par les allemands, ainsi que le cimetière, les oblige, toujours pour aveugle l’ennemi, à préparer une autre attaque avec de nouveaux moyens. Des pompiers de Paris viennent dans les tranchées installer des appareils pour lancer du liquide enflammé. L’attaque doit se déclencher le 6 juin, à 6 heures du soir ; des éléments du 31e prennent part à l’opération. Bien que les vents soit défavorable, l’attaque retardée a lieu quand même. Une grenade, lancées trop près enflamme le liquide, sur les bords de la tranchée ; un homme qui marche malencontreusement sur un tuyau fait dresser une lance, le liquide enflammé retombe sur les soldats. Le réservoir prend feu. Dans ce coin de champ de bataille, c’est le désarroi. L’attaque est manquée et tourne en un combat à la grenade sans précédent. Trois jours après le régiment est relevé et revient au plateau de Bolante. A la date du 11 juin, il quitte la 10e division d’infanterie avec le 72e, le 91e et le 131e, il forme la 125e division d’infanterie. Le 10, 11 et 12 juillet, l’ennemi semble faire du réglage d’artillerie sur les positions. En prévision d’une attaque, les bataillons occupent leurs emplacements de combat. Subitement, le 13 juillet, vers 4 heures du matin, un grondement terrible commence : c’est la préparation ; « minen », torpilles de taille inconnue jusqu’ici, arrivent sur eux avec une prodigalité effrayante. De plus, l’ennemi tire des obus à gaz lacrymogène. Les moyens de protection sont rudimentaires. Après sept heures de semblable bombardement, soit vers 11 heures du matin, l’ennemi sort de ses tranchées et progresse assez rapidement à droite, sur le 91e, ce qui oblige le 3e bataillon à revenir un peu en arrière sur les deuxièmes lignes pour ne pas être débordé. Le 2e bataillon rectifie également sa ligne, la gauche ne bouge pas. Le soir, la droite avait cédé environ 400 mètre de terrain en profondeur. La progression ennemie est enrayée aussitôt par des contre-attaques vigoureuses. Le 82e régiment d’infanterie et le 66e bataillon de chasseurs alpins, au repos dans la région des Islettes, ont été alertés et sont accourus à travers bois à leur secours. Le 14 et 15 juillet, la situation est rétablie ou presque.  Le 12 septembre, les trois bataillons furent de nouveau ensemble aux cantonnements de Bellefontaine et Futeau. L’attaque de Champagne est projetée et le régiment doit y participer. Il fait ses préparatifs en conséquence et le 22, commence le mouvement en direction du front de Champagne, où va se produire l’offensive. Bivouac dans les bois de la Croix-Gentin jusqu’au 24. Le 25 au matin, les bataillons sont groupés dans les places d’armes, le 2e à droite, le 3e à gauche et le 1e en réserve occupant les tranchées de soutien. A la pointe du jour, les 2e et 3e bataillons, prennent leurs formations de combat, partent à l’assaut, avec mission de franchir les premières lignes. Ce mouvement est arrêté par les mitrailleuses allemandes qui n’étaient pas détruites par la préparation d’artillerie. Ordre est donné de rester sur place et d’attendre les instructions. Le 25 au soir, à 19 heures, le régiment reçoit l’ordre de rejoindre le bivouac à la Croix-Gentin, puis Courtémont, d’où il est réexpédié en Argonne. La compagnie de mitrailleuses de brigade, qui n’était pas allée avec le régiment, en Champagne et avait continué de garder les positions d’Argonne, fut fortement éprouvée le 27 septembre. Elle occupait une étroite bande avancée du secteur, nommé le « Doigt de Gant », en raison de sa forme. Cette position était précaire et à la merci de la moindre attaque ennemie. Celle-ci eut lieu le 27, après une préparation intense, par obus lacrymogènes. Malgré la vive résistance, le Doigt de Gant est amputé radicalement par l’ennemi. L’année se termine pour le régiment, sans nouvelles affaires. Les sept premiers mois de l’année 1916 ne présentent pas de faits remarquables. Les positions occupées sont les mêmes que celles de l’année précédente. Il reste dans la forêt d’Argonne, entre le Four-de-Paris et La Chalade, légèrement au Nord de ces deux villages. En raison de terrain très accidenté et qui permet des retranchements redoutables des deux côtés des lignes, aucune actions offensives de grande envergure est engagée des deux côtés. C’est, par contre, l’écrasement du terrain sous des déluges d’obus de tranchée de très gros calibres. Il y reçoit couramment des « minen » de 1m10 de hauteur. Les lignes sont très rapprochées, et certains petits postes sont creusés en sape à 7 ou 8 mètres de ceux des allemands. La lutte de grenades, pétards, y est très vive. Des mines sautent presque chaque matin, dès le petit jour, créant des entonnoirs que français et allemands se disputent avec acharnement. Le secteur occupé se nomme le « Fer-à-Cheval » et comprend lui-même les dénominations de « l’Arbre », « du Cap », « du Golf ». Le régiment travaille ferme en ligne chaque nuit. A la suite de séances journalières de torpilles, la terre, désagrégée, n’est plus qu’une poussière, et chaque explosion fait ébouler les parois entières de tranchées. Il faut les relever et consolider le travail avec des fascines et du grillage. Par les deux boyaux des « Coloniaux » et des « Ecuyers », qui vont jusqu’au « Confluent », ainsi que par certaines pistes sous-bois, inconnues des allemands, les voiturettes de mitrailleuses apportent tout le matériel de réfection jusqu’à la route « Marchand » et au « Ravin-Sec », en passant par le « Tunnel ». Les compagnies font six jours de première ligne, six jours de réserve à l’ouvrage 15 ou au Confluent, six jours de repos à La Chèvrerie ou au Claon, puis une nouvelle période de repos aux Islettes ou à Futeau, soit très souvent, trente jours sans apercevoir une maison ni un habitant civil. Le 13 janvier, se produit une affaire de petits postes dans le secteur du « Cap », affaire assez sérieuse. Profitant d’une relève, les allemands attaquent brusquement le poste et s’en emparent. La 10e compagnie réussit à le reprendre au prix de 65 blessés et 4 tués. Fernand est blessé le 5 mars vers La Chalade par un éclat d’obus : plaie à la jambe droite. Il est évacué à l’arrière.

La chalade

Fernand est mort des suites de ses blessures le 12 mars 1916 à Aix-les-Bains, dans l’hôpital n°158 bis, qui est l’hôpital municipal, avec une capacité de 35 lits.  Malheureusement, le journal de marches et d’opérations commence en juillet 1916, il est impossible de retracer le parcourt de Fernand avec détails. Il repose au cimetière de Fleury.

Mary fernand 1  

Citation au journal officiel du 13 mai 1921 : « soldat brave et dévoue. Est mort le 12 octobre 1916 des suites de blessures reçues à son poste de combat à la chalade. Croix de guerre avec étoile de bronze ». 

Cdg 1 etoile bronze