COURTOIS Clément

Courtois clement

Il est né le 20 février 1896 à Fleury, fils de COURTOIS Louis et de CHAPILLON Marie Sydonie. Jamais marié. Avant la guerre il travaillait comme charron.

Clément est incorporé le 12 avril 1915 au 29e bataillon de chasseurs. Etant de la classe 1916, il doit parfaire sur éducation militaire et passe un temps indéterminé dans la caserne. La plupart des mobilisé de se classe, parte au front à partir de novembre. Entre le 28 octobre et le 1er novembre, un renfort de plus de 100 chasseurs arrivent au bataillon qui se trouve dans la région Sud de Suippes. Le but du bataillon est d’organiser définitivement le ferme Navarin et la butte de Souain. Les chasseurs alternent entre plusieurs jours aux tranchées et plusieurs jours au repos mais le journal de marches et d’opérations n’indique pas plus de précision. Il faut attendre le 23 juin 1916 pour voir le bataillon se faire transporter dans un autre secteur, celui de l’Argonne. Ce n’est que le 27 qu’il relève deux bataillons du 171e d’infanterie, dans le secteur du bois Chenois, entre le fort de Vaux et le fort de Tavannes vers Verdun. Il est accueilli par un bombardement assez vif. Le lendemain, le bombardement continu très violent et de différents calibres : 37, 77, 105, 130 et 150, en particulier beaucoup de 105 fusants et percutants. La position de la première ligne en avant de la crête est battue à 800m par le fort de Vaux et rend toute liaison impossible avec l’arrière. Les bombardements sont violents et à peu près ininterrompus ce qui fait subir de nombreuses pertes chaque jour. Jusqu’au 2 juillet, le bataillon garde ce secteur sous un feu terrible, des tirs harcelants d’infanterie et de mitrailleuses. Le 4 et 5 juillet, il cantonne à Belrupt tandis que l’autre partie doit faire une attaque surprise, sans préparation d’artillerie dans la nuit. Le groupe est alors regroupé sous le tunnel de Tavannes où se fait la distribution de grenades et du matériel. Alors que l’attaque est pour 2h du matin, à 1h50, l’ennemi déclenche une forte attaque sur une partie du groupe et l’autre lance aussitôt une contre-attaque qui réussit aux ailes, à rejeter les allemands et occupe leur tranchée. L’ennemi qui est en forces très considérables, un bataillon et dix pièces de mitrailleuses, face à une compagnie, réagit vigoureusement et la tranchée doit être évacuée. L’attaque est tout de même lancée à 1h57, les hommes sont accueillis par les grenades allemandes et la tranchée à prendre se trouve au sommet d’un talus, à pentes raides, dont le pied est balayé par le tir d’une mitrailleuse placée sur le flanc droit de l’attaque. Devant les lourdes pertes et devant l’impossibilité d’enlever un pareil obstacle, ordre est de reprendre la position de départ avant le lever du jour. Le matin, les allemands demandent, devant le petit groupe, à enlever leurs blessés et le capitaine les y autorise à condition de laisser ramener les blessés français. Le détachement passe la journée sur son emplacement et à la tombée de la nuit rentre à Belrupt. Le bilan de la journée est lourd avec tous les chefs de section blessés ou tués et 25% de l’effectif est hors de combat. Le 6, le bataillon est déplacé par automobile à Guerpont où il cantonne. Le 17, il quitte Guerpont à 8h et embarque à Ligny-en-Barrois en deux échelons. Le lendemain, le premier échelon débarque à Jonchery-sur-Vesle et le second à Muizon et vont par la suite cantonner à Sainte-Euphraise et Bligny où il reste jusqu’à début août. Le 7, le bataillon quitte Vauxtin, Longueval et Dhuisel à 6h et se rend par voie de terre à Ecuiry où il cantonne. Le lendemain, il quitte le cantonnement à 19h et vont relever des unités en première ligne où il reste jusqu’au 26 août. Elle embarque en camions autos près de la sucrerie de Noyant sur la route Soissons – Château-Thierry et débarquent à Arcis-le-Ponsart pour cantonner aux alentours. Le 6 septembre, un détachement quitte Arcis à 21h et se rend par voie de terre à Jonchery-sur-Vesle où il arrive le 7 vers 1h30 ; il embarque à 7h15 et se rend par voie ferrée dans la Somme ; il débarque à Saleux vers 17h10 et se rend par voie de terre à Bovelles où il cantonne. Le deuxième détachement qui les cantonnements vers 3h30, le 7 et se rend à Jonchery-sur-Vesle pour embarquer à 10h30 et débarqué à Conty à 23h30 pour se rendre à Bovelles à pied où il arrive le 8 vers 8h et cantonne. Le 15 septembre, le bataillon a ordre de se rendre à La Neuville-lès-Bray dans la Somme ; il embarque à 7h30 à Bovelles en camions-autos et débarque à La neuville vers 14h où il bivouaque. Le 17, il reçoit l’ordre de se porter en réserve de Division dans le Bois Madame. Le lendemain, le secteur occupé par le bataillon est bombardé violemment durant toute la journée. Le 19, le bombardement continue durant toute la journée et le bataillon tout entier passe en réserve de la 254e brigade. La 4e compagnie et la moitié de la 3e vont en réserve du 171e d’infanterie dans la carrière Ouest du Bois Labbé ; la 1e vient prendre la place de la 4e dans la tranchée des Berlingots ; les autres conservent leur emplacement de la veille. Le 20, la situation n’a pas évoluée mais le bombardement redouble de violence et devient intense à 10h jusqu’à 17h. les emplacements occupés par le bataillon subissent les coups de l’artillerie allemande préparant une attaque vers la ferme du Bois Labbée et Bouchavesnes. L’attaque ennemie est repoussée par les éléments voisins tandis que le bombardement dure toute la journée.

Bouchavesnes 1916

Le 24, le bataillon se porte sur l’emplacement de combat, les tranchées Nord de la ferme du Boix Labbé, où il a ordre de prendre et de dépasser la tranchée de Turka qui lui fait face, d’atteindre l’Epine de Malassise et de pousser des reconnaissances si possibles jusqu’à Moislains. Le lendemain, à 12h35, l’attaque se déclenche sous un barrage violent d’artillerie et de mitrailleuses. La 1e et 2e compagnie se portent à quelques mètres de la tranchée de Turka où elles sont arrêtées par des feux de mitrailleuses venant de la cote 131 et de la zone d’attaque du 46e régiment d’infanterie. La 3e et 4e compagnie rejoignent les compagnies d’assaut sur leurs emplacements. A 15h25, elles s’accrochent au terrain désespérément sous un feu intense d’artillerie et de mitrailleuses ennemies qui fauchent les agents de liaison et les hommes dont la tête dépasse des trous d’obus. A 16h, le 46e régiment d’infanterie ne peut progresser. A 18h30, la 2e compagnie est obligée de se replier sur la tranchée de départ ; les 1e, 3e et 4e compagnie tiennent sur la ligne qu’elles ont atteinte. La 5e compagnie et la 2e compagnie de mitrailleuse occupent la tranchée de première ligne. Le 26, le bataillon doit être remplacé par un du 172e régiment d’infanterie mais la relève est impossible. A 6h la situation la 1e, 3e et 4e compagnies sont accrochées devant la tranchée de Turka ; la 2e, 5e, et 2e compagnie de mitrailleuses sont avec deux compagnies du 172e régiment d’infanterie dans le chemin creux allant de la ferme du Bois Labbé à Bouchavesnes. A 13h, toute la ligne est soumise à un violent bombardement. Les avions ennemis survolent à faible hauteur par groupe de 8 et de 10. A 17h, un ordre d’attaque est donné mais elle échoue. Le 27, dans la nuit, la 3e compagnie s’est emparée de la partie Sud de la tranchée de Turka, après avoir repoussé deux attaques à la grenade. Les hommes de cette compagnie progressent à la grenade dans la tranchée. A 9h, tout le secteur occupé par le groupement est violemment bombardé. A 10h, un attaque allemande composée d’importantes vagues d’assaut part de la cote 131 dans la direction de la ferme du Bois Labbé. A 10h30, les vagues d’assaut sont prises à revers, notamment par une mitrailleuse portée hardiment à l’Est de la tranchée de Turka par un caporal du bataillon, dans un trou d’obus, et quelques éléments de la 3e compagnie installée dans le coude de la tranchée de Turka. Les fantassins du 172e régiment d’infanterie et le bataillon, se portent à la rencontre des allemands et font prisonniers la garnison ennemie de la tranchée de Turka (environ 200 hommes) et s’emparent de la tranchée sauf un réduit, installé à la partie Nord de la tranchée où se trouve un nid de mitrailleuses qui résiste toujours. A 11h, l’ordre est de reprendre le réduit et cela est fait vers 19h30. A 20h, les reconnaissances rendent comptent qu’il n’existe pas de tranchée de doublement sur toute la longueur de la première ligne, derrière la tranchée de Turka. Il existe uniquement un talus de chemin aménagé mais non occupé. A 21h, le groupement est relevé par le 19e bataillon de chasseurs. Le 28, le bataillon campe au Moulin de Fargny sur ses anciens emplacements.

Clément part pour le 42e bataillon de Chasseurs à Pied le 30 septembre 1916. Du 7 au 12 octobre, il tient le village de Biaches et ses abords ; la réaction ennemie est très violente, ses attaques se succèdent presque sans interruption, mais toutes sont repoussées. Du 31 octobre au 4 novembre, le bataillon occupe les lignes en arrière de La Maisonnette, qui vient de tomber aux mains de l'ennemi après une très grosse attaque. Cette occupation demande à tous un effort surhumain ; le terrain n'est qu'une nappe de boue, les hommes sont exposés aux vues directes de l'ennemi, qui ne cesse de bombarder avec des obus de gros calibre. L'effort demandé au bataillon est achevé le 4 dans la nuit ; la fatigue est grande et les pertes ont été sévères de la bataille, il est envoyé à l'arrière pour se reconstituer. Du 12 décembre au 5 janvier 1917, le bataillon travaille à l'organisation défensive du secteur d'Hautebraye. Jusqu’au 8 mars, il occupe ce secteur, alternant avec les premières lignes et les positions de réserve. L'artillerie ennemie est très active, de fréquents coups de main sont exécutés de part et d'autre et les pertes sont assez sérieuses. A partir du 10 mars, le bataillon organise le secteur de Touvent. Le 18 mars, il reçoit l'ordre de se porter en première ligne pour l'attaque de Moulin-sous-Touvent ; les deuxième et troisième positions ennemies sont occupées successivement ; malgré les fatigues, la marche en avant est rapidement exécutée et Saint-Aubin est occupé le 20 mars au matin. Le 24 au petit jour, deux compagnies franchissent l'Ailette avec des moyens de fortune et se portent en avant ; l'ennemi lâche pied, Folembray est occupé le 26. Le 27 à 5 heures du matin, l'attaque reprend ; les deux compagnies se portent à l'attaque de la croupe de Verneuil ; l'ennemi fuit devant la ligne de tirailleurs, la poursuite commence. Le 28 mars, le bataillon est relevé en première ligne et Folembray qu'il occupe organise. Jusqu'au 1er mai, il occupe différents centres de résistance et, le 2 mai, il est envoyé en cantonnement de repos à Blérancourt. Le 22 juin, le bataillon est transporté en autos à Braine et relève un régiment d’infanterie sur le Chemin des Dames, au Nord-Est de Braye-en-Laonnois. Les tranchées, bouleversées par le tir de l'artillerie ennemie, sont en très mauvais état ; les défenses accessoires n'existent pour ainsi dire pas. Le 8 juillet, un violent bombardement est fait pendant la nuit, l’ennemi déclenche sur la partie Ouest du secteur une violente attaque. En même temps il essaie d’aborder les tranchées occupées par le bataillon mais les fusiliers, grenadiers et mitrailleurs en poste les arrêtent.

Chemindames1917

Clément est mort le 8 juillet 1917 à Braye en Laonnois, très certainement en défendant la tranchée pendant l’attaque allemande. D'après son acte de décès, il est mort des suites d'une plaie transversale de la poitrine. Sa sépulture reste inconnue

Note : le récit commence à la date de sa mobilisation mais il a très certainement connu le front après sa période d'instruction, en général 7 mois.

Il est cité à l'ordre du régiment : « Tombé mortellement blessé le 8 juillet 1917 en accomplissant son devoir à BRAYE-en-LAONNOIS (Aisne). » 

Il a donc pour ceci, droit à la médaille militaire ainsi qu'à la croix de guerre avec étoile de bronze (exemple ci-dessous)

Medaille militaireCdg 1 etoile bronze

Les déplacements de Clément durant la guerre

Sources

Merci de signaler les liens ne fonctionnant pas

Ajouter un commentaire

 
×