BISCHOFF Victor

Bischoff victor

Il né le 27 mai 1882 à Paris 12e, fils de BISCHOFF André et ZIPPER Anne Marie. Marié le 29 octobre 1910 à Fontenay-sous-Bois avec TAVERNIER Hélène. Ils auront un fils ensemble : René André, né le 3 septembre 1911 à Paris 4e. Avant la guerre, il travaillait comme fourreur.

Victor est mobilisé le 12 août 1914 dans le 246e régiment d'infanterie . Le régiment est parti de son dépôt, le 10 août 1914, pour la base de concentration à Saint-Mihiel, sous les ordres du lieutenant-colonel Chaulet et comprenait deux bataillons : le 5e et le 6e ; il appartenait à la 110e brigade, 55e division, 5e groupe de divisions de réserve, IIIe Armée. La première mission de la 55e division est de tenir les Hauts-de-Meuse qu'elle occupe. Elle est rappelée à Saint-Mihiel le 14 août en réserve générale. Le 25 août, à 1 heure, le régiment reçoit l'ordre de quitter ses cantonnements de Viéville-en-Haye (Thiaucourt), etc. La 55e division d'infanterie ayant pour mission ce jour-là de couvrir le flanc droit de la 56e division d'infanterie qui sera dans la matinée près de Jeandelize. De 1 heure à 11 heures, le régiment marche sans cesse, la chaleur est accablante. Vers 11 heures, le régiment reçoit l'ordre de continuer sa marche en avant pour participer à l'action engagée sur le front d'Etain. C'est la première bataille à laquelle le régiment va participer. Vers 16 heures, le régiment sort du village de Puxe et s'établit dans la plaine par sections échelonnées. Les obus fusants éclatent, nombreux, tout le monde se couche ; pendant une heure les fusants arrivent, sans arrêt ; mais tous éclatent si haut qu'aucun homme n'est touché. A 18 heures, l'Armée envoie à la 55e division l'ordre de se replier sur Labeuville. Il y a encore 20 kilomètres à parcourir dans la nuit à travers champs, et il marche depuis, le matin... La colonne se replie : des deux côtés de l'infanterie, dans les terres labourées, marche péniblement une colonne d'artillerie, les ambulances, les convois ; les phares de Metz éclairent le ciel dans tous les sens. Il arrive à Labeuville : dans une ferme, où cantonne tout le régiment ; tous arrivent à se placer pour prendre un peu de repos. Une compagnie est désignée pour prendre les avant-postes. Une demi-heure après l'arrivée, le silence règne sur la ferme : dans le lointain, la canonnade fait rage. Tout à coup un cri de sentinelle retentit : « Aux armes ! » En une seconde, tout le monde est debout. Les baïonnettes sont aux fusils, les culasses remuent, les fusils se chargent. Une compagnie renforce les avant-postes. Les commandements retentissent. Ils attendent quelques minutes : rien ne se produit. La sentinelle a vu des ombres : une patrouille ennemie sans doute, mais qui a disparu. Le 30 août, le 246e régiment se met en marche vers Marquivillers pour participer à l'action engagée sur le front Guerbigny-Tilloloy. A 11 h. 30, la 55e division d'infanterie devant se replier dans la direction générale Maignelay - Montgérain, le 246e régiment d’infanterie est maintenu sous Grivillers pour protéger la retraite de deux brigades (les 109e et 110e). A 13 heures, l'ennemi débouche et aussitôt s'engage un violent combat d'artillerie ; une batterie du 13e régiment d'artillerie tire à vue sur une colonne ennemie qui subit de lourdes pertes : l'ennemi est arrêté dans sa marche en avant. Le régiment n'a pas de tués, seulement, quelques blessés, les premiers du régiment. Le 2 septembre, l'armée se replie vers le Sud, la 55e division sur Creil et Chantilly. L'étape est de 50 kilomètres et l'on marche du matin à la nuit. La chaleur accablante rend l'étape particulièrement dure. A 10 heures, l'ordre arrive de passer à tout prix le pont de péniches de Villers (Oise) avant 13 h. 30. A cette heure, le pont sautera et malheur à ceux qui ne seront pas passés, les Allemands ne sont qu'à quelques kilomètres derrière notre colonne. On arrive en vue du pont : le général de Mainbray, commandant la 110e brigade, surveille le mouvement, il passe lui-même et le pont saute, en grand fracas ; il n'y a plus de passage possible, et pourtant, de l'autre côté, se trouvent encore des Français : plusieurs hommes, exténués, n'ont pu continuer la marche et sont à la merci de l'ennemi. A leur droite, Senlis est en feu. Là, se termine la retraite sur Paris à laquelle vient prendre part la 55e division. Le 5 septembre, la 55e division reçoit l'ordre de se porter dans la région de Monthyon. Le 246e régiment d’infanterie est avant-garde de la division avec un groupe du 13e régiment d'artillerie. La colonne est éclairée par un peloton du 32e dragons qui fournit régulièrement des renseignements. A 3 heures, il arrive en vue d'Iverny. Le lieutenant-colonel, commandant le régiment, prescrit à la compagnie Tournié de fouiller le village. A ce moment, on aperçoit sur la crête Nord-Ouest de Monthyon quelques cavaliers allemands, puis une forte colonne d'infanterie et d'artillerie. Les dispositions de combat sont prises rapidement : les batteries du 13e régiment d'artillerie, soumises à un feu violent, se mettent néanmoins en position de tir avec un sang-froid remarquable. Elles subissent de lourdes pertes, mais répondent immédiatement à l'ennemi. Jusqu'à 17 heures, sous une violente fusillade d'un tir d'artillerie ininterrompu, le 246e régiment d’infanterie tient en respect les forces allemandes. Les renforts arrivent, le régiment se porte en avant, charge l'ennemi qui recule et le régiment bivouaque le soir sur les lignes de défense en avant du village d'Iverny. Le régiment a eu, 10 hommes tués, 84 blessés, 10 disparus. Le 6 septembre, le régiment poursuit sa marche en avant. Des reconnaissances rendent compte que l'ennemi a évacué Monthyon pendant la nuit. Il a fui précipitamment, abandonnant matériel, caissons, obus, sans enterrer ses morts qui gisent nombreux parmi les cadavres de chevaux. Le régiment traverse Monthyon et se dirige sur Marcilly et Barcy ; il doit barrer la route à de gros éléments ennemis franchissant la Marne à Varreddes et battant en retraite vers le Nord. On marche depuis deux heures en tirailleurs ; de nombreuses patrouilles sont envoyées en reconnaissance : tout à coup, le contact s'établit avec l'ennemi : les balles sifflent, les mitrailleuses font rage, le combat est engagé et le feu atteint une formidable intensité ; l'ennemi est retranché dans des tranchées profondes à 500 mètres des hommes et le régiment progresse en terrain découvert ; à chaque bond, des hommes tombent, morts ou blessés, mais l'élan n'est pas brisé et l'on avance toujours. La charge sonne et les survivants repartent à l'assaut pour la troisième fois, malgré les mitrailleuses qui tirent sans arrêt. Les sonneries « Au Drapeau ! » « En Avant ! » retentissent, tout le monde repart et ils atteignent les tranchées allemandes que l'ennemi est contraint d'abandonner. Les pertes ont été lourdes : 800 hommes hors de combat et 23 officiers. Le 16 septembre, le régiment reçoit l'ordre de traverser l'Aisne, afin d'aller appuyer une attaque en cours. A la faveur du brouillard, le mouvement s'exécute sans difficulté, mais l'ordre arrive de se replier sur Soissons. A 10 heures, nouvel ordre de se porter en renfort des troupes engagées sur les hauteurs de Cuffies. Le brouillard a disparu, le mouvement est vu de l'ennemi ; le régiment est pris sous le feu de nombreuses batteries allemandes qui causent des pertes importantes ; cependant, le régiment passe, bravant la mitraille, et va occuper les positions qui lui ont été assignées. Du 17 au 18, le régiment contient l'ennemi sur les hauteurs de Soissons, en face de Cuffies et du 29 au 6 octobre, il est en cantonnement à la Montagne-de-Paris et prépare des tranchées de soutien. Le 7, le régiment reçoit l'ordre d'aller occuper les tranchées de Crouy, où il est relevé tous les quatre jours par le 289e régiment d'infanterie jusqu'à la mi-janvier. L'occupation de ces tranchées ne donne lieu à aucun coup de main, mais le régiment s'installe en vue d'une attaque devant avoir lieu vers le courant de janvier 1915. 

Le 12 janvier 1915, à 21 heures, le 5e bataillon reçoit l'ordre d'envoyer ses compagnies disponibles sur le plateau de Crouy, renforcer un régiment qui va attaquer les positions allemandes. La 20e compagnie reçoit l'ordre de partir la première. Arrivée à hauteur du cimetière de Crouy, les mitrailleuses allemandes tiennent la compagnie sous leur feu. Et cependant, il faut passer mais la compagnie perd une partie de ses officiers. Une section perd la moitié de son effectif. Il n'y a pas possibilité de passer ; la compagnie prend un autre chemin exposé, celui-là, aux obus : la compagnie perd la moitié de son effectif, mais parvient aux emplacements qu'elle doit occuper. La 19e compagnie arrive dans la nuit et coopère avec le 289e régiment d'infanterie à l'attaque des tranchées de la Dent de Crouy ; elle donne brillamment l'assaut à une tranchée allemande et s'y maintient jusqu'au 14 au matin. Elle subit de très fortes pertes, mais garde la position. A 4 h. 30, le régiment reçoit l'ordre de se replier et vient cantonner à Droizy, où il reste jusqu'au 8 février. Ce jour-là, à 17 heures, il quitte ses cantonnements et vient relever le 42e régiment d'infanterie dans les tranchées de Saint-Naul-Wauxerot au Nord de Soissons, rive droite de l'Aisne. A partir de ce jour, le régiment garde les tranchées et, tous les huit jours, est relevé par le 282e régiment d’infanterie jusqu'au 25 février. Le 23, au cours de la nuit, une patrouille de la compagnie doit exécuter une reconnaissance de terrain et enlever une sentinelle dont l'emplacement entre les lignes est connu. La patrouille parvient à proximité de la sentinelle qui crie : « WerDa? » tire et s'enfuit. La fusillade se déclenche des lignes ennemies, la patrouille rentre dans ses tranchées ; on s'aperçoit alors de la disparition du soldat Charpentier qu'il faut aller chercher, mais l'ennemi est vigilant et au moindre mouvement déclenche des tirs importants, le lendemain le soldat Latreille s'offre à aller chercher le corps de son camarade ; à midi, il s'approche à 50 mètres des lignes ennemies et rapporte le cadavre de Charpentier. Pour cette belle action, le soldat Latreille est cité à l'ordre de la division dans les termes suivants : « Après avoir été en plein jour, à quelques pas des sentinelles ennemies, reconnaître l'emplacement où était tombé un de ses camarades mortellement blessé, au cours d'une patrouille faite la nuit précédente, est retourné chercher son cadavre et l'a rapporté sur son dos, donnant à sa compagnie un modèle de sang-froid et de mépris du danger. » Le 26, le régiment est relevé et vient en cantonnement à Montgobert et Puiseux, où il reste jusqu'au 24 mars. Du 25 mars au 16 avril, cantonnement à Droizy et Muret, et Crouttes. Pendant cette période de repos, le régiment prend part à des exercices de remise en main et des évolutions. Le 17, il part occuper les tranchées de Sermoise, devant Missy-sur-Aisne, où il reste jusqu'au 29 avril, jour où il est relevé par une division territoriale. Le 29 avril, le régiment se met en route et vient cantonner à Oulchy-le-Château et à Crouttes, d'où il part le 9 mai, pour venir s'embarquer à Vierzy, à destination de l'Artois. Le régiment débarque à Doullens, le 10, dans la matinée, et est immédiatement transporté en automobile dans divers cantonnements près du front. Du 13 au 22 mai, il occupe différents emplacements au Nord de Carency (bois 125, Ablain-Saint-Nazaire). Le 22 mai, en Artois, le régiment est mis à la disposition de la 139e brigade. Dans la soirée, le commandant du 6e bataillon est avisé qu'une attaque sera faite le 23 entre le cimetière d'Ablain-Saint-Nazaire et le blockhaus du bois de Carency et que le bataillon y participera. Au cours de la nuit, des parallèles de départ sont créées pour porter les éléments d'attaque à 200 mètres des lignes ennemies. Ledit jour, la préparation d'artillerie commence à 12 h. 45 et dure deux heures. A 14 h. 45, dans un élan, les 21e compagnie et 23e compagnie sortent de leurs tranchées ; malheureusement, les tranchées allemandes n'ont pas été détruites et, dès le début de l'attaque, la fusillade ennemie éclate, le barrage d'artillerie est déclenché ; les rafales de mitrailleuses sont terribles et l'attaque est arrêtée sur place ; les hommes restent entre les lignes et ne pourront rentrer dans les tranchées françaises qu'à la nuit. Pour chaque homme qui bouge, c'est la mort certaine. Des Allemands tuent à bout portant tous les hommes qu'ils voient, A la nuit, les hommes valides rentrent, les blessés sont transportés. Les brancardiers allemands sortent de leurs tranchées et emmènent les blessés français les plus proches de leurs lignes. 

Victor rejoint, le 24 mai, le 282e régiment d'infanterie qui est en réserve à la Maison Forestière. Dans la journée du 26, le régiment relève des éléments de deux autres régiments, dans la région au Sud de Notre-Dame-de-Lorette. Il consolide la position sous un bombardement violent. Une reconnaissance, envoyée le 28 à 20 heures, est accueillie par une vive fusillade. Une compagnie construit des tranchées de départ le long des haies qui se trouvent sur les pentes Sud-Est de Notre-Dame-de-Lorette. Le 29, le village d'Ablain-Saint-Nazaire est enlevé. Le 30, deux compagnies attaquent l'emplacement de la sucrerie de Souchez. La préparation d'artillerie n'ayant produit aucun effet sur les défenses accessoires, elles ne peuvent progresser que de quelques mètres. Elles s'accrochent au terrain et construisent dans la nuit une parallèle bientôt réunie à la tranchée de départ. Le 1er juin, deux compagnies appuyées d’un bataillon d’un autre régiment tentent une attaque mais à cause d’un manque de préparation ne peut déboucher. A partir du 2, les compagnies sont relevées petit à petit et la période de repos dure jusqu'au 15 juin, date à laquelle le régiment se rend à Grand-Servins, puis au bivouac sur la chaussée Brunehaut. Le 18, le régiment vient occuper, le sous-secteur Nord, depuis le château de Carleul jusqu'au cimetière de Souchez. La première ligne occupe la route de Béthune. Dès le 19 au soir, une compagnie tente une attaque sur l'îlot de maisons au Sud de Souchez et sur le boyau de Bavière ; accueillie par une violente fusillade, elle gagne cependant quelque terrain et fait 3 prisonniers. Le 21 juin, l'attaque est reprise. A 14 heures, sans préparation d'artillerie, deux compagnies tentent de sortir ; elles sont arrêtées par un feu des plus violents. Dans la nuit, elles sont relevées par deux autres compagnies. Dans la nuit du 22, une compagnie parvient à s'emparer d'un élément de tranchée au Nord du boyau de Bavière et à 23 h.30, une contre-attaque allemande est repoussée. Le régiment est relevé le 28 juin dans la et va cantonner à Béthonsart. En raison du bombardement violent, une des compagnies ne peut être relevée que deux jours plus tard. Le 5 juillet, le régiment remonte en ligne pour quatre jours. Il occupe le même secteur jusqu'au 23 septembre, par périodes de quatre ou cinq jours, alternant avec des périodes de repos de huit jours à Mingoval ou Béthonsart.

Mongival

Victor est mort des suites de blessure à l'Hôpital auxiliaire de la Croix-Rouge de Lorient (56). Il est enterré au carré militaire du cimetière de Lorient.

Bischoff victor 1

Merci à GUYADER Jacqueline pour la photo.

Victor reçu à titre posthume la médaille militaire : « Bon soldat courageux et dévoué, qui s'est fait remarquer par sa belle conduite au feu. Mort courageusement pour la France le 1er juillet 1915. »

Il a donc pour ceci, droit à la médaille militaire ainsi qu'à la croix de guerre avec étoile de bronze (exemple ci-dessous)

Medaille militaire Cdg 1 etoile bronze

Les déplacements de Victor durant la guerre

Sources

Merci de signaler les liens ne fonctionnant pas

Commentaires (1)

Guyader Jacqueline
  • 1. Guyader Jacqueline | 28/09/2017
Toutes mes félicitations pour ce beau travail titanesque !
Très cordialement,
Jacqueline

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