MARY Fernand

Mary fernand

Il est né le 10 novembre 1891 à Fleury, fils de MARY Auguste Dominique et NEVERS Louise. Marié le 22 novembre 1913 à Fleury avec PAUTARD Yvonne. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Fernand faisait son service militaire avant que la guerre éclate, il se trouve donc à la caserne de Clignancourt, à Paris, au sein du 76e régiment d’infanterie. Le 6 août le régiment embarque à La Vilette et le 7 août, débarque à Chauvoncourt, près de Saint-Mihiel où il cantonne. Du 7 au 21, le régiment exécute une série de marches entrecoupées de repos qui, par Troyon, Rupt-en-Woëvre, Omet, Hamel, Eton, Mogeville, l’amènent dans la région de Longuyon. Le 21, à 7 heures, le régiment quitte Mogeville, traverse Billy-sous-Mangiennes et arrive à la nuit à Longuyon, où des cavaliers allemands s’étaient montrés dans la journée. Il travers Longuyon et vers 11 heures cantonne. Le 22, le régiment est alerté ; il se prépare et par Lexy, marche sur Longwy. Au sortir de Lexy, l’ordre est donné d’attaquer l’ennemi qui occupe les hauteurs du Bel-Arbre. Vivres et munitions sont distribués puis le régiment marche en direction du Nord, ayant en première ligne 1e et 2e bataillons et en soutien le 3e. Au moment où il franchit la route de Les Moragoles à Longwy, il est reçu par une vive fusillade, pendant qu’une batterie ennemie, parvenue à Cutry, lui tire dans le dos. Dans ces conditions, l’attaque ne peut se développer et le régiment manœuvre, sous le feu de l’artillerie, pour se replier par la route de Villiers sur Tellancourt. Le 23, la marche en retraite continue ; le régiment travers Longuyon et s’établit dans les champs entre Noërs et Saint-Laurent. Le 24 au matin, l’ennemi, débouchant à Longuyon, attaque ; le 31e qui est à droite exécute une contre-attaque fructueuse mais dans l’après-midi, l’ordre de reprendre la retraite est donné. Dans les journées suivantes, le régiment travers la Meuse à Sivry-sur-Meuse et par Montfaucon, se porte à Charpentry, où le 27, il reçoit un renfort de 1000 hommes. Reposé et reconstitué, il se porte au Nord et à Fosse-Nouart, attaque vigoureusement l’ennemi qui cède de terrain ; mais l’ordre est encore donné de rétrograder et le régiment traverse Clermont, Varennes, les Islettes, Vaubecourt, où le 6 septembre, il est engagé pour retarder l’avance ennemie. Les 8 et 9, nouveaux combats entre Louppy-le-Château et Louppy-le-Petit. Le régiment arrive à Chardogne, à 3 kilomètres de Bar-le-Duc, le 12 ; c’est le point extrême de la retraite. Le 13, la marche en avant reprend à fortes journées ; le 13, il vient se buter à l’ennemi aux villages de Cheppy et Véry, où ont lieu des sanglants engagements. Au cours du combat, la 3e compagnie, encerclée dans le cimetière de Cheppy, s’y défend d’une façon héroïque et parvient, baïonnette au canon, à se frayer un passage pour rejoindre les lignes. Le régiment, dans les premiers jours de novembre, quitte le secteur d’Aubréville, pour appuyer à gauche et occuper en Argonne les points qui devaient devenir célèbres : ravin des Meurissons, plateau de Bolante, la Fille-Morte. Cette fin d’année ne présente plus de faits saillants, ce ne sont que rencontres de patrouilles, attaques locales, bombardements. Cependant, le 21 décembre, l’ennemi attaque sur le plateau de Bolante et prend une tranchée à un bataillon voisin. Le 1e bataillon contre-attaque vigoureusement et subit des pertes.

Au 1er janvier 1915, le régiment est donc sur le plateau de Bolante. Les premières lignes passent par l’intersection du ravin des Courtes-Chausses et des pentes Ouest du Ravin-Sec, l’abri de l’Etoile et le ravin des Meurissons. Le 1e bataillon et le 3e sont en première ligne de gauche à droite et le 2e en réserve à le Fille-Morte. Le 5 janvier, les garibaldiens, venus de l’intérieur tout spécialement, attaquent sur le front du régiment en direction de Varennes. Le régiment doit appuyer leur progression. Après un bombardement préparatoire d’une demi-heure environ, l’attaque se déclenche. Les garibaldiens progressent rapidement, mais au bout de quelques centaines de mètres, la résistance ennemie se fait plus forte. Contre-attaqués, les garibaldiens refluent et regagnes leurs positions de départ. Ils ont fait 150 prisonniers. Le lieutenant Peppino Garibaldi, un des fils du grand patriote italien, est tué dans ce combat, son corps est à grand ’peine ramené dans les lignes françaises. Le 10 janviers, petite affaire sans résultats ni suites, sur la « Demi-Lune » tout à fait sur la gauche du secteur. Le 20 janvier, le régiment est relevé et vient cantonner à Ville-sur-Cousances, Jubécourt et Brocourt. Le régiment se prépare en vue d’une attaque prochaine. Il ne s’agit rien de moins que de prendre le village de Vauquois. Trois semaines d’exercices, de reprise en main des unités et le 16 février, départ pour la butte fameuse. Il s’installe pendant la nuit du 16 sur ses positions de départ. L’attaque doit avoir lieu le 17 au matin, en liaison à droite avec le 31e. Le tir de préparation, très sérieux sur le village même de Vauquois, n’atteint cependant pas la première ligne allemande sur les pentes en avant des lisières. Aussi, quant à l’heure H, les vagues d’assaut franchissent les parapets, elles sont fauchées par le tir d’infanterie et par l’artillerie ennemie, qui du bois de Cheppy à l’Est, de la Haute-Chevauchée à l’Ouest, prends les lignes d’enfilades. L’attaque cherche à progresser de talus en talus ; les vagues d’assaut, sous le feu d’enfer, sont décimées ; elles se collent au terrain, puis lentement, les survivants se replient dans la tranchée de départ. L’attaque a échoué ; les pertes sont très fortes. Une deuxième attaque est fixée au 28 février. Le régiment est de nouveau face à Vauquois. Un train blindé, portant des pièces de 270, est du côté d’Aubréville et doit démolir les principaux blockhaus allemands. Après une préparation plus intense que la précédente, nouvel assaut, mais cette fois avec succès. La but est enlevée, les allemands ne résistent plus que dans le cimetière et au Nord de la rue principale du village. Des combats acharnés et sanglants se poursuivent jusqu’au 4 mars. Ce ne sont que contre-attaques sur contre-attaques. Le village est conquis pierre par pierre, sauf le cimetière et les pentes vers Varennes, où l’ennemi résiste toujours. Le régiment reste donc sur les positions conquises et s’y organise aussi solidement que possible. Une troisième attaque est décidée pour le 15 mars. Il faut cette fois, occuper entièrement le village et enlever à l’ennemi ses vues sur Clermont-en-Argonne. L’affaire n’a qu’un succès relatif. Les allemands sont retranchés dans une des caves qu’ils ont bétonnées ; les obus ne les défoncent pas. Il faudra recommencer. Les attaques sont suspendues momentanément. Il faut consolider les positions et la lutte d’engins de tranchées est très meurtrière. La possession du V de Vauquois (tranchée en forme de V) par les allemands, ainsi que le cimetière, les oblige, toujours pour aveugle l’ennemi, à préparer une autre attaque avec de nouveaux moyens. Des pompiers de Paris viennent dans les tranchées installer des appareils pour lancer du liquide enflammé. L’attaque doit se déclencher le 6 juin, à 6 heures du soir ; des éléments du 31e prennent part à l’opération. Bien que les vents soit défavorable, l’attaque retardée a lieu quand même. Une grenade, lancées trop près enflamme le liquide, sur les bords de la tranchée ; un homme qui marche malencontreusement sur un tuyau fait dresser une lance, le liquide enflammé retombe sur les soldats. Le réservoir prend feu. Dans ce coin de champ de bataille, c’est le désarroi. L’attaque est manquée et tourne en un combat à la grenade sans précédent. Trois jours après le régiment est relevé et revient au plateau de Bolante. A la date du 11 juin, il quitte la 10e division d’infanterie avec le 72e, le 91e et le 131e, il forme la 125e division d’infanterie. Le 10, 11 et 12 juillet, l’ennemi semble faire du réglage d’artillerie sur les positions. En prévision d’une attaque, les bataillons occupent leurs emplacements de combat. Subitement, le 13 juillet, vers 4 heures du matin, un grondement terrible commence : c’est la préparation ; « minen », torpilles de taille inconnue jusqu’ici, arrivent sur eux avec une prodigalité effrayante. De plus, l’ennemi tire des obus à gaz lacrymogène. Les moyens de protection sont rudimentaires. Après sept heures de semblable bombardement, soit vers 11 heures du matin, l’ennemi sort de ses tranchées et progresse assez rapidement à droite, sur le 91e, ce qui oblige le 3e bataillon à revenir un peu en arrière sur les deuxièmes lignes pour ne pas être débordé. Le 2e bataillon rectifie également sa ligne, la gauche ne bouge pas. Le soir, la droite avait cédé environ 400 mètre de terrain en profondeur. La progression ennemie est enrayée aussitôt par des contre-attaques vigoureuses. Le 82e régiment d’infanterie et le 66e bataillon de chasseurs alpins, au repos dans la région des Islettes, ont été alertés et sont accourus à travers bois à leur secours. Le 14 et 15 juillet, la situation est rétablie ou presque.  Le 12 septembre, les trois bataillons furent de nouveau ensemble aux cantonnements de Bellefontaine et Futeau. L’attaque de Champagne est projetée et le régiment doit y participer. Il fait ses préparatifs en conséquence et le 22, commence le mouvement en direction du front de Champagne, où va se produire l’offensive. Bivouac dans les bois de la Croix-Gentin jusqu’au 24. Le 25 au matin, les bataillons sont groupés dans les places d’armes, le 2e à droite, le 3e à gauche et le 1e en réserve occupant les tranchées de soutien. A la pointe du jour, les 2e et 3e bataillons, prennent leurs formations de combat, partent à l’assaut, avec mission de franchir les premières lignes. Ce mouvement est arrêté par les mitrailleuses allemandes qui n’étaient pas détruites par la préparation d’artillerie. Ordre est donné de rester sur place et d’attendre les instructions. Le 25 au soir, à 19 heures, le régiment reçoit l’ordre de rejoindre le bivouac à la Croix-Gentin, puis Courtémont, d’où il est réexpédié en Argonne. La compagnie de mitrailleuses de brigade, qui n’était pas allée avec le régiment, en Champagne et avait continué de garder les positions d’Argonne, fut fortement éprouvée le 27 septembre. Elle occupait une étroite bande avancée du secteur, nommé le « Doigt de Gant », en raison de sa forme. Cette position était précaire et à la merci de la moindre attaque ennemie. Celle-ci eut lieu le 27, après une préparation intense, par obus lacrymogènes. Malgré la vive résistance, le Doigt de Gant est amputé radicalement par l’ennemi. L’année se termine pour le régiment, sans nouvelles affaires. Les sept premiers mois de l’année 1916 ne présentent pas de faits remarquables. Les positions occupées sont les mêmes que celles de l’année précédente. Il reste dans la forêt d’Argonne, entre le Four-de-Paris et La Chalade, légèrement au Nord de ces deux villages. En raison de terrain très accidenté et qui permet des retranchements redoutables des deux côtés des lignes, aucune actions offensives de grande envergure est engagée des deux côtés. C’est, par contre, l’écrasement du terrain sous des déluges d’obus de tranchée de très gros calibres. Il y reçoit couramment des « minen » de 1m10 de hauteur. Les lignes sont très rapprochées, et certains petits postes sont creusés en sape à 7 ou 8 mètres de ceux des allemands. La lutte de grenades, pétards, y est très vive. Des mines sautent presque chaque matin, dès le petit jour, créant des entonnoirs que français et allemands se disputent avec acharnement. Le secteur occupé se nomme le « Fer-à-Cheval » et comprend lui-même les dénominations de « l’Arbre », « du Cap », « du Golf ». Le régiment travaille ferme en ligne chaque nuit. A la suite de séances journalières de torpilles, la terre, désagrégée, n’est plus qu’une poussière, et chaque explosion fait ébouler les parois entières de tranchées. Il faut les relever et consolider le travail avec des fascines et du grillage. Par les deux boyaux des « Coloniaux » et des « Ecuyers », qui vont jusqu’au « Confluent », ainsi que par certaines pistes sous-bois, inconnues des allemands, les voiturettes de mitrailleuses apportent tout le matériel de réfection jusqu’à la route « Marchand » et au « Ravin-Sec », en passant par le « Tunnel ». Les compagnies font six jours de première ligne, six jours de réserve à l’ouvrage 15 ou au Confluent, six jours de repos à La Chèvrerie ou au Claon, puis une nouvelle période de repos aux Islettes ou à Futeau, soit très souvent, trente jours sans apercevoir une maison ni un habitant civil. Le 13 janvier, se produit une affaire de petits postes dans le secteur du « Cap », affaire assez sérieuse. Profitant d’une relève, les allemands attaquent brusquement le poste et s’en emparent. La 10e compagnie réussit à le reprendre au prix de 65 blessés et 4 tués. Fernand est blessé le 5 mars vers La Chalade par un éclat d’obus : plaie à la jambe droite. Il est évacué à l’arrière.

La chalade

Fernand est mort des suites de ses blessures le 12 mars 1916 à Aix-les-Bains, dans l’hôpital n°158 bis, qui est l’hôpital municipal, avec une capacité de 35 lits.  Malheureusement, le journal de marches et d’opérations commence en juillet 1916, il est impossible de retracer le parcourt de Fernand avec détails. Il repose au cimetière de Fleury.

Mary fernand 1

Citation au journal officiel du 13 mai 1921 : « soldat brave et dévoue. Est mort le 12 octobre 1916 des suites de blessures reçues à son poste de combat à la chalade. Croix de guerre avec étoile de bronze ». 

Cdg 1 etoile bronze

 

Les déplacements de Fernand durant la guerre

Sources

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