Les Poilus du livre d'or

BISCHOFF Victor

Bischoff victor

Il né le 27 mai 1882 à Paris 12e, fils de BISCHOFF André et ZIPPER Anne Marie. Marié le 29 octobre 1910 à Fontenay-sous-Bois avec TAVERNIER Hélène. Ils auront un fils ensemble : René André, né le 3 septembre 1911 à Paris 4e. Avant la guerre, il travaillait comme fourreur.

Victor est mobilisé le 12 août 1914 dans le 246e régiment d'infanterie . Le régiment est parti de son dépôt, le 10 août 1914, pour la base de concentration à Saint-Mihiel, sous les ordres du lieutenant-colonel Chaulet et comprenait deux bataillons : le 5e et le 6e ; il appartenait à la 110e brigade, 55e division, 5e groupe de divisions de réserve, IIIe Armée. La première mission de la 55e division est de tenir les Hauts-de-Meuse qu'elle occupe. Elle est rappelée à Saint-Mihiel le 14 août en réserve générale. Le 25 août, à 1 heure, le régiment reçoit l'ordre de quitter ses cantonnements de Viéville-en-Haye (Thiaucourt), etc. La 55e division d'infanterie ayant pour mission ce jour-là de couvrir le flanc droit de la 56e division d'infanterie qui sera dans la matinée près de Jeandelize. De 1 heure à 11 heures, le régiment marche sans cesse, la chaleur est accablante. Vers 11 heures, le régiment reçoit l'ordre de continuer sa marche en avant pour participer à l'action engagée sur le front d'Etain. C'est la première bataille à laquelle le régiment va participer. Vers 16 heures, le régiment sort du village de Puxe et s'établit dans la plaine par sections échelonnées. Les obus fusants éclatent, nombreux, tout le monde se couche ; pendant une heure les fusants arrivent, sans arrêt ; mais tous éclatent si haut qu'aucun homme n'est touché. A 18 heures, l'Armée envoie à la 55e division l'ordre de se replier sur Labeuville. Il y a encore 20 kilomètres à parcourir dans la nuit à travers champs, et il marche depuis, le matin... La colonne se replie : des deux côtés de l'infanterie, dans les terres labourées, marche péniblement une colonne d'artillerie, les ambulances, les convois ; les phares de Metz éclairent le ciel dans tous les sens. Il arrive à Labeuville : dans une ferme, où cantonne tout le régiment ; tous arrivent à se placer pour prendre un peu de repos. Une compagnie est désignée pour prendre les avant-postes. Une demi-heure après l'arrivée, le silence règne sur la ferme : dans le lointain, la canonnade fait rage. Tout à coup un cri de sentinelle retentit : « Aux armes ! » En une seconde, tout le monde est debout. Les baïonnettes sont aux fusils, les culasses remuent, les fusils se chargent. Une compagnie renforce les avant-postes. Les commandements retentissent. Ils attendent quelques minutes : rien ne se produit. La sentinelle a vu des ombres : une patrouille ennemie sans doute, mais qui a disparu. Le 30 août, le 246e régiment se met en marche vers Marquivillers pour participer à l'action engagée sur le front Guerbigny-Tilloloy. A 11 h. 30, la 55e division d'infanterie devant se replier dans la direction générale Maignelay - Montgérain, le 246e régiment d’infanterie est maintenu sous Grivillers pour protéger la retraite de deux brigades (les 109e et 110e). A 13 heures, l'ennemi débouche et aussitôt s'engage un violent combat d'artillerie ; une batterie du 13e régiment d'artillerie tire à vue sur une colonne ennemie qui subit de lourdes pertes : l'ennemi est arrêté dans sa marche en avant. Le régiment n'a pas de tués, seulement, quelques blessés, les premiers du régiment. Le 2 septembre, l'armée se replie vers le Sud, la 55e division sur Creil et Chantilly. L'étape est de 50 kilomètres et l'on marche du matin à la nuit. La chaleur accablante rend l'étape particulièrement dure. A 10 heures, l'ordre arrive de passer à tout prix le pont de péniches de Villers (Oise) avant 13 h. 30. A cette heure, le pont sautera et malheur à ceux qui ne seront pas passés, les Allemands ne sont qu'à quelques kilomètres derrière notre colonne. On arrive en vue du pont : le général de Mainbray, commandant la 110e brigade, surveille le mouvement, il passe lui-même et le pont saute, en grand fracas ; il n'y a plus de passage possible, et pourtant, de l'autre côté, se trouvent encore des Français : plusieurs hommes, exténués, n'ont pu continuer la marche et sont à la merci de l'ennemi. A leur droite, Senlis est en feu. Là, se termine la retraite sur Paris à laquelle vient prendre part la 55e division. Le 5 septembre, la 55e division reçoit l'ordre de se porter dans la région de Monthyon. Le 246e régiment d’infanterie est avant-garde de la division avec un groupe du 13e régiment d'artillerie. La colonne est éclairée par un peloton du 32e dragons qui fournit régulièrement des renseignements. A 3 heures, il arrive en vue d'Iverny. Le lieutenant-colonel, commandant le régiment, prescrit à la compagnie Tournié de fouiller le village. A ce moment, on aperçoit sur la crête Nord-Ouest de Monthyon quelques cavaliers allemands, puis une forte colonne d'infanterie et d'artillerie. Les dispositions de combat sont prises rapidement : les batteries du 13e régiment d'artillerie, soumises à un feu violent, se mettent néanmoins en position de tir avec un sang-froid remarquable. Elles subissent de lourdes pertes, mais répondent immédiatement à l'ennemi. Jusqu'à 17 heures, sous une violente fusillade d'un tir d'artillerie ininterrompu, le 246e régiment d’infanterie tient en respect les forces allemandes. Les renforts arrivent, le régiment se porte en avant, charge l'ennemi qui recule et le régiment bivouaque le soir sur les lignes de défense en avant du village d'Iverny. Le régiment a eu, 10 hommes tués, 84 blessés, 10 disparus. Le 6 septembre, le régiment poursuit sa marche en avant. Des reconnaissances rendent compte que l'ennemi a évacué Monthyon pendant la nuit. Il a fui précipitamment, abandonnant matériel, caissons, obus, sans enterrer ses morts qui gisent nombreux parmi les cadavres de chevaux. Le régiment traverse Monthyon et se dirige sur Marcilly et Barcy ; il doit barrer la route à de gros éléments ennemis franchissant la Marne à Varreddes et battant en retraite vers le Nord. On marche depuis deux heures en tirailleurs ; de nombreuses patrouilles sont envoyées en reconnaissance : tout à coup, le contact s'établit avec l'ennemi : les balles sifflent, les mitrailleuses font rage, le combat est engagé et le feu atteint une formidable intensité ; l'ennemi est retranché dans des tranchées profondes à 500 mètres des hommes et le régiment progresse en terrain découvert ; à chaque bond, des hommes tombent, morts ou blessés, mais l'élan n'est pas brisé et l'on avance toujours. La charge sonne et les survivants repartent à l'assaut pour la troisième fois, malgré les mitrailleuses qui tirent sans arrêt. Les sonneries « Au Drapeau ! » « En Avant ! » retentissent, tout le monde repart et ils atteignent les tranchées allemandes que l'ennemi est contraint d'abandonner. Les pertes ont été lourdes : 800 hommes hors de combat et 23 officiers. Le 16 septembre, le régiment reçoit l'ordre de traverser l'Aisne, afin d'aller appuyer une attaque en cours. A la faveur du brouillard, le mouvement s'exécute sans difficulté, mais l'ordre arrive de se replier sur Soissons. A 10 heures, nouvel ordre de se porter en renfort des troupes engagées sur les hauteurs de Cuffies. Le brouillard a disparu, le mouvement est vu de l'ennemi ; le régiment est pris sous le feu de nombreuses batteries allemandes qui causent des pertes importantes ; cependant, le régiment passe, bravant la mitraille, et va occuper les positions qui lui ont été assignées. Du 17 au 18, le régiment contient l'ennemi sur les hauteurs de Soissons, en face de Cuffies et du 29 au 6 octobre, il est en cantonnement à la Montagne-de-Paris et prépare des tranchées de soutien. Le 7, le régiment reçoit l'ordre d'aller occuper les tranchées de Crouy, où il est relevé tous les quatre jours par le 289e régiment d'infanterie jusqu'à la mi-janvier. L'occupation de ces tranchées ne donne lieu à aucun coup de main, mais le régiment s'installe en vue d'une attaque devant avoir lieu vers le courant de janvier 1915. 

Le 12 janvier 1915, à 21 heures, le 5e bataillon reçoit l'ordre d'envoyer ses compagnies disponibles sur le plateau de Crouy, renforcer un régiment qui va attaquer les positions allemandes. La 20e compagnie reçoit l'ordre de partir la première. Arrivée à hauteur du cimetière de Crouy, les mitrailleuses allemandes tiennent la compagnie sous leur feu. Et cependant, il faut passer mais la compagnie perd une partie de ses officiers. Une section perd la moitié de son effectif. Il n'y a pas possibilité de passer ; la compagnie prend un autre chemin exposé, celui-là, aux obus : la compagnie perd la moitié de son effectif, mais parvient aux emplacements qu'elle doit occuper. La 19e compagnie arrive dans la nuit et coopère avec le 289e régiment d'infanterie à l'attaque des tranchées de la Dent de Crouy ; elle donne brillamment l'assaut à une tranchée allemande et s'y maintient jusqu'au 14 au matin. Elle subit de très fortes pertes, mais garde la position. A 4 h. 30, le régiment reçoit l'ordre de se replier et vient cantonner à Droizy, où il reste jusqu'au 8 février. Ce jour-là, à 17 heures, il quitte ses cantonnements et vient relever le 42e régiment d'infanterie dans les tranchées de Saint-Naul-Wauxerot au Nord de Soissons, rive droite de l'Aisne. A partir de ce jour, le régiment garde les tranchées et, tous les huit jours, est relevé par le 282e régiment d’infanterie jusqu'au 25 février. Le 23, au cours de la nuit, une patrouille de la compagnie doit exécuter une reconnaissance de terrain et enlever une sentinelle dont l'emplacement entre les lignes est connu. La patrouille parvient à proximité de la sentinelle qui crie : « WerDa? » tire et s'enfuit. La fusillade se déclenche des lignes ennemies, la patrouille rentre dans ses tranchées ; on s'aperçoit alors de la disparition du soldat Charpentier qu'il faut aller chercher, mais l'ennemi est vigilant et au moindre mouvement déclenche des tirs importants, le lendemain le soldat Latreille s'offre à aller chercher le corps de son camarade ; à midi, il s'approche à 50 mètres des lignes ennemies et rapporte le cadavre de Charpentier. Pour cette belle action, le soldat Latreille est cité à l'ordre de la division dans les termes suivants : « Après avoir été en plein jour, à quelques pas des sentinelles ennemies, reconnaître l'emplacement où était tombé un de ses camarades mortellement blessé, au cours d'une patrouille faite la nuit précédente, est retourné chercher son cadavre et l'a rapporté sur son dos, donnant à sa compagnie un modèle de sang-froid et de mépris du danger. » Le 26, le régiment est relevé et vient en cantonnement à Montgobert et Puiseux, où il reste jusqu'au 24 mars. Du 25 mars au 16 avril, cantonnement à Droizy et Muret, et Crouttes. Pendant cette période de repos, le régiment prend part à des exercices de remise en main et des évolutions. Le 17, il part occuper les tranchées de Sermoise, devant Missy-sur-Aisne, où il reste jusqu'au 29 avril, jour où il est relevé par une division territoriale. Le 29 avril, le régiment se met en route et vient cantonner à Oulchy-le-Château et à Crouttes, d'où il part le 9 mai, pour venir s'embarquer à Vierzy, à destination de l'Artois. Le régiment débarque à Doullens, le 10, dans la matinée, et est immédiatement transporté en automobile dans divers cantonnements près du front. Du 13 au 22 mai, il occupe différents emplacements au Nord de Carency (bois 125, Ablain-Saint-Nazaire). Le 22 mai, en Artois, le régiment est mis à la disposition de la 139e brigade. Dans la soirée, le commandant du 6e bataillon est avisé qu'une attaque sera faite le 23 entre le cimetière d'Ablain-Saint-Nazaire et le blockhaus du bois de Carency et que le bataillon y participera. Au cours de la nuit, des parallèles de départ sont créées pour porter les éléments d'attaque à 200 mètres des lignes ennemies. Ledit jour, la préparation d'artillerie commence à 12 h. 45 et dure deux heures. A 14 h. 45, dans un élan, les 21e compagnie et 23e compagnie sortent de leurs tranchées ; malheureusement, les tranchées allemandes n'ont pas été détruites et, dès le début de l'attaque, la fusillade ennemie éclate, le barrage d'artillerie est déclenché ; les rafales de mitrailleuses sont terribles et l'attaque est arrêtée sur place ; les hommes restent entre les lignes et ne pourront rentrer dans les tranchées françaises qu'à la nuit. Pour chaque homme qui bouge, c'est la mort certaine. Des Allemands tuent à bout portant tous les hommes qu'ils voient, A la nuit, les hommes valides rentrent, les blessés sont transportés. Les brancardiers allemands sortent de leurs tranchées et emmènent les blessés français les plus proches de leurs lignes. 

Victor rejoint, le 24 mai, le 282e régiment d'infanterie qui est en réserve à la Maison Forestière. Dans la journée du 26, le régiment relève des éléments de deux autres régiments, dans la région au Sud de Notre-Dame-de-Lorette. Il consolide la position sous un bombardement violent. Une reconnaissance, envoyée le 28 à 20 heures, est accueillie par une vive fusillade. Une compagnie construit des tranchées de départ le long des haies qui se trouvent sur les pentes Sud-Est de Notre-Dame-de-Lorette. Le 29, le village d'Ablain-Saint-Nazaire est enlevé. Le 30, deux compagnies attaquent l'emplacement de la sucrerie de Souchez. La préparation d'artillerie n'ayant produit aucun effet sur les défenses accessoires, elles ne peuvent progresser que de quelques mètres. Elles s'accrochent au terrain et construisent dans la nuit une parallèle bientôt réunie à la tranchée de départ. Le 1er juin, deux compagnies appuyées d’un bataillon d’un autre régiment tentent une attaque mais à cause d’un manque de préparation ne peut déboucher. A partir du 2, les compagnies sont relevées petit à petit et la période de repos dure jusqu'au 15 juin, date à laquelle le régiment se rend à Grand-Servins, puis au bivouac sur la chaussée Brunehaut. Le 18, le régiment vient occuper, le sous-secteur Nord, depuis le château de Carleul jusqu'au cimetière de Souchez. La première ligne occupe la route de Béthune. Dès le 19 au soir, une compagnie tente une attaque sur l'îlot de maisons au Sud de Souchez et sur le boyau de Bavière ; accueillie par une violente fusillade, elle gagne cependant quelque terrain et fait 3 prisonniers. Le 21 juin, l'attaque est reprise. A 14 heures, sans préparation d'artillerie, deux compagnies tentent de sortir ; elles sont arrêtées par un feu des plus violents. Dans la nuit, elles sont relevées par deux autres compagnies. Dans la nuit du 22, une compagnie parvient à s'emparer d'un élément de tranchée au Nord du boyau de Bavière et à 23 h.30, une contre-attaque allemande est repoussée. Le régiment est relevé le 28 juin dans la et va cantonner à Béthonsart. En raison du bombardement violent, une des compagnies ne peut être relevée que deux jours plus tard. Le 5 juillet, le régiment remonte en ligne pour quatre jours. Il occupe le même secteur jusqu'au 23 septembre, par périodes de quatre ou cinq jours, alternant avec des périodes de repos de huit jours à Mingoval ou Béthonsart.

Mongival

Victor est mort des suites de blessure à l'Hôpital auxiliaire de la Croix-Rouge de Lorient (56). Il est enterré au carré militaire du cimetière de Lorient.

Bischoff victor 1

Merci à GUYADER Jacqueline pour la photo.

Victor reçu à titre posthume la médaille militaire : « Bon soldat courageux et dévoué, qui s'est fait remarquer par sa belle conduite au feu. Mort courageusement pour la France le 1er juillet 1915. »

Il a donc pour ceci, droit à la médaille militaire ainsi qu'à la croix de guerre avec étoile de bronze (exemple ci-dessous)

Medaille militaire Cdg 1 etoile bronze

Lire la suite

MARY Georges

Mary georges

Il né le 28 mars 1896 à Fleury, fils de MARY Jules Anthanase et RICHARD Berthe et frère de MARY Artésien. Marié le 21 janvier 1922 à Fleury avec PECHON Madeleine Léonie. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Georges est appelé à l’activité le 12 avril 1915 mais est réformé temporairement (1ère catégorie) par la commission spéciale de Fontainebleau du 8 avril 1916 pour « bronchite persistante ». Le 10 juillet 1915, suite à une nouvelle commission il est maintenu réformé temporairement (1ère catégorie). Classé service armé, inapte deux mois, par la commission de réforme d’Auxerre, séance du 12 mars 1917. Classé service auxiliaire, service de garde, par la commission de réforme de Fontainebleau du 20 juin 1917, pour « Emphysème et bronchite chronique, aucune amélioration au bout d’une inaptitude de deux mois ».

Dirigé sur le 138e régiment d’infanterie territoriale le 12 septembre 1917. Puis le 23 dans la 9e section d'infirmier militaire.

Il sera donc au front vers le 23 septembre jusqu'à l'armistice. Ces sections ne disposent ni d'historique ni de journal de marches et d’opérations, il est donc difficile voire impossible de savoir ce qu'il a réellement vécu. D'après sa fiche matricule, il est aux armées et à l'intérieur d'après le tableau suivant :

2345

Pour aider à comprendre la différence, le schéma de la chaîne d'évacuation des blessés réalisé par CRDP de l’académie d’Amiens

Schema

Réforme définitive, proposé pour pension permanant 100% article 7. « Bacille pulmonaire en évolution active, infiltration bilatérale prédominante au sommet gauche, râle et craquement. Etat général passable. Commission de réforme d’Orléans du 20 décembre 1922. »

Fleury 1

Georges est décédé le 31 janvier 1923 à Fleury. La maladie dont il souffrait était la tuberculose pulmonaire. Les symptômes sont les suivant : baisse de l’état général, asthénie (fatigue), amaigrissement, sueurs nocturnes, toux plus ou moins grasse associée à des crachats contenant quelque fois du sang, essoufflement même avec un effort minime, peut aller jusqu’à la détresse respiratoire…  Il est enterré au cimetière de Fleury.

Bien d'autres poilus sont morts des suites de la guerre, souvent des suites des gaz et de blessures. Ils ne sont malheureusement non morts pour la France et ne sont pas présent dans les livres d'or ou les monuments aux morts. Ne les oublions pas car ils ont donné leur vie pour la France et ont souvent beaucoup souffert.

Lire la suite

LEGER Paulin

Leger paulin

Il né le 11 avril 1892 à Cudot (89), fils de LEGER Eugène et BRIRA Célestine. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme cultivateur.

Paulin arrive le 23 juin 1915 au 4e régiment de zouaves qui se trouve sur le front d’Ypres. Il est en train de réaliser des travaux d’organisation, des boyaux qui permettront d'aller en sécurité de Nieuport au Polder et au Mamelon-Vert. Le parapet si précaire du début n'est plus utilisé que comme parallèle de surveillance. Les parallèles principales et de doublement sont terminées au mois de juin ; les parallèles de soutien apparaissent fin juillet. Le redan de Nieuport est aménagé en place d'armes pour un bataillon. A l'arrière, les Zouaves ne sont pas moins actifs qu'à l'avant. Avec l'aide du Génie divisionnaire, ils transforment le camp de Mitry, le rendent habitable, construisent le camp Rinck, élèvent des écuries, installent des lavoirs, un théâtre complet a même surgi en un clin d'œil entre deux dunes. Partout, d'Oost-Dunkerque à Coxyde, ce coin de la côte belge montre des traces de leur activité. Au début d'août, le 8e Tirailleurs vient remplacer le 1e Zouaves qui quitte le groupement de Nieuport. Les Tirailleurs sont d'abord amalgamés aux hommes du 4e Zouaves, des sections mixtes sont formées. Au début de septembre, les Algériens étant suffisamment au courant du régime des tranchées, chaque régiment reprend son autonomie ; le 8e Tirailleurs garde le Polder et le Mamelon-Vert, le 4e Zouaves, passant à sa gauche vers la mer, occupe les Dunes et Nieuport-Bains. Le régiment trouve là un secteur dont l'organisation était déjà fort avancée ; les hommes goûtèrent surtout les abris enfoncés dans le flanc des mamelons de sable et qui leur paraissaient formidables, indestructibles auprès de leurs modestes cabanes de madriers et de sacs à terre de Lombaertzyde. Désormais les torpilles pouvaient tomber, ils s'en moquaient et ils ne ménagèrent pas les louanges à l'adresse de leurs prédécesseurs du 1e, qui, eux, n'avaient pas ménagé leur peine et leurs efforts pour laisser use position digne de leur régiment. Cette période de Nieuport-Bains fut une période de travail intense ; chacun avait à cœur de parachever un travail si bien commencé et qui permettait de subir sans pertes les plus forts bombardements ; l'expérience devait le prouver par la suite. Nieuport-Bains fut organisé en point d'appui. Deux petits ouvrages, la Maison du Marin et Beacon le protégeaient dans la direction de l'ennemi. Deux grands boyaux couverts, éclairés à l'électricité furent construits de part et d'autre de la rue principale ; ils permettaient d'aller sans être vu de l'embranchement de la route Groenendijk jusqu'au canal de l'Yser, le boyau bordant la plage pouvait en plus être employé comme tranchée de tir. Toutes les caves des villas furent réunies par un boyau central reliant entre eux les différents abris et postes de commandement. Ces travaux n'exigèrent pas moins de quatre mois d'efforts soutenus ; tous les bataillons et l'équipe de pionniers y participèrent ; ils furent dirigés par le Commandant Lagarde et par son adjoint, le Capitaine Reynes. Le premier s'occupait plus spécialement des premières lignes et des défenses du canal de l'Yser ; le second, du travail à l'intérieur de Nieuport. Tous ces travaux, qui coûtaient tant de peine, permettaient de supporter avec des pertes réduites les bombardements de plus en plus violents des allemands. Le secteur fut équipé pour répondre à ces bombardements ; des lance-bombes de 58, de 150 et de 240 furent amenés, montés dans les Dunes ; ils étaient servis moitié par des Zouaves et moitié par des artilleurs, qui rivalisaient d'entrain pour frapper et démolir les tranchées ennemies. Des journées entières se passaient dans le calme le plus absolu, puis brusquement, des tranchées adverses partaient les gros cylindres noirs lancés par des minens allemands. Pendant une heure, c'était un bombardement effroyable, indescriptible. Partout en l'air tourbillonnaient les torpilles et les bombes à ailettes. Puis brusquement tout rentrait dans le calme, chacun remontait son parapet éboulé, remettait ses abris en état, accumulait de nouvelles munitions, et quelques jours s'étant écoulés, un nouveau bombardement était déclenché, tantôt par les français, tantôt par les allemands. Les Zouaves appelaient ces journées agitées, des journées de « bamboula », et les grandes bamboulas dont on se souvient encore au régiment eurent lieu les 7 et 15 octobre, le 10 novembre, le 27 décembre, les 1er et 21 janvier 1916.

Le bombardement du 21 janvier fut effectué par le régiment. A peine était-il déclenché que les allemands répondirent avec fureur et avec une violence inaccoutumée, si bien qu'il fut impossible aux bombardiers de tirer tous les projectiles prévus. La nuit fut calme cependant, mais le 22, dès l'aube, les allemands commencèrent à battre les boyaux et points de passage avec des pièces de campagne. Le 23, l'artillerie allemande fut plus active encore. Il était de toute évidence qu'elle réglait son tir ; aussi personne ne fut très surpris quand le 24 à 10 h. 40 le « Trommerfeuer » se déclencha. Tout le monde s'y était préparé depuis deux jours. Il surprit cependant et par sa violence et par la proportion de gros projectiles qui s'abattaient sur les tranchées françaises. Jamais le régiment n'avait vu chose semblable et de fait, les pilonnages les plus forts de 304 et de Vaux-Chapitre qu'il eut à subir par la suite ne dépassèrent point en intensité ce bombardement précurseur des méthodes violentes que les Allemands allaient employer à Verdun. A 13 h. 30 il y eut un brusque arrêt, un silence impressionnant succéda au vacarme ; personne cependant ne se laissa prendre au piège et à part quelques guetteurs, tout le monde resta dans les abris. A 13 h. 40, le tir de l'artillerie allemande reprit, il était accompagné cette fois d'un tir de minens tel que nul ne se souvenait en avoir vu de semblable. Partout les torpilles tournoyaient, et la fumée était si épaisse que les hommes avaient la sensation d'être perdus, séparés irrémédiablement les uns des autres dans cet enfer où cependant il fallait rester. Les segments les plus battus étaient ceux de la Plage de la Grande Dune et du Polder, et c'est sur ceux-là que les allemands, vers 16 h. 30, lancèrent leur attaque. Attaque bien timide à la vérité, car à part une dizaine d'hommes qui sortirent devant la Grande Dune et une quarantaine qui purent arriver jusqu'à la tranchée du Polder, personne ne bougea dans les tranchées allemandes ; notre tir de barrage clouait les assaillants sur place. Ceux du Polder furent facilement repoussés après une courte lutte, par une contre-attaque de la 15e Compagnie. Le terrain laissé à la garde des Zouaves restait inviolé. Si les pertes du régiment furent sensibles, celles des Allemands furent plus sérieuses encore. Ils auront ce jour-là, plus de 900 hommes hors de combat. Les tranchées françaises étaient complètement pulvérisées, les boyaux n'existaient plus, il fallut les refaire, remonter les parapets, replacer les défenses accessoires. Les allemands qui avaient à panser des blessures autrement sérieuses, laissèrent travailler le régiment en toute liberté. A la fin de février fut commencée la construction d'un nouveau camp à proximité de Coxyde-Bains ; il fut appelé le camp Bador, pour honorer la mémoire d'un Zouave du 11e Bataillon tombé glorieusement dans les journées précédentes. Le nouveau camp fut construit avec le plus de confort possible, les baraques de la troupe comprenaient à une extrémité une salle de lecture, à l'autre extrémité une chambre pour les sergents. Au milieu du camp une salle de spectacle, décorée et ornée par les Zouaves, pouvait contenir plus de 800 personnes. La troupe théâtrale du régiment y donna de nombreuses représentations. Cette troupe était connue de toute la garnison de Coxyde. Ses musiciens et ses chanteurs donnaient tous les après-midi un concert au mess des officiers. Les comédiens montèrent et jouèrent une revue qui eut le plus franc succès et qui, avec d'autres pièces, tristes ou gaies, aidèrent tout le monde à passer les longs mois d'hiver sans trop subir les atteintes du « cafard ». Le 15 mars, le calme qui de nouveau était revenu dans le secteur fut troublé par un coup de main de notre part. Quarante grenadiers, sous la conduite des Sous-Lieutenants Beaudoin et De Ghost, réussirent à pénétrer avec une rare témérité jusqu'à la troisième tranchée allemande qui fut trouvée évacuée. En avril, un second coup de main exécuté par le Sous-Lieutenant Papillon eut le même résultat. Ces actions continuelles, ces bombardements incessants exerçaient lentement leur influence sur le régiment, le confirmaient presque à son insu dans sa propre valeur. Comme un outil que l'on forge, il avait été façonné aux rouges lueurs des obus, dans le fracas des torpilles, au froissement des baïonnettes, au sifflement des balles. Le 20 avril, le régiment quitte la Belgique, les Dunes, Nieuport-Bains ! et après un alerte défilé au milieu de toute la population de Coxyde, accourue pour lui dire adieu, est embarqué dans des camions autos à destination de Dunkerque et de sa banlieue. Du 20 avril au 10 mai, dans les Dunes de Dunkerque, le régiment s'exerce au combat offensif ; des écoles de Commandants de Compagnie, de Chefs de section, de grenadiers, de mitrailleurs, sont créées et les cours en sont suivis avec fruit par tous les officiers, sous-officiers et Zouaves. Le 10 mai, le régiment quitte Dunkerque par voie ferrée et débarque le 11 à Breteuil, dans l'Oise, à proximité du camp d'instruction de Crèvecœur-le-Grand. L'instruction des troupes et des cadres est reprise avec activité. Le 4e Zouaves prend part à plusieurs manœuvres de Brigade et de Division. En dépit de la bataille de Verdun qui fait rage et qui absorbe une partie de nos forces, le Haut Commandement Français prépare une grande offensive dans le Nord et la 38e Division doit y participer. Cependant les attaques allemandes qui redoublent de violence feront que ce ne sera pas vers les rives de la Somme mais vers celles de la Meuse que le régiment va être dirigé. Vers le 20 mai, il lance des attaques très violentes sur la rive gauche de la Meuse, sur les deux bastions de la défense française, le Mort-Homme et la Cote 304. Repoussé, il rameute de nouveau ses forces, il va recommencer ; l'heure du 4e Zouaves sonne, l'ordre attendu depuis si longtemps arrive. Le 26 le régiment est transporté en chemin de fer à Revigny ou il débarque le 27, cantonne à Rancourt le 28 et par Jubécourt gagne le bois de Saint-Pierre, en arrière de Montzéville. Le 30 le régiment quitte les bois pour relever sur la cote 304 le 173e de Ligne. Voici les Zouaves sur la colline sans nom, au milieu des morts, séparés par un cercle de feu du reste du monde. A la nuit tombante, ils ont quitté les bois qui les abritaient et où d'autres déjà les remplacent ; à leur tour, ils ont suivi la grande voie douloureuse qui conduit à la terrible colline. Dans la nuit noire, trouvant leur route à la lueur des coups de tonnerre, baissant la tête sous les rafales, courant devant les obus, trébuchant dans les trous, après avoir traversé Montzéville et Esnes que les 210 achèvent de détruire, ils sont arrivés en première ligne. Les tranchées et les boyaux ont disparu sous l'incessant marmitage, il faut se contenter des trous d'obus pour s'abriter. La terre a cet aspect lunaire, cet aspect de fourmilière croulante qu'on ne voit qu'à Verdun. Pas un arbre, pas un brin d'herbe pour montrer qu'autrefois il y a eu là des bois et des prairies. Rien ne repose la vue, partout la glèbe éventrée montre ses blessures, chaque trou n'est que la marque du dernier obus tombé là. Partout des fusils broyés, des brancards brisés, des sacs éventrés, des pelles, des pioches, des casques attestent avec quelle furie on s'est battu sur ce tertre. Les morts servent de points de repère. Dans les trous d'obus, sur les parapets, ils dégagent une odeur immonde que n'arrive pas à faire disparaître l'âcre odeur de la poudre. En avant, en arrière, à droite, à gauche, partout dans les vallées et les replis de terrain, les canons aboient, hurlent, tonnent implacables. A la tombée de la nuit, le spectacle devient effrayant. De tous les points de l'horizon, perçant la brume qui monte, les lueurs de la lourde et les éclairs des 75 deviennent plus nombreux, plus rapides. L'artillerie allemande répond, les obus qui se croisent forment une voûte d'acier au-dessus des têtes. Les fusées rouges, vertes, oranges s'envolent mauvaises, semblant crier ; Barrage ! Barrage ! Tue ! Tue et déchaînant une véritable folie. A leur appel, des batteries ignorées s'allument à leur tour, crachant la mort ; les torpilles paresseuses montent dans le ciel et retombent par volée, défonçant, écrasant tout. Des tonnes d'acier s'abattent sur 304, le sommet que creusent et fouillent les obus fume comme un volcan. De minute en minute, le marmitage devient plus intense, plus violent. Les vallées et les ravins s'emplissent de fracas et de fumée, le cercle de feu qui étreint la sinistre colline s'étend, se resserre, va l'engloutir, la broyer. Tout tremble, tout saute, tout croule. Est-on sur terre ou est-ce l'au-delà ? Et cependant des hommes sont debout dans cet enfer. Ils exposent, inébranlables, le mur vivant de leurs poitrines aux trombes d'acier allemandes. On leur a simplement demandé de tenir, ils tiennent ! Et comme si ce n'était pas assez de misères, la pluie s'ajoute encore aux souffrances des Zouaves. Partout elle ruisselle, collant les vêtements aux corps, rendant plus lourdes encore les lourdes capotes des soldats. Les parapets s'effondrent, il faut se battre avec la boue, dans laquelle on enfonce jusqu'à mi-jambe, et comme on ne peut s'étendre il faut se résigner à ne jamais dormir. Sous l'action de l'humidité, les pieds enflent, deviennent douloureux ; marcher est un supplice. Il faut creuser cependant, remonter les parapets qui s'éboulent, transporter les munitions, évacuer les blessés, et toutes les nuits aller jusqu'à Montzéville, escorté par les obus, chercher la soupe. Elle arrive le lendemain, quand elle arrive ! froide, souillée de terre, immangeable, mais quoi, l'on sait s'en contenter, et comme la boisson n'est pas suffisante on se contente aussi du liquide fangeux recueilli dans les trous d'obus où traînent des détritus innommables. Aussi la dysenterie, dès le troisième jour, fait son apparition, et ce seront des fantômes hâves, décharnés, les lèvres noires, les yeux brillants de fièvre qui descendront de 304. Du 31 mai au 5 juin, les 2e et 3e bataillons sont seuls en première ligne, le 3e occupe le sommet et la pente Est de la colline, face au Mort-Homme ; le 2e est plus à droite, dans le ravin de la Hayette. Dès le 1er au soir, se produit une alerte qui déclenche de part et d'autre un violent tir de barrage. Le 5, le 4e bataillon vient se placer en réserve dans les tranchées Miramas et Tarascon. Un gros accident, survenu le 3 dans le bois de Béthelainville, le prive de tous ses commandants de Compagnie. Ce jour-là, vers 10 heures, au cours d'une réunion, un obus de gros calibre tombe à proximité du groupe des officiers. Le Capitaine Moreau, le Lieutenant Robert, 3 Caporaux et un Zouave sont tués sur le coup. Les Capitaines Claerbout, les Lieutenants Dupuis, Delivet, Bourdillat, Bourdillon sont blessés ainsi que 16 gradés et Zouaves. En dépit de ces pertes, les compagnies commandées par des Sous-Lieutenants étaient loin d'être démoralisées, elles surent le prouver par la suite. Les journées du 5 au 9 se passent sans attaque d'infanterie et les communiqués sans doute n'enregistrent pour ces jours-là que la phrase laconique : « Sur la rive gauche de la Meuse, actions d'artillerie ». Mais ceux qui n'ont pas vu ! ceux qui n'ont jamais été de la mitraille ne peuvent s'imaginer ce qui, à Verdun, s'appelait actions réciproques d'artillerie. Tous les jours la liste des morts et des blessés s'allonge, les camarades disparaissent un à un et sans attaque, les Compagnies sont déjà réduites de moitié. Le 9, vers 10 heures, le bombardement allemand, qui n'arrête jamais, devient plus violent. A 11 heures, il atteint toute son intensité, c'est un véritable feu roulant que scandent les éclatements déchirants des torpilles et des 280. Le tir de l'artillerie allemande est surtout concentré sur le bois Camard, le sommet de la cote 304 et la tranchée du Bec. Le 3e bataillon subit des pertes sérieuses, il a de nombreux tués et le feu est tel qu'on ne peut songer à évacuer les blessés. Le Sous-Lieutenant Adant, de la 12e compagnie, qui a une conduite admirable depuis le début du bombardement et ne cesse de circuler dans la tranchée où se trouve sa section, réconfortant les uns, riant avec les autres, soutenant tout le monde par son courage et son moral extraordinaire, est tué par une torpille qui ensevelit le Sergent Nondedeu et trois Zouaves de sa section. Vers 15 heures, un obus de 280 arrache le bras gauche du Lieutenant Guerrieri, commandant la 11e Compagnie, et qui était connu de tout le régiment pour sa bravoure et son étonnante audace. Le Sous-Lieutenant Durand se porte à son secours, le ramasse dans la boue, panse l'horrible blessure. Guerrieri, les dents serrées, ne songe pas à son mal, il se sait perdu pourtant. Toute sa pensée est à sa Compagnie, à ses hommes qu'il aime tant ; tiendront-ils, tout-à-l ’heure, sans leur Chef, quand l'attaque allemande se produira ? Si la 11e reculait il crie à ses soldats sa dernière recommandation : « A Mes amis, faites toujours comme si j'étais parmi vous ! » Ce sont ses derniers mots, un nouvel obus lui ouvre le crâne et tue à ses côtés le Sous-Lieutenant Durand. Il n'a pas parlé en vain, sa prière est sur toutes les bouches et tout à l'heure, devant les calots gris, les Zouaves de la 11e montreront qu'ils l'ont comprise. Voilà six heures que dure ce bombardement infernal. Six heures qu'on compte par lambeaux de minutes, la gorge sèche, les yeux brûlés par la fièvre. Qu'ils sortent, qu'ils attaquent, que l'on se batte enfin, mais que finisse ce cauchemar ! 16 h. 30 ! Enfin ! le cri d'alerte des guetteurs jette tout le monde au parapet, les allemands arrivent, précédés de lance-flammes, ils ne sont plus qu'à 50 mètres de la ligne : Trop tard ! jamais ils ne l'atteindront ! Debout sur la tranchée pour mieux viser, hurlant la Marseillaise, les hommes de la 9e compagnie, leur Capitaine en tête, abattent les deux premiers « Flamen ». Les mitrailleuses se mettent de la partie, les Allemands tombent de tous côtés ou refluent vers leurs lignes ; ceux qui se sont couchés dans les trous d'obus resteront jusqu'au soir sous la menace des fusils. Ce beau succès était chèrement acheté ; les pertes du 3e bataillon étaient sévères. Les journées suivantes sont plus calmes, seul le bombardement du Ravin de la Hayette et du ravin en arrière de 304, connu sous le nom de Ravin de la Mort, continue, rendant très pénibles et très dangereuses les corvées de ravitaillement et les évacuations de blessés. Il ne se passe pas de jour sans qu'un nouveau cadavre ne s'ajoute à tous ceux qui bordent la piste suivie par les Zouaves. Dans la nuit du 9 au 10 juin, le 11e bataillon est relevé, le 3e quitte les tranchées la nuit suivante, remplacé par le 5e. Le 15, le 4e bataillon, bien que très fatigué par 10 jours de ligne, reçoit l'ordre d'attaquer la tranchée Vailly, pour aider la progression des troupes qui avancent sur les pentes Ouest du Mort-Homme. La 14e compagnie est désignée pour exécuter cette attaque, mais l'opération, préparée en hâte, décommandée, puis reprise, ne réussit pas. A peine sortis des tranchées, les Zouaves sont accueillis par un feu de mitrailleuses et ne peuvent progresser. Le 16 au matin, nouvelle tentative pour s'emparer de la tranchée Vailly ; les grenadiers réussissent, en se glissant de trous d'obus en trous d'obus, à parvenir jusqu'à 20 mètres de la tranchée allemande, mais ne peuvent traverser le barrage ennemi. Ils sont obligés de revenir à leurs positions de départ. Le 16, le régiment laissant le 5e bataillon en ligne, gagne par étapes le village de Fleury-sur-Aire en vue d'une refonte complète des bataillons. Le 11e bataillon est dissous et ses unités réparties entre les trois autres. Ainsi recomplétés, et après quelques jours de repos, les trois bataillons du régiment sont de nouveau mis en ligne sur la cote 304 et occupent sensiblement le même secteur que lors de leur premier séjour.  Mais les conditions sont changées, le bombardement est moins violent et par suite les pertes sont moins lourdes. Seule la pluie continue à tomber avec la même régularité et comme la première fois rend très pénible le séjour dans les tranchées transformées en véritables bourbiers. Le ravitaillement est toujours difficile et de nouveau, l'humidité aidant, de nombreux cas de dysenterie apparaissent, qui réduisent les effectifs. Du 26 juin au 1er juillet, les 3e et 4e bataillons occupent les positions de soutien en avant du village d'Esnes et dans le ravin de la Hayette. Le 1er juillet, vers 3 h. 30 du matin, les allemands déclenchent subitement un violent bombardement sur le sommet de 304 tenu par le 120e régiment d’infanterie. A 5 heures, le 3e bataillon est alerté et reçoit l'ordre de porter d'extrême urgence deux compagnies vers le réduit Odent et le boyau 304, afin de contre-attaquer et de reprendre les éléments de tranchée tombés aux mains des Allemands. Les 11e (compagnie Lassouquère) et 9e compagnies (compagnie d'Hubert) partent à 5 h. 30, descendent dans le Ravin de la Mort sans pertes, mais sur les pentes Sud de 304 la 9e est prise dans un violent tir de barrage. Les pertes sont nombreuses et la progression de cette Compagnie, déjà fort pénible par suite de l'état du terrain, est considérablement ralentie. Avec un esprit de décision remarquable, le Capitaine Lassouquère, commandant le 11e, lance son monde sur la tranchée occupée, sans attendre l'appui de la 9e. Les allemands, surpris par la rapidité de cette contre-attaque qui vaudra à la 11e une citation à l'Ordre de l'Armée, ne tiennent pas devant la fougue des Zouaves. Au bout de quelques minutes de combat ils lâchent pied et les hommes de la Compagnie réoccupent sans difficultés les tranchées un instant perdues. La 9e vient alors renforcer la ligne tenue par la 11e. Les pertes de la Compagnie Lassouquère sont faibles, celles de la Compagnie d'Hubert sont assez élevées. Le Capitaine et le Sous-Lieutenant Glatigny sont grièvement blessés. Le Sergent Pétrus, qui tant de fois avait fait rire ses camarades dans les représentations théâtrales du régiment, est tué. Le 12 juillet les derniers éléments du régiment quittaient la cote 304. Du 13 juillet au 4 août, le régiment se repose de ses fatigues dans les agréables villages des environs de Revigny ; les permissionnaires vont raconter au pays leurs exploits de Verdun. Les nouveaux renforts, aux récits de l'attaque du 9 juin, ou de la contre-attaque du 1er juillet, ont bientôt un moral à l'égal des anciens. Les jeux, les séances sportives et récréatives, les exercices, les concours de tir au fusil et à la mitrailleuse sont repris et maintiennent tout le monde dans ce bon moral. Le 4 août au soir, les Zouaves sont devant Souville. Le 4e et le 3e bataillons sont en ligne. Le 40 à gauche, relié vers Fleury au 8e Tirailleurs ; le 3e à droite sur les pentes Est du Ravin des Fontaines. Le 5e bataillon, en soutien, occupe les tranchées du fort et les tourelles. La relève, en dépit d'un violent marmitage, a lieu sans pertes et sans incidents. Le 5, à la pointe du jour, les Allemands déclenchent un très violent bombardement par obus de tous calibres sur tout le front du régiment. La première ligne, le Ravin des Fontaines, et sa carrière où se trouve le poste de commandement du Colonel sont particulièrement battus, tandis que Souville est soumis à un tir de démolition par obus de 305 et de 380. Les fils téléphoniques sont bientôt coupés, les Zouaves étant presque entourés par les Allemands ne peuvent envoyer de coureurs vers l'arrière. Ils ne devront compter que sur eux-mêmes pour tenir devant l'attaque allemande qui se prépare ; mais depuis longtemps les Zouaves savent comment se repoussent les attaques. A 7 h. 40, l'ennemi sort de ses tranchées, il avance sur quatre vagues. A gauche, profitant d'un vide au centre du 4e bataillon, les grenadiers bousculent nos petits postes, traversent notre première ligne et réussissent même à dé passer le poste de commandement du chef de bataillon. Les compagnies résistent sur tout le front. Les sections de soutien, la liaison du bataillon, les signaleurs et les pionniers, sous le commandement du Sergent-Major Domazon, contre-attaquent vigoureusement et repoussent les vagues d'assaut allemandes. Après 45 minutes de combat, l'ennemi est refoulé jusque dans ses tranchées. Le Capitaine Ageron, commandant la 14e compagnie, quoique blessé par trois éclats d'obus, continue à combattre et, à la tête de ses hommes, réoccupe bientôt tout le terrain qu'il a dû un instant abandonner sous la pression ennemie. Le Capitaine de Clermont-Tonnerre, nouvellement arrivé au régiment, tient tête à l'attaque avec la 13e. Le Sous-Lieutenant Pailler, commandant la 15e, est tué à la tête de sa section de soutien au moment où, debout sur la tranchée, il s'apprête à poursuivre l'assaillant. Partout, officiers et Zouaves rivalisent d'ardeur, de courage, d'abnégation pour que cette nouvelle attaque ait le sort de toutes celles qu'ils ont subies. A droite, le 3e bataillon repousse assez facilement l'assaillant sur la plus grande partie de son front. Dans le Ravin des Fontaines, la 19e compagnie et les deux sections de la M/5 qui, au cours de la nuit, se sont placées en crochet défensif vers la droite du 3e et qui ont eu des pertes excessivement lourdes par suite du bombardement subissent à leur tour l'attaque ennemie ; leurs hommes ne reculent pas cependant, au contraire, ils se lancent avec fureur sur le bataillon allemand qui, déjà, croyait tenir le fort. Une lutte sauvage, rapide, s'engage aussitôt. Dans ce terrain bouleversé, l'alignement et l'ordre des sections ne peuvent être maintenus, les Zouaves et les allemands, mélangés, confondus en une masse tourbillonnante se fusillent à bout portant. Les obus des deux artilleries tombent au milieu des deux troupes et y creusent encore, plus que les balles, des vides profonds. Les trois officiers de la 19e compagnie sont tués. Le Sous-Lieutenant Bonnefoy, commandant les deux sections de mitrailleuses sert lui-même une de ses pièces ; entouré d'Allemands, ses hommes tués ou blessés autour de lui, il va succomber à son tour ; pour s'en tirer, il doit ruser, contrefaire le mort et attendre au milieu des cadavres qu'une contre-attaque de notre part vienne le délivrer. Elle va bientôt se produire. La 17e compagnie, en réserve sur les pentes de Souville, reçoit l'ordre de se porter en hâte à la droite du 3e bataillon, de faire front et d'arrêter coûte que coûte les allemands qui, de trous d'obus en trous d'obus, progressent dans le fond du ravin. Avec une abnégation, un esprit de sacrifice, une discipline qu'on n'admirera jamais trop, les braves de la 17e descendent les pentes de Souville au milieu d'un barrage d'obus de tous calibres et d'une fusillade intense. Les mitrailleuses allemandes du Bois Fumin et celles en arrière de la Chapelle Sainte-Fine tirent avec furie. A chaque instant un homme tombe mortellement frappé ; on peut suivre la malheureuse compagnie à la longue trace de « kakis » qu'elle laisse derrière elle. Elle a fait deux cents mètres à peine que déjà elle n'existe plus, ses rares survivants se jettent dans des trous d'obus et attendent que la tourmente de feu et d'acier passe. Le soir, au nombre de 19, ils rejoindront leur bataillon. La situation est critique. Chaque minute qui passe l'aggrave encore ; les allemands ayant complètement tourné le 3e bataillon sont à deux cents mètres à peine du poste de commandement du Colonel ; encore quelques instants et rien ne les empêchera plus d'aller jusqu'à Souville. L'impossible se réalise. Promptement le Lieutenant Charles réunit les quelques pionniers qui lui restent, et avec des cyclistes, les téléphonistes, 17 hommes en tout, se porte au-devant des allemands qui croient ne plus avoir de Français devant eux. La petite troupe peut masquer son mouvement grâce à un pli de terrain. Arrivée à 30 mètres des allemands, les 17 Zouaves se relèvent, sautent sur les grenadiers ennemis surpris ; une quinzaine de ceux-ci se rendent aussitôt tandis que leurs camarades refluent précipitamment vers leurs lignes. La courageuse petite troupe profite de cette panique de l'ennemi pour avancer encore, délivrer le Sous-Lieutenant Bonnefoy et les quelques survivants de la 19e restés sur le terrain. Jusqu'au soir elle tiendra les allemands en respect et ceux-ci, la nuit venue, retourneront à leurs tranchées de départ, abandonnant à tout jamais l'idée de prendre Souville.

Vaux

Paulin est mort le 5 août 1916 à Vaux durant cette terrible attaque qui coûte la vie à 107 hommes, fait 411 blessés et 94 disparus. Sa sépulture reste inconnue mais son corps n'a peut-être jamais été retrouvé.

Il est cité à l’ordre du régiment n°66 : « Zouave courageux et animé d’un excellent esprit. Parti en campagne au début a été blessé. Revenu au front le 5 octobre 1915 s’est toujours bravement comporté, notamment dans la journée du 7 juin 1916 en secourant deux de ses camarades grièvement blessés dans leurs abris de 1ère ligne sous un violent bombardement ».

Citation pour la médaille militaire publiée au journal officiel du 27 février 1928 : « brave soldat. Mort glorieusement pour la France le 5 août 1916 à Vaux-Chapitre (Meuse). Croix de guerre avec étoile d'argent​ ».​

Medaille militaire

Lire la suite

SALMON Marcel

Salmon marcel 2Salmon marcel

Il est né sous le nom DEMAMPS le 20 février 1890 à Chassy (89), fils de DEMAMPS Denise Hélène et reconnu par SALMON Emile. Jamais marié. Avant la guerre, il travaillait comme charcutier.

Marcel arrive le 3 août 1914 au 82e régiment d’infanterie, où il fera toute la guerre contrairement à ce qui est marqué sur sa fiche décès. Il débarque entre le 5 et le 6 août sur les bords de la Meuse, à Lérouville. Le 21 août au matin, le régiment, qui cantonne à Gremilly, reçoit l'ordre de se mettre en marche par Longuyon sur la région de Tellancourt. Il passe la nuit du 21 au 22 août, en cantonnement d'alerte à Fresnois-la-Montagne, d'où il voit l'incendie embraser la forteresse de Longwy et principalement Longwy-Haut. Le 22 août, tout le corps d'armée dont fait partie le régiment, franchit la frontière et attaque l'ennemi mais subit de très lourdes pertes à cause de tranchées très organisées. Il faut donc se replier dans le Sud de l’Othain mais les allemands ne lâchent rien. Le 24, le régiment part en repos pendant quelques jours. Le 26, sur ordre, le régiment passe la Meuse à Vilosnes, dont le génie fait sauter les ponts aussitôt après le passage. Le régiment s'établit défensivement, entre Doulcon et Cunel. Du 29 août au 1er septembre se déroulent une série de combats défensifs très durs, très meurtriers et l'ennemi réussit à passer la Meuse. Une retraite stratégique est alors lancée, le régiment traverse l’Argonne et s’établit défensivement sur une ligne au Nord de Vaubecourt. Par la suite et durant plusieurs jours, le régiment creuse des tranchées et organise sa position, au Nord-Est de Rembercourt avant de subir des attaques et réaliser des contre-attaques. Le 12 septembre, les Allemands se retirent rapidement à cause de la victoire de la Marne, un gain de terrain de 60 kilomètres est réalisé et le régiment arrive à Boureuilles et durant plusieurs jours effectue des attaques sur plusieurs villages. Marcel est évacué et se trouve à l’hôpital de Vierzon le 14 et reviens que le 2 octobre. Du 31 au 7 novembre, le régiment cantonnement à Aubréville et reçoit la venue de renfort. La période que fera le régiment sur ce terrain à partir du 7 se fera avec une partie en première ligne devant Vauquois et une autre partie en réserve dans la forêt de Hesse sera très dur physiquement à cause de la température qui descend jusqu’à -15°c, mais également à cause de la précarité des tranchées. Il y aura plusieurs attaques jusqu’à la début janvier 1915 et il se frotte au lance-flamme allemand durant ce temps.

Le 15 janvier, le régiment, après un repos de cinq jours dans la région de Brocourt – Parois – Jubécourt, repasse en forêt d'Argonne et tient les lignes de l'Argonne orientale. Le 17 janvier, les Allemands lancent une attaque précédée d'une préparation d'artillerie importante. A cause d’un manque d’effectif, ils s’emparent d’une portion du terrain mais l’avance est vite limitée par des contre-attaques immédiates et énergiques des compagnies réservées du régiment. Par la suite, le régiment reste vigilant tout en mettant en œuvre un travail d’organisation défensive et la construction d’abris. Le 16 février, les allemands recommencent une attaque avec de plus gros calibres d’artilleries, l’infanterie se jettent en direction des tranchées françaises mais la réponse les stoppe nets, l’ennemi sort part des sapes (tunnel à hauteur d’homme qui relie les deux tranchées) et arrive à s’emparer des premières lignes et séparer les unités. Les contre-attaques françaises permettent de reprendre les lignes perdues. Jusqu’à la fin février le régiment alterne avec des périodes de repos et cette position de la cote 263. Du 28 février au 2 mars, une série d'attaques de démonstration sont demandées à un bataillon ; ces petites actions accompagnent l'attaque et la prise de Vauquois par la 10e division. Georges est nommé caporal le 25 mars 1915. Les 3, 4, 5 avril, la division tente une attaque locale à cheval sur la Haute-Chevauchée et la cote 263, n'ayant pour but que d'élargir les positions dans cette région. Un bataillon attaque avec d’autres régiments des postions ennemis mais éprouve de fortes pertes à cause des mitrailleuses et ne fait qu’une petite avance. Les autres bataillons tiennent les positions des Meurissons et de Bolante. Georges est nommé sergent le 23 avril 1915. Dans les premiers jours de juillet 1915, le régiment est mis au demi-repos dans les camps aux abords de La Croix-de-Pierre. Il prépare une attaque en réalisant des missions de reconnaissances et des exercices mais les allemands prévoient l’attaque et déclenche le 13 une attaque importante. Elle commence au matin par l’artillerie qui utilise des asphyxiants sur tout notre front d'Argonne, de Boureuilles à Binarville. Le régiment se déploie sur les positions attaquées et contre-attaque à coup de baïonnette et de grenade ce qui permet de reprendre les positions perdues. Le 14 juillet au matin, ordre est donné d’attaquer le secteur de la Haute-Chevauchée mais les forces étant disproportionnées à cause d’une artillerie et de mitrailleuses allemandes en trop grand nombre font avorter le projet. Le 20 juillet en fin de journée, l'ennemi veut compléter ses gains et concentre ses efforts, après une préparation d'une intensité inouïe ; il s'en empare. Les défenseurs sont pour la plupart tous tués ou enterrés et la cote 263 fumant ne présente plus, aux yeux des spectateurs qu'un terrain bouleversé et méconnaissable. Le 22, le régiment travaille pour combler la tranchée et la renforcer en avant de la ligne. Il lui échoit, à la fin d'août, comme secteur dans la division et qu'elle conservera longtemps, celui de la Fille-Morte, à l'Ouest de la Haute-Chevauchée. Chaque bataillon travaille activement à la consolidation de la première position quand il est en ligne ; à l'établissement d'une deuxième position (Courtes-Chausses) comprenant des lignes de tranchées bien agencées, des blockhaus bétonnés de mitrailleuses et même quelques pièces de 65 de montagne qui ne doivent se révéler, par un tir à vue et de plein fouet, qu'en cas d'attaque sur la Fille-Morte. Le régiment tiendra le terrain Fille-Morte – Courtes-Chausses par ses propres moyens, sans autre relève que celle intérieure entre les bataillons, jusqu'aux premiers jours d'avril 1916. La lutte des engins de tranchées s'intensifie. L'emploi par l'ennemi de minenwerfer de gros calibre, jusqu'à celui de 340, devient au bout de peu de temps quotidien ; la contrepartie est donnée au moyen de 75, 155 et de bombes de 58. Le 27 septembre, deux jours après la grande offensive de Champagne, la division va essuyer le contrecoup d'une diversion que l'ennemi tentera sur notre front. Vers 9 heures du matin, les Allemands, après avoir fait sauter 14 mines importantes bouleversant complètement les premières lignes, depuis la cote 285 incluse jusqu'à l'Ouest de la Fille-Morte, commencent un bombardement excessivement nourri : torpilles en ligne, 105 et 210 sur les lignes de soutien, les ravins et les arrières, en plus quelques gaz vers les batteries. Vers 11 heures, après avoir occupé les premières lignes, dont tous les défenseurs sont tués ou blessés, l'ennemi descend vers la ligne de soutien par les boyaux nombreux de la position. Une compagnie, par se feux bien ajustés et ses grenades empêche les Allemands de pénétrer plus avant. Surpris de cette résistance, l'ennemi hésite un moment, puis se replie dans les premières lignes en abandonnant des cadavres sur le sol. Une autre compagnie garnit à gauche de la tranchée de soutien, où elle arrête également l'ennemi par une contre-attaque. Un bataillon, disponible, a été alerté téléphoniquement par le colonel aux baraquements où il est de repos, et il se hâte au secours du bataillon qui est au front. Dans le courant de l'après-midi, après avoir été copieusement arrosé d'obus en route, il atteint la tranchée de soutien avec deux compagnies à droite et deux compagnies à gauche. A droite, elles contre-attaquent avec succès à la tombée de la nuit les anciennes premières lignes du centre et de droite, les reprennent et s'y installent. A gauche, les deux compagnies débouchent magnifiquement sur la croupe observatoire dénommée « 09 », mais éprouvent des pertes extrêmement lourdes et ne peuvent reprendre 09 malgré une deuxième tentative.

Fille morte2

Marcel est mort le 27 septembre 1915 à l’hôpital de Châlons-sur-Marne. Le journal de marches et d’opérations ne permet pas de savoir quand il a été évacué à l’hôpital. Il repose au cimetière de La-Celle-Saint-Cyr.

En février 1916, un secours de 150 francs est accordé à son père. A titre de comparaison, un obus de 120, en mai 1917 coûte 120 francs et équivaut à 30 861 € d’aujourd’hui.

Salmon marcel 4

Salmon marcel 1 

La tombe va être reprise par la mairie afin de faire un carré militaire

Lire la suite

×