BARBE Frédéric - Lucien

Barbe lucien portrait Frederic lucien barbe

Sur le monument et sur tous les documents officiels il se nomme Frédéric mais sur sa tombe il est écrit Lucien.

Il est né le 5 octobre 1883 à Fleury, fils de BARBE Jean Pierre et de JEANNET Ernestine, il est frère avec BARBE Adrien. Marié le 5 novembre 1907 à Fleury avec MARY Marie. Ils auront une fille ensemble : Simonne Lucienne, née le 24 juillet 1913. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Frédéric est au 146e régiment d'infanterie durant son service militaire mais à partir de 1907, après son service, il passe dans l'armée de réserve et donc dans le 346e régiment d'infanterie.

Il arrive le 2 août 1914 au régiment basé à Toul où il est cantonné à la place forte pour faire soit des corvées soit des exercices car étant réserviste comme beaucoup du régiment il faut réapprendre la vie de soldat. Le 21 août ordre est donné d'empêcher l'ennemi de passer par la montagne St Geneviève et de garder les ponts de la Meurthe jusqu'à début septembre mais il faut repartir sur Toul. Le régiment est cantonné dans les bois proches de Lironville et le 22 une attaque est lancé, les mitrailleuses allemandes qui sont dans d'autres bois répondent par un feu nourri et l'artillerie de 75mm française n'arrive pas à les déloger et le soir toute les premières lignes durement gagnées sont réoccupées. Jusqu’au 31 octobre, ils s'organisent un front défensif dans la région de Lironville car il n'y a que très peu de combat. Dès décembre, de nombreuses attaques sont lancées afin de faire reculer les allemands et un changement de secteur s'effectue afin de se rendre vers Montauville pour une nouvelle offensive. Elle permet de reprendre, après plusieurs jours intenses, la maison forestière du Père Hilarion et la source qui permet un réapprovisionnement en eau et est utilisée par les cuisines roulantes. 

Le régiment reste dans le secteur jusque début février 1915 où un bataillon fait la relève d'une autre unité dans le secteur très agité du Quart-en-Réserve : bombardements, actions de patrouilles et guerre des mines. Fin mars et début avril une attaque est tentée sur la ligne allemande qui comporte de nombreux blockhaus et après deux jours intenses, de lourde perte dû à l'artillerie allemande, le résultat est de quelques mètres gagnés. Pendant près de deux mois, le régiment va occuper les secteurs de Vilcey-sur-Trey et du Mouchoir, organisant et améliorant les positions, harcelant l'ennemi, subissant lui-même de fréquents bombardements, période coupée seulement de très courts repos. Mi-août, le régiment est relevé du Bois-le-Prêtre, pour jouir enfin d'un repos bien gagné et le 19 septembre repart dans ce même bois.

Ce n'est que le 12 juillet 1916, que le régiment est définitivement relevé du Bois-le-Prêtre pour une période d’instruction et d'entrainement afin de se préparer à combattre sur Verdun. Le 18 août, les camions les emmènent sur Verdun et le lendemain, un bataillon occupe le secteur de la Montagne en avant du tunnel de Tavannes, un second dans la zone du Chenois où il faut occuper le "fortin" durement gagné aux allemands et que ces derniers veulent reprendre. Dût à une forte présence d'artillerie dans la zone, le régiment subit de nombreuses pertes et l'infanterie allemande fait de nombreuses contre-attaques afin de reprendre le fortin mais sans succès. Début septembre une attaque est en préparation pour préparer un assaut le mois suivant, elle vise à organiser le terrain pour reprendre le fort de Vaux et le fort de Douaumont mais l'ennemi est plus rapide et attaque en premier. Le régiment ne faiblit pas et arrive à prendre la première et la deuxième tranchée allemande ce qui était l'objectif, la grande attaque est donc maintenue. La deuxième attaque est lancée quelques jours après et c'est un succès, de nombreux allemands sont prisonniers mais le lendemain, la contre-attaque est terrible, ce qui force les français à reculer jusqu'à leur ancien point de départ. Une deuxième contre-attaque force encore le régiment à reculer mais les généraux n'attendent pas l'arrivée des renforts et lance l'attaque qui permet de reprendre les deux lignes perdues, l'objectif est rempli. Fin septembre, le régiment part pour la région de Baccarat, dans un secteur bien plus calme afin de travailler aux organisations défensives jusqu'au mois de mai. 

Relevé le 27 mai 1917 à la forêt de Parroy, le régiment subit pendant plusieurs jours un entraînement intensif afin de retourner dans le secteur de Verdun et le départ se fait le 29 juin pour la cote 304. Le régiment soutient la résistance des régiments attaqués déjà présent sur la cote, repousse de nouvelles attaques ennemies et contribue à reprendre le terrain perdu. Juillet est très pénible par les multiples attaques allemandes qui sont faites par l'artillerie et l'infanterie, cette infanterie est composée des troupes de chocs et des flammenwerfer (lance-flammes) ce qui rend les combats très difficiles mais le régiment ne lâche rien et après une attaque prend plus de terrain que l'objectif initialement prévu. Dès le 3 septembre, sans avoir joui d'un véritable repos, ayant passé les dix derniers jours en déplacements, le régiment occupe, le secteur de Suarce, qui s'étend de la frontière suisse au canal du Rhône au Rhin. Secteur réputé calme, un travail de réorganisation du secteur est entrepris, sans pour autant cesser de veiller et de tenir l'ennemi en haleine par des actions de patrouilles et des coups de main, cela dur jusqu'en mai 1918.

Fin mai, départ pour la Marne, dans la région de Neuilly-Saint-Front dont l'ennemi s'est déjà emparé. Le régiment arrive dans sa tranchée et la défend avec vigueur contre un ennemi qui ne cesse d'attaquer, un bataillon du régiment se fera encercler et ne se laissera fait prisonnier qu'après l'épuisement complet des munitions. Les autres bataillons se replient sur la ligne Chézy-en-Orxois, ce front va être pendant trois jours encore maintenu intact contre des attaques de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes ; dans l'après-midi du 2 juin seulement, cinq attaques successives sont ainsi repoussées par le régiment. Ce n'est que le 5 juin que la position se stabilise et le reste du mois sert à l'organisation du front. Début juillet, le régiment est relevé et part au Sud de Château-Thierry et est placé en réserve derrière la 3e division américaine où il se prépare à exécuter des contre-attaques éventuelles dans le secteur de cette division. Dès le 15 juillet les contres attaques sont lancées avec l'aide de chars de combat, la progression est non négligeable et force les allemands, le 20 juillet, à repasser la Marne puis le 22 ce sont les français qui reprennent d'assaut les villages de Rozay et de Marcilly. Le régiment est enfin relevé le 25 juillet et dispose de trois semaines de repos. Du 26 août au 18 septembre, le régiment est en secteur dans la forêt de Hesse puis laisse la place aux américains pour participer à l'attaque en Champagne qui est déclenchée le 25 septembre. Le régiment est d'abord en réserve et c'est le 3 octobre qu'il est envoyé vers la ferme Médéah, au Nord de Somme-Py. Le 4 octobre, l'artillerie française prépare le terrain, les allemands répliquent avec plusieurs escadrilles d'avions qui mitraillent et jettent des bombes puis par l'artillerie et des obus à gaz, l'attaque française progresse malgré la représailles mais plus lentement que le barrage roulant. Le 5, le combat commence par l'artillerie française et à 11h00 l'infanterie s'élance sur les mitrailleuses épargnées par les obus, un bataillon progresse difficilement et s'arrête après 50 mètres, un autre progresse de 300 mètres. 

Ferme medeah

Frédéric est mort le 5 octobre 1918 d'après le journal de marches et d'opérations très certainement fauché par une mitrailleuse. Il repose à la Nécropole Nationale SOMMEPY-TAHURE, tombe 656, et dispose d'une plaque au cimetière de Fleury.

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Merci à Alain MORISOT pour les photos à la nécropole

Evacué plusieurs fois pendant le conflit : le 11/12/1915 au 19/12/1915 pour blennorragie et le 22/08/1917 au 25/09/1917 blennorragie chronique. Cette maladie est vénérienne, elle est plus connue sous le nom de chaude-pisse.

Il est cité à l'ordre du régiment deux fois :

Ordre du régiment n° 108 15/09/1916 : « Dans la nuit du 28 au 29 août 1916, a porté à plusieurs reprises, des renseignements au lieutenant-colonel (illisible), le régiment ; sous des tirs de barrage d'une extrême violence - s'est fait remarquer par son sang-froid et le réconfort qu'il a apporté à plusieurs combattants ».

Ordre du régiment n°221 du 28/07/1918 : « Dans les combats du 15 au 25 juillet 1918. A fait preuve d'un grand courage et d'un beau dévouement en assurant son service de liaison dans les circonstances les plus difficiles notamment lors du passage d'une rivière ».

Il a reçu pour ces faits une croix de guerre avec deux étoiles de bronze (exemple ci-dessous).

Cdg 2 etoiles bronze

Les déplacements de Frédéric durant la guerre

Sources

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